13 avril 2015

Temps de lecture : 2 min

Même le savon peut sauver le monde…

Le saviez-vous ? Un simple savon peut empêcher des milliers de morts dans les pays où il n’est pas un objet quotidien de consommation irréfléchie. L’ONG nord-américaine Clean The World ajoute une nouvelle lettre au noble alphabet du recyclage.

Le saviez-vous ? Un simple savon peut empêcher des milliers de morts dans les pays où il n’est pas un objet quotidien de consommation irréfléchie. L’ONG nord-américaine Clean The World ajoute une nouvelle lettre au noble alphabet du recyclage.

Siabatou Sanneh est une quadragénaire gambienne. Elle n’avait jamais quitté son pays avant de se rendre en France, pour participer au marathon de Paris, le week-end dernier. Dossard numéroté accroché à sa tenue traditionnelle, sandale aux pieds et bidon d’eau sur la tête, elle a porté son message sur des panonceaux : « En Afrique, les femmes parcourent chaque jour cette distance pour de l’eau potable, aidez-nous à réduire la distance ». Le coup de com’ a fonctionné, mais le retour sur initiative sera inexistant. Parce que les consommateurs occidentaux, même si leurs comportements changent, demeurent pour beaucoup des gâtés et « ethnocentrés. Prenant pour acquis l’utilisation quotidienne des ressources naturelles et ne réfléchissant jamais vraiment sur l’impact environnemental et social de nos habitudes, mais aussi sur les conséquences de l’après-consommation.

Les savons des chambres d’hôtel, par exemple -qu’indifférents au gâchis, nous ne terminons jamais et laissons trainer dans la salle de bain- peuvent-ils être recyclés ? Sont-ils capables d’avoir une deuxième vie qui puisse améliorer l’hygiène et réduire les maladies bactériennes dans les villages gambiens de Siabatou Sanneh ? Depuis sept ans Shawn Seipler en fait sa mission.

Même les Etats-Unis sont concernés

Comme toutes les bonnes idées entrepreneuriales, celle du CEO de l’ONG nord-américaine Clean The World lui a été inspirée par son quotidien. Dans une autre vie, Shawn Seipler était un de ces salariés caricaturaux des nouvelles technologies. Un soir dans sa chambre d’hôtel de Minneapolis, une interrogation le prend de cours : que fait l’établissement de tous les savons utilisés ? Il appelle la réception, demande à parler à un manager et lui pose la question. « Nous les jetons monsieur »! Une réponse qui donnera naissance à Clean The World.

Tous les jours dans les pays développés, des millions de barres de savon sont jetés par l’industrie hôtelière et atterrissent dans des décharges alors que des milliers d’être humains meurent de maladies bactériennes dans les pays en voie de développement. Un meilleur accès à un produit d’hygiène simple comme le savon pourrait éviter cela. « Beaucoup de gens dans nos nations privilégiées ne se rendent pas compte qu’une façon d’empêcher des milliers de décès est juste de se laver les mains », explique Sam Stephens, directeur de l’ONG Global Soap à l’Associated Press. La semaine passée, elle annonçait son partenariat avec Clean The World pour accroître la production et la distribution des savons recyclés. L’objectif est aussi d’éduquer sur place sur les questions d’hygiène, dans des pays où le savon est une médecine préventive précieuse mais trop rare.

Les deux ONG collectent et reconditionnent aujourd’hui les savons et bouteilles de shampoing déjà utilisés par plus de 4000 hôtels et a aussi délivré quelque 25 millions de nouvelles barres dans 99 pays, dont les Etats-Unis. Les abris pour SDF ne sont pas épargnés par les transmissions de germes, alias les agents infectieux. La prochaine fois que vous vous laverez avec le savon de votre chambre d’hôtel et qu’il n’est pas terminé, n’hésitez pas à passer un coup de fil à la réception.

Découvrez le programme Clean The World

Siabatou Sanneh

Adler Benjamin

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