16 novembre 2021

Temps de lecture : 2 min

Valérie Decamp « Nous faisons avec la RATP et la SNCF le pari d’une croissance responsable »

Après une consultation-marathon de plusieurs années, Mediatransports se voit reconduit par ses deux clients historiques. Ce sont 80% du chiffre d’affaires de l’entreprise qui sont ainsi sécurisés pour les 5 ans (RATP) et les 10 ans (SNCF) qui viennent. Valérie Decamp, Directrice Générale de la filiale de Publicis, nous explique ici les atouts de ce gigantesque plan.

médiatransport
IN : comment se sent on après une double victoire d’une telle ampleur, et à l’issue de plusieurs années de préparation?
Valerie Decamp: on a tout donné! Ce furent 3 années d’une énergie énorme, le mélange d’une immense fierté et d’un grand soulagement. Je suis heureuse pour nos 400 salariés qui n’ont rien lâché pendant ces 3 ans. Pour notre actionnaire, Publicis, qui nous a incroyablement soutenus, mais aussi pour tout notre écosystème, nos fournisseurs et partenaires. Ce sont des dizaines d’entreprises et près de 500 emplois qui sont concernés.
Le résultat est évidemment un objet de fierté aussi car c’est la reconnaissance de l’expérience unique et du savoir-faire innovant des équipes, de leur expertise, mais aussi de la pertinence de notre positionnement en tant que pure player leader et spécialiste des univers de transports.
IN: qu’est ce qui a fait la différence justement, selon vous. 
V.D. : le volet financier est majeur puisqu’il représente souvent la moitié de la note. Nous avons été ambitieux en matière d’investissement en mobilier et en projection de chiffre d’affaires publicitaire.
Nous avons offert à nos concessionnaires un potentiel de croissance majeur.
Notre dossier était, me semble-t-il,  le plus solide, le plus sérieux, le plus exemplaire, mais il a été possible d’y répondre grâce à notre actionnaire Publicis, capable d’engager de tels moyens, d’autant plus que la concurrence est très forte dans notre secteur.
IN: Les investissements en mobilier et en technologie sont la seule réponse?
V.D. : c’est la clé de voûte car c’est la seule réponse aux challenges actuels que sont la « dé-densification », c’est à dire moins de panneaux, la réduction de nos émissions de CO2, et la croissance nécessaire du chiffre d’affaires.
Seul le digital permet, associé à une suppression des supports papier, de diminuer l’empreinte carbone et la consommation d’énergie. Notre ambition dans ce domaine est de réduire de 17% l’empreinte carbone globale du parc publicitaire de la RATP en 5 ans, et de réduire de 45% celle de la SNCF en 10 ans. C’est énorme et cela ne prend pas encore en compte les progrès que les fabricants continueront de faire pendant la période. Nous surveillons de près et accompagnons toutes les innovations en matière d’éco-conception du hardware.
IN: est ce également la seule combinaison possible pour réduire le nombre de faces et augmenter le CA publicitaire?
V.D. : La SNCF, par exemple, souhaite passer de 15000 à 3000 panneaux, réinventer les lieux que sont les gares, rendre la publicité plus acceptable et donc plus efficace, et enfin augmenter ses recettes publicitaires en cohérence avec l’objectif de doubler le trafic d’ici 10 ans: seules les meilleures technologies en hardware et en software peuvent répondre à cette équation.
L’innovation est d’ailleurs encore plus significative dans le software. Il faut qu’à terme les 3000 futurs panneaux génèrent beaucoup plus de CA que les 15000 actuels. Nous avons donc développé avec nos propres ingénieurs un modèle de commercialisation très sophistiqué qui qui permet de vendre à la demi-heure et à l’écran. Nous allons aussi pousser l’achat programmatique en étant agnostique en matière de plateformes et de technos, et créer notre propre plateforme sur l’ultra local.
IN: il serait donc possible, ici, de conjuguer forte croissance économique et enjeux RSE?
VD: nous faisons effectivement avec la RATP comme avec la SNCF, le pari d’une croissance responsable, et nous tiendrons ou améliorerons encore notre trajectoire de diminution de l’empreinte carbone du parc publicitaire.
Mais notre responsabilité commune ne s’arrête pas là, elle concerne aussi une nouvelle approche du voyageur qui devient aussi un client.
Nous avons effectué, avec Retency, un énorme travail sur la connaissance en temps réel des flux et sur le parcours client.
C’est par la technologie et la data que nous nous adaptons aux nouvelles stratégies des opérateurs de transports, et que nous avons gagné leur confiance.

Sébastien Danet

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