20 octobre 2010

Temps de lecture : 1 min

Le mauvais bon goût

Il vient vers elle, l’air réjoui et lui annonce qu’il vient de refaire la salle de bain. «Ah non, pas ça!», lui lance-t-elle en se précipitant, stressée, au fond de l’appartement. Cri d’effroi. On craint le pire. Ouf ! Il n’y a aucune faute de goût... Venant de la part de son mari, dont l’attrait pour les couleurs bariolées et mal assorties n’est plus à prouver comme l’atteste sa manière de s’habiller, la partie n’était pas gagnée d’avance. Mais, ce qu’elle n’imaginait pas, c’était qu’il puisse se rendre chez Castorama avant de commencer ses travaux. Quoi de plus «castoche» pourtant que la déco chez Casto ? Par Patrice Duchemin...

Rigolo et sans doute pas en lice pour le prochain festival de Cannes de la pub, ce spot n’en est pas moins un exact révélateur des travers de notre époque. Vaut-il mieux préférer le goût établi par les magazines au sien ? Telle est la question qui nous est ici posée. Choisir le sien, c’est prendre le risque de diviser et de s’entendre dire qu’il est «mauvais», ce qui n’est jamais très agréable. Mais la plus grande faute de goût n’est-elle pas de croire que le mauvais goût existe? A l’inverse, opter pour le «bon goût» décidé par les magazines et rendu accessible par les magasins, c’est finir par se retrouver dans le même décor que tout le monde et avoir la sensation de n’être jamais vraiment chez soi. Le raisonnement s’applique aussi aux vêtements.

A trop nous suggérer des « idées »n nous expliquer  » comment » nous devrions faire et ce qui est « bien » pour nous, les media en général, la pub et les « coachs » en particulier, ne finissent-ils pas par nous éloigner de nos propres références et polluer ns propres systèmes de valeurs? Plus que jamais, résister c’est exister!

Patrice Duchemin  / Planning & Tendances
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La rédaction

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