4 novembre 2014

Temps de lecture : 2 min

Mariage pour tous, vraiment ?

Chaque minute dans le monde, 27 jeunes filles sont forcées d'épouser un homme plus âgé. Pour sensibiliser la Belgique à cette violation d’un droit de l’Homme élémentaire, Duval Guillaume a traité le problème sur les écrans du royaume.

Chaque minute dans le monde, 27 jeunes filles sont forcées d’épouser un homme plus âgé. Pour sensibiliser la Belgique à cette violation d’un droit de l’Homme élémentaire, Duval Guillaume a traité le problème sur les écrans du royaume.

« Bonjour, je m’appelle Thea et j’ai 12 ans. Je vais me marier dans un mois ! ». Voilà la phrase qui, il y a trois semaines, a provoqué l’indignation de la Norvège. Lisible en ouverture du site dédié à ses préparatifs de mariage, l’enthousiasme de la (très) jeune fille pour son union avec un homme de 37 ans a choqué le royaume scandinave. L’ONG norvégienne Plan venait de réussir son coup avec brio : pour sensibiliser l’opinion publique sur le sort des quelques 10 millions de jeunes filles mariées de force chaque année dans le monde, c’est elle qui a monté de toute pièce la fausse histoire des noces de Thea. En Belgique, Duval Guillaume a également choisi de provoquer, en piratant les écrans de télévision et de cinéma du pays (voir ci-dessous).

Pour la première Journée internationale de la fille, le 11 octobre 2012, Plan Belgique et son agence avaient décidé de mettre de force des collégiennes aux fourneaux. Deux ans plus tard, la cause ne change pas mais la méthode oui. Après l’école, Duval Guilllaume a cette fois traité le sort de ces millions de jeunes filles brimées en imposant leur dure réalité dans les foyers belges via les salles obscures et YouTube.

Le concept de la campagne s’inscrit dans la lignée des opérations surprises montées par Duval Guillaume pour le droit des femmes ou la sécurité des opérations bancaires online. Avant le début du film attendu par le (télé)spectateur, un message surprenant débarque sur l’écran. « Ce film convient aux enfants à partir de 12 ans », annonce d’emblée le spot. Il met ensuite en scène une première jeune fille qui face caméra regrette qu’elle soit trop jeune pour regarder ce film, mais pas assez pour se marier. Chacune des trois protagonistes du spot explique alors son histoire, avec une touchante sincérité.

L’école, premier rempart contre l’union forcée

« Chaque seconde dans le monde, deux filles sont forcées au mariage. Nous avons choisi trois d’entre-elles pour sensibiliser le public sur un problème global. En tant que mère de famille, je me sens dans l’obligation d’aider ces jeunes filles pour stopper les mariages forcés. Un enfant doit rester un enfant et non pas devenir femme et mère », explique Katrien Bottez, directrice créative chez Duval Guillaume. L’objectif de la campagne était évidemment de susciter des adhésions chez Plan Belgique, pour qui chaque soutien est une avancée de plus dans le respect du droit des jeunes filles à disposer de leur amour et de leur corps.

Pour l’ONG belge, le lien entre éducation et mariage explique le principe de la campagne. Les chiffres sont éloquents : le nombre d’unions contraintes tombe de 2 sur 10 à 1 sur 3 quand les jeunes filles vont à l’école au lieu de rester à la maison. Avec l’argent récolté par les souscriptions, Plan Belgique entend donc donner plus de possibilités scolaires aux enfants d’Afrique de l’ouest et sub-saharienne, mais aussi d’Asie du sud-est. Allez, à vos chéquiers !

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

Campagne de l’ONG norvégienne Plan

La rédaction

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