2 octobre 2013

Temps de lecture : 2 min

Make/Works : la communauté créative écossaise s’organise

Comment combler l’écart qui se creuse toujours et encore entre les acteurs des industries créatives et les ressources mises à disposition des (futurs) créateurs? C’est une question que l’on se pose très sérieusement….en Ecosse. Et à laquelle le collectif Make/Works veut répondre de façon inédite, et très organisée.

Make/Works est une organisation qui facilite la réalisation et la production de travaux créatifs en Ecosse. Ce rôle de facilitateur s’exerce essentiellement sous la forme du Make/Works Directory, une base de données recensant fabricants, fournisseurs de matériaux, producteurs et locaux, accessible en ligne pour répondre aux besoins des industries créatives.

Le réseau créatif en action

L’idée de créer Make/Works est née d’un constat assez simple, établi par son fondateur Fi Scott, à l’époque où il travaillait en tant que designer de meubles en liège pour Daniel Michalik Furniture Design, à Brooklyn. En effet, l’expérience new-yorkaise lui a fait prendre conscience à quel point la fabrication et le matériel jouaient un rôle tout aussi important, excitant et impliquant dans l’acte de création, que le processus créatif en lui-même.

Ainsi, de retour en Ecosse, Scott tente de combiner cette idée de l’importance de la fabrication avec son expérience dans le design et les services : « j’ai validé mes constats en interviewant des artistes, des designers, des artisans et des consultants. Là, j’ai pris conscience qu’il y avait bien un décalage, entre ceux qui font exister les industries créatives et l’accès aux ressources concrètes dont les personnes ont besoin pour réaliser et mener à bien leur projet. Plus j’avançais plus je constatais le besoin de connecter ces deux mondes via un service dédié ». En dernière année, au Glascow School of Art , Scott poursuit son idée, muni d’un business plan pour sa participation à la finale des « Deutsche Bank Awards in Creative Practice».

Recherche et médiation des talents

Diplôme en poche, Scott consacre une grande partie de son temps à visiter des usines, des studios, des ateliers et à concevoir le service de Make/Works. Et s’assure notamment qu’il peut compter sur des fabricants autant prêts à travailler avec les industries créatives, qu’à s’engager dans la co-conception du service avec les utilisateurs pour lesquels le service est conçu.

Son souci majeur : réduire la difficulté éprouvée et le temps passé par les créateurs à la recherche des moyens de fabrication de leurs créations ; mais aussi une préoccupation franchement citoyenne d’avoir recours principalement à la production locale, afin de servir globalement l’économie écossaise.

Très concrètement, si vous êtes un designer devant réaliser un prototype en fonte à Glasgow, le Make/Works directory va vous permettre à la fois de trouver des lieux de fabrication et des fabricants qui pourront vous être utiles et souhaiteront travailler avec vous, de trouver les matériaux et de vous renseigner sur les processus et méthodes de fabrication.

Make/Works… en tournée !

Afin de structurer cette recherche de talents, les équipes de Make/Works ont décidé de faire une tournée des talents : en visitant 180 usines écossaises, ateliers, fonderies et studios en 90 jours, à bord d’une camionnette Volkswagen de 1979, et avec l’ambition de trouver et de recueillir les témoignages -pour la plupart filmés- des meilleurs talents, outils, matériaux et machines que l’Ecosse contemporaine peut offrir.

L’objectif étant d’une part, d’améliorer la confiance des industries créatives dans la qualité de l’artisanat et des matériaux qui peuvent être fabriqués en Ecosse, et de rassembler les données d’information nécessaires à faire émerger les industries locales en ligne. Et d’autre part, de créer un véritable centre de ressources en ligne pour rapprocher la conception et le design des processus et matériaux de fabrication.

L’initiative de Make/Works révèle bel et bien l’ouverture d’un dialogue nécessaire et passionnant autour de la notion de valeur et des défis qu’une marque telle que le “Made in Scotland” peut rencontrer aujourd’hui.

Un dialogue fécond qui met les industries créatives au coeur de la société et qui interroge sur ce qu’évoque la notion très concrète de fabrication locale évoque en termes d’évolutions culturelles, économiques et environnementales.

Florence Marin
Rubrique réalisée en partenariat avec La Société Anonyme
 

La rédaction

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