13 avril 2021

Temps de lecture : 3 min

Le « Made in France », certes, mais encore?

Une enquête de la plateforme de communication Sacrés Français ! sous l’égide de l’agence Big Success confirme notre intérêt pour le « Fait en France ». Mais cet engagement manque encore de clarté et de visibilité pour séduire davantage de consommateurs.

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Nous sommes de plus en plus nombreux à regarder l’origine des produits que nous achetons lorsque nous faisons nos courses. Soucieux de leur santé, attentifs à une meilleure prise en compte des préoccupations sociétales, nos compatriotes se tournent vers de nouvelles façons de consommer, où le local prend de plus en plus de place (c’était le thème de la revue INfluencia N°32 consacrée aux territoires). 88% des Français se demandent ainsi si la marque agroalimentaire qui les l’intéresse est bien Made in France avant de la mettre dans leur panier. 59% des personnes se posent cette même question sur l’univers des textiles et 56% pour les articles de la maison, si l’on en croit les résultats d’une enquête menée par la plateforme de communication Sacrés Français ! qui cherche à promouvoir les marques authentiquement hexagonales.

La confusion est réelle

Les raisons qui nous poussent à acheter des références fabriquées en France sont nombreuses mais elles dépendent aussi de notre âge. 55% des sondés privilégient ces produits pour des motifs liés à la santé et 38% sont motivés par leur excellent rapport qualité prix. 38% des consommateurs cherchent, quant à eux, à soutenir le savoir-faire local. Les plus jeunes ont des intentions nettement plus écologiques. Car si à peine un quart des Français achètent des marques nationales pour des raisons environnementales, 48% de ces chalands ont entre 18 et 24 ans. « Cette étude confirme à quel point la notion écologique devient un réel argument de vente auprès des millennials », analyse Olivier Robert, le fondateur de Sacrés Français ! et vice-président de l’agence Big Success.

Une griffe peut mettre un logo bleu-blanc-rouge sur des doudounes cousues en Chine

Les besoins sont donc là, les attentes sont fortes et les exigences élevées. Mais si le faire est essentiel, le faire savoir est aussi primordial… L’origine réelle des articles proposés est une question qui continue de semer le trouble auprès du grand public. Pour 78% des consommateurs, une entreprise doit être française ET fabriquée en France pour se prévaloir du « Made in France » ou du « Fait en France ». Mais 58% des acheteurs jugent qu’une marque étrangère peut attribuer ce label à ses références tant qu’ils sont produits dans l’hexagone. Allez comprendre… « Il existe une réelle confusion aujourd’hui, déplore Olivier Robert. En Suisse, un produit peut apposer le drapeau national sur ses articles uniquement s’ils sont fabriqués dans la confédération. Dans notre pays, une griffe peut mettre un logo bleu-blanc-rouge sur des doudounes cousues en Chine. Il est vraiment nécéssaire de donner plus de clarté à la notion de « Made in France ». »

Les freins restent nombreux

Les entreprises doivent également tenter de lever les freins qui continuent de ralentir le développement des produits fabriqués dans notre pays. Trois Français sur quatre estiment ainsi que les prix de ces articles sont encore trop élevés. 38% des sondés jugent, par ailleurs, que l’offre n’est pas suffisamment large pour répondre à leurs besoins et plus d’un quart des personnes interrogées reconnaissent mal connaître les références proposées par les marques tricolores. Ce manque de visibilité prouve à quel point ces sociétés ont du mal à mettre en avant leurs spécificités. Seuls 17% des consommateurs considèrent que les griffes communiquent assez sur leurs engagements liés au « Made in France ». Identifier les bons messages sans tomber dans l’écueil du « French Washing » doit donc être la première étape d’une communication efficace. Coller un autocollant tricolore sur ses emballages n’est toutefois pas une garantie de succès. Heureusement, pourrait-on dire…

Un plus, pas un must…

« Le « Fait en France » n’est pas un gage commercial mais un argument de réassurance, prévient le fondateur de Sacrés Français !. Pour vendre, une société doit proposer un bon produit, au bon prix et à la bonne cible. Mais si deux articles comparables sont proposés, beaucoup d’acheteurs choisiront celui qui est fabriqué dans notre pays. » De plus en plus d’enseignes cherchent ainsi à surfer sur cette vague bleu-blanc-rouge.

Lancée en plein confinement, Mamie Paulette est une place de marché solidaire, éco-responsable et entièrement dédiée au Made in France. Pour aider ses 140 partenaires vendeurs à faire leur transition écologique, la start-up mutualise les colis afin de réduire l’impact carbone des livraisons qui est calculé grâce à un partenariat avec ClimatePartner. La boutique nantaise « cocoricool », baptisée, elle aussi, Sacrés Français, propose, pour sa part, des articles qui sont produits au moins à 50% dans l’hexagone. La Fédération Française de l’Apéritif possède, elle, trois magasins à Paris et à Lille. Fondée en 2006 par trois copains sur Facebook, la FFA compte, à terme, gérer une vingtaine de « supérettes apéritives » qui proposent 400 références produites par vingt-quatre PME hexagonales. Le potentiel de ce marché est énorme. « Le Made in France pourrait représenter 150.000 emplois contre 40.000 actuellement, estime Baudouin Vidor, le co-fondateur de Mamie Paulette. C’est pour cela que nous voulons donner un coup de pouce à tous ces hommes et ces femmes de talent qui se bougent pour changer les choses. » Sacrés Français…

Therin Frédéric

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