17 juillet 2014

Temps de lecture : 3 min

Los Angeles dans 36 ans…

Avec l’initiative LA2050, la fondation Goldhirsh à Los Angeles prouve que le crowdsourcing peut et doit être une arme incontournable pour construire la ville de demain.

Si la ville de demain doit être collaborative, comment ne pas solliciter le citoyen pour la repenser et la bâtir ? Mais c’est bien sûr, comme dirait l’inspecteur Bourrel : la smart city sera crowdsourcée ou ne sera pas ! « Les citoyens doivent être impliqués dans la création des villes du futur. Beaucoup des solutions que nous recherchons existent déjà souvent, mais nous avons besoin de plus de ressources, qu’elles soient financières, humaines ou sociales. Mais au-delà de cela, la première étape pour créer un impact est de posséder une vision partagée de ce qu’est le succès. Et il est impossible d’avoir cette conversation sans la communauté », résume Shauna Nep, de la Fondation Goldhirsh.

Une certaine vision du futur

En 2013, cette association à but non lucratif de Los Angeles, qui promeut l’innovation et l’entreprenariat social, a lancé l’initiative LA2050. Son but ? « Créer une vision commune du futur de Los Angeles en suivant et en accompagnant les progrès qui tendent vers cet objectif, explique la fondation sur son site Internet. LA2050 a constaté la santé de la métropole à travers huit indicateurs clefs, pour en tirer des projections sur où en sera la ville en 2050, si elle continue d’opérer sur le même mode, et si les gens continuent de vivre de la même manière ».

Désireuse de fixer une feuille de route à tous les acteurs du futur Los Angeles, la Fondation Goldhirsh lance alors la réalisation de son rapport fondateur. En y fixant des « buts finaux », l’association « pose alors la première étape collective vers la vision partagée de ce qu’est le succès pour (notre) ville », précise Shauna Nep, « C’est lors d’un dîner chez l’ancien maire de la ville il y a deux ans que nous en avons eu l’idée. L’audit pour nous est alors très simple : il y a à L.A des gens formidables qui font des choses extraordinaires, mais qui n’ont aucun plan d’action global. Nous avons les acteurs, mais pas le plan de jeu », poursuit la social innovation manager de la fondation. Et voilà donc comment les Angelenos se retrouvent au centre de la rédaction du nouveau cahier des charges de leur future métropole.

Trouver des réponses innovantes

« Nous avons été surpris par l’intérêt des citoyens pour la participation au projet. Cela prouve qu’il y a une vraie envie pour ce genre de travail collectif », se réjouit Shauna Nep. Dans la foulée des « LA2050 Goals », la fondation décide de mettre concrètement à contribution les Angelenos avec le lancement du concours participatif « My LA2050 Grants Challenge ». Son but est de trouver les moyens les plus innovants et créatifs pour résoudre les plus gros problèmes auxquels est confrontée la Cité des Anges dans les huit domaines considérés comme des indicateurs référents par le rapport de LA2050. Pour y parvenir, les solutions des habitants sont sollicitées, avec à la clef le financement de 10 projets lauréats à hauteur de quelques 85 000 dollars chacun.

« Un panel d’experts a passé en revue les dix projets qui au préalable avaient été récompensés par un vote populaire, un par indicateur. Nous avons récompensé chaque lauréat plus deux wild-cards choisies parmi les 279 propositions reçues indépendamment des votes. Chaque projet récompensé a reçu 100 000 dollars et chacun est aujourd’hui en cours de finalisation », développe Shauna Nep. Convaincue du bienfondé de ce crowdsourcing émulateur, la puissante et influente Fondation Annenberg a confirmé après l’annonce des vainqueurs de LA2050 qu’elle financerait elle aussi dix projets supplémentaires d’autres participants aux concours.

S’approprier sa ville

Ajoutée au rapport LA2050, la vision citoyenne réclamée par la Fondation Goldhirsh a également servi à dessiner une série d’objectifs pilotes à atteindre pour l’année 2050. Nom de code ? La Smart City idéale. Les résultats ambitionnés sont au nombre de cinq : faire de L.A la meilleure ville pour apprendre, créer, jouer, se connecter et la plus saine pour l’hygiène de vie. « Le crowdsourcing peut aider les fondations, les législateurs et les actionnaires des grandes entreprises à connaître l’opinion des citoyens, à trouver des solutions efficaces et à leur donner les outils dont ils ont besoin pour mettre en place des projets qui fonctionnent, commente Shauna Nep. « Solliciter les gens, c’est aussi leur permettre de s’approprier leur ville de demain. Car nous ne pourrons pas faire cela seuls, nous avons besoin d’eux ». Comme le consommateur, le citoyen est demandeur d’implication dans le processus de production de son bien de consommation favori. Et quel autre produit plus quotidien que la cité dans laquelle il se réveille tous les matins…

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

Illustrations : Amélie Carpentier

Article paru dans la revue digitale n°10 : La Ville, Bienvenue à bord

 

La rédaction

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