31 janvier 2024

Temps de lecture : 3 min

Le QR Code n’est pas utilisé à sa juste valeur

La pandémie a démocratisé son utilisation mais si les marques l’affichent de plus en plus sur leurs packagings et dans leurs magasins, les consommateurs sont encore réticents à flasher des codes QR sur leurs smartphones. INfluencia vous explique pourquoi...

Le QR Code va-t-il connaître un renouveau et trouver une seconde jeunesse ? Certains indices semblent l’indiquer. Créé en 1994 par Masahiro Hara, un ingénieur de l’entreprise japonaise Denso Wave, pour suivre l’itinéraire des pièces détachées dans les usines de Toyota, le Quick Response Code est capable de concentrer jusqu’à 4296 caractères alphanumériques, soit 200 fois plus que les codes-barres. Lisible par n’importe quel smartphone ou tablette équipés d’une application de lecture, il peut notamment contenir des adresses web, des numéros de téléphone, des mots de passe Wi-Fi ou permettre de regarder une vidéo en ligne ou un contenu multimédia. À la différence des codes-barres qui sont massivement utilisés dans la grande distribution mais qui sont illisibles dès la première éraflure, les codes QR restent fonctionnels même lorsqu’ils sont abimés à hauteur de 30%. Si les entreprises l’ont vite adopté, les particuliers, en tête dans le monde occidental, ont été beaucoup plus réticents à s’en servir. La pandémie a toutefois changé -un peu- cette donne.

Nos attestations de vaccination contre le Covid étaient toutes stockées sur un Code QR. Pour éviter toute manipulation de papiers, possibles vecteurs de maladie, de nombreux restaurants ont abandonné pendant la pandémie leurs cartes pour privilégier les menus en ligne consultables grâce à un code QR. Cet outil est aujourd’hui entré dans notre quotidien.

60% des Français affirment avoir flashé un code lors des douze derniers mois, selon une récente enquête effectuée par l’institut QualiQuanti pour M6 Publicité. Cette technologie permet aux annonceurs d’offrir des avantages, de proposer des tutos, d’enrichir l’expérience grâce à un contenu exclusif ou inédit, d’apporter des preuves sur leurs engagements, de placer le consommateur au centre de l’histoire et de renvoyer vers des contenus immersifs tout en permettant aux particuliers de donner leur avis.

Aujourd’hui, 80% des flasheurs apprécient que les marques leur proposent des codes QR dans leurs communications et ils sont encore plus nombreux (85%) à juger que cette technologie les aide à mieux s’informer sur un produit, une offre ou un service. Rares pourtant sont ceux qui scannent ces codes avec leurs smartphones.

Ce désamour s’explique…

« Il n’existe pas de statistiques précises à ce sujet mais tous les acteurs avec qui j’ai discuté dont Le Figaro et JCDecaux me disent que le pourcentage de codes flashés est infinitésimal, reconnait Daniel Bô, le CEO de QualiQuanti. Plusieurs raisons expliquent ce constat. Les promesses des marques doivent, tout d’abord, être à la hauteur de ce qu’elles offrent. »

Souvent les pages auxquelles on peut accéder après avoir scanné un code QR sont peu esthétiques et mal adaptées aux smartphones. Certaines sont parfois mêmes obsolètes ou n’existent plus. Les contenus trop publicitaires, les pages trompeuses éloignées de la promesse de départ et les informations redondantes peuvent décevoir voire même décourager de flasher de nouveaux codes. « Sortir son téléphone de sa poche pour scanner un code représente un effort pour le consommateur qui a besoin d’être motivé pour faire ce geste, juge Daniel Bô. Certains codes sont aussi exploités par des hackeurs et ce problème peut générer une certaine méfiance chez les particuliers. » On peut les comprendre…

Ces freins ne doivent toutefois pas faire oublier l’incroyable potentiel du code QR lorsque ce dernier est bien utilisé. Les marques peuvent notamment l’adopter pour proposer des expériences phygitales inédites. En scannant un code sur un dessert proposé par Pompi, l’amateur de tiramisu peut découvrir l’histoire de cette société italienne et acheter en ligne d’autres produits. Sur les boîtes de Kellogg’s, Tony le Tigre nous encourage à jouer au basket en ligne. Primevère invite, quant à lui, les personnes prudentes à réaliser un test sur la santé de leur cœur. Un simple flash permet également de consulter le catalogue de Carrefour sur mobile. « Pour être utilisés, ces codes doivent être proposés à des moments propices comme devant la poissonnerie des hypermarchés où les clients patientent, recommande Daniel Bô. Un code peut aussi enrichir l’expérience d’un client. À la Fondation Cartier, un flash devant chaque œuvre permettait de regarder une vidéo de l’artiste Fabrice Hyber qui commentait son travail. »

Le QR Code peut, par ailleurs, être utilisé pour payer sans contact. Les restaurants Big Mamma l’ont testé avec succès. Cette solution leur a permis d’enregistrer une hausse de 15% des rotations des tables ainsi que des augmentations de 10% du panier moyen et de 40% des pourboires. Qui dit mieux ?

Si le potentiel des Quick Response Codes est bien là, son taux d’adoption reste encore trop limité. « Les marques doivent donner envie aux consommateurs de les utiliser et les agences doivent faire preuve de créativité pour développer leurs usages, analyse le CEO de QualiQuanti. Le code QR n’est toujours pas utilisé à sa juste valeur. » À bon entendeur…

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