20 octobre 2020

Temps de lecture : 3 min

Koï Magazine prouve que la presse « à l’ancienne » a encore un avenir

Fondé en 2017, Koï Magazine, ce bimestriel qui s’adresse aux amateurs des cultures asiatiques confirme les « envies d’ailleurs » des lecteurs français.

Fondé en 2017, Koï Magazine, ce bimestriel qui s’adresse aux amateurs des cultures asiatiques confirme les « envies d’ailleurs » des lecteurs français.

Les restrictions liées à la crise sanitaire ne nous empêchent pas de rêver. Les clichés donnent l’eau à la bouche. Des plats alléchants, des restaurants au design épuré, des décors pleins de « zénitude »… Vous avez envie de croquer des dim sum à Mexico ? Vous salivez à l’idée de déguster un bo bun à Londres ? Vous ne résistez pas à l’idée de manger à Hong-Kong un mooncake au… durian (il en faut pour tous les goûts…). @koi.corner est fait pour vous. Le magazine Koï a décidé de célébrer son troisième anniversaire sur Instagram en mettant en ligne ce nouveau compte. « Nous souhaitons que nos lecteurs se partagent leurs meilleures adresses, explique Julie Hamaïde, la fondatrice de cette publication qui s’adresse aux amateurs des cultures asiatiques. Ce compte est un prolongement de notre bimestriel car nous voulons montrer que nous sommes bien plus qu’un support papier qui sort tous les deux mois.

Un bimestriel uniquement en vente en kiosque

Cette start-up créée en 2017 prouve que la presse « à l’ancienne » peut encore avoir un bel avenir. Koï suit un modèle que beaucoup jugent aujourd’hui dépassé pour ne pas dire franchement ringard. Ce magazine est en effet disponible uniquement en kiosque, dans les Relay et les marchands de journaux. Son site ne propose aucune version digitale à lire sur son ordinateur ou son smartphone. Beaucoup de spécialistes répètent également qu’un rythme de parution tous les deux mois est voué à l’échec car les lecteurs n’ont aucune idée de la sortie du prochain numéro. Ces « handicaps » n’empêchent pourtant pas Koï d’être publié à plus de 20.000 exemplaires. Une jolie performance pour un titre qui compte deux salariés et une douzaine de pigistes et de collaborateurs réguliers.

Un public très large

La directrice de la publication explique son succès en raison de la niche qu’elle occupe et qui avait été longtemps délaissée par les éditeurs de presse. « Nous sommes le premier média à parler aux amateurs de cultures asiatiques or cette communauté est très importante, résume Julie Hamaïde. Il y aurait ainsi entre un et trois millions de personnes en France qui auraient des origines asiatiques. Si vous ajoutez à cela les touristes qui vont en Thaïlande ou en Indonésie, les fans de K-POP, les pratiquants d’arts martiaux et les amateurs de nourriture vietnamienne ou chinoise, vous obtenez un public très large. Nous savons ainsi que 55% de nos lecteurs qui sont plutôt citadins et âgés entre 25 et 45 ans sont nés en Asie ou ont un parent originaire de ce continent mais les 45% restant ne sont pas d’origine asiatique. » Leurs principaux centres d’intérêt sont la nourriture, les spectacles ainsi que les expositions liées à cette région. Car en dépit d’un sujet « voyage » qui nous fait découvrir sur huit pages une destination peu connue de cette zone, Koï est avant tout un magazine qui parle de l’Asie en France. Où bien manger cambodgien ou malaisien à Paris ou à Lyon, qui sont les meilleurs youtubeurs, hommes d’affaires, sportifs ou chefs d’origine asiatique ? Les rubriques de cette publication ressemblent à celle de n’importe quel titre « mainstream » : Portrait, Reportage, Récit, Interview, Décryptage, Rencontre, Portfolio, Agenda, Livres…

Bien à la campagne

Les envies d’ailleurs sont à la mode en ce moment. Le groupe Reworld Media a ainsi lancé, le 26 juin, un bimestriel intitulé « Bien à la campagne » qui s’adresse aux néo-ruraux déjà installés et à ceux qui rêvent de quitter les grandes villes pour se mettre au vert. Près de 200 000 ménages citadins auraient décidé cette année de s’installer à la campagne pour profiter d’une vie plus « lente ». D’autres imaginent quitter leur deux-pièces sombre, bruyant et pollué pour trouver un pied à terre près d’une rizière à Bali ou sur le bord d’une plage thaïlandaise. La deuxième vague de Covid-19, la multiplication des interdictions en tout genre et la limitation de nos déplacements à l’étranger nous obligent à repousser à des lendemains probablement assez éloignés nos déménagements. Internet nous permet toutefois de rêver de manger un bon petit plat asiatique dans un autre pays. On se console comme on peut…

 

Therin Frédéric

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