11 février 2014

Temps de lecture : 3 min

La Jeune Rue: le  » Grand Pari  » de la Ville Lumière

Quand un simple citoyen rachète la rue du Vertbois, sur fond de bonne bouffe, de beau, d’accessible, de plaisir, d’engagement, d’emplois et d’éthique... Chronique de ce nouveau temple du savoir-vivre inauguré dès ce printemps.

La Jeune Rue , bientôt un cas d’école ? Sûrement, tant son envergure et sa conception sont uniques et pourraient avoir un effet boule de neige! De plus, elle confère à Paris,  encore une fois, son aura de « ville lumière ». Pourtant, pas question d’illuminations… mais d’un projet de rénovation urbaine entièrement dévolu au quotidien et au grand public. Il ne s’agit pas non plus d’une initiative de ses administrateurs municipaux mais de celle d’un entrepreneur privé, Cédric Naudon avec  Behind The Scene, société éditrice de lieux à vivre et à manger. Ce passionné de design et de gastronomie -à l’origine du restaurant « Le Sergent recruteur » sur l’île Saint Louis- est en effet persuadé que : « le beau est accessible, le bon est naturel et le goût est unique ». Bref que la ville doit vivre en offrant ses atouts à tous.

Une rue à l’extérieur préservé et aux intérieurs modernisés par des designers de renom

Un credo qui l’a conduit, avec son compère, le chef Antonin Bonnet, vers son nouveau challenge: sortir de la léthargie la rue du Vertbois et ses collatérales -les rues Volta et Notre Dame de Nazareth- dont il a racheté près d’une trentaine de pas de portes. Comment ? En transformant ce coin du Marais en un passage dynamique dédié à la bonne bouffe tout en respectant son ambiance et son architecture extérieure désuète, grâce à un cahier des charges où rien n’est laissé de côté (du financement à une future fondation pour une agriculture de qualité).

En effet, tout ce pari épicuro-esthético-éthico-économique repose sur l’intérieur et le contenu. Sans toucher aux façades, Behind the Scene va y installer des commerces de proximité aux agencements très modernes conçus par de grands designers. Parmi lesquels les fameux Paolo Navone, Vincent Darré, Tom Dixon, Japser Morrison, Ingo Maurer, Jaime Hayon, Les frères Campana, Atelier Mendini, Mar Ange, Andrea Branzi, Paola Navone, Michele de Lucchi…

Le droit pour tous au bon et beau… éthique et naturel

De plus, des produits de bouche aux propriétés nutritive et qualitative seront vendus sans intermédiaires par des producteurs soucieux de la nature, et engagés par une charte commune de valeurs éthiques. Il y aura une boucherie de viandes de races anciennes, une fromagerie spécialisée au  lait cru, une boulangerie-pâtisserie (qui plante, récolte, et moud son blé), une poissonnerie de petits pêcheurs, une épicerie, un marché couvert pour les fruits et légumes cultivés en permaculture. Mais aussi un bar à huîtres (saisonnier), un club japonais, un bar à tapas, un glacier, un street food coréen, un bistrot, des restaurants, un speakeasy… Valorisant ainsi les filières de l’artisanat et surtout stimulant la rencontre, le partage et l’engagement avec les clients/citadins, autour de sujets comme le local, l’environnement et le développement durable ou encore quel commerce pour quelle consommation.

Une mise en route qui va s’étaler de mars à septembre

Les ouvertures vont s’échelonner entre mars et septembre et les sourceurs de Behind The Scene sillonnent encore la France pour sélectionner les meilleurs fournisseurs. Cependant, déjà quelques participants sont référencés comme La Ferme du Bec Hellouin de Perrine et Charles Hervé-Gruyer ou Les Maîtres de mon Moulin de Roland Feuillas. Leurs produits seront réceptionnés à Bercy sur une plate-forme privée et équipée d’ateliers de découpe et de préparation sur 1000 m2, avant de rejoindre les étalages.

Ce projet part bien à la conquête du marché parisien. Mais il a le mérite de répondre aux nouvelles pratiques de la ville et d’agir économiquement, car il devrait créer 250 emplois. Enfin si l’expérience de la rue du Vertbois, première case d’un Monopoly à taille humaine, n’est pas sans rappeler celle de la rue du Nil qui accueille Les Terroirs d’Avenir, elle offrira un plus. Car on y trouvera aussi une galerie d’art, une quincaillerie, un cinéma …complétant ainsi agréablement les nourritures terrestres. Un minimum vital pour stimuler un quartier et qui devrait fidéliser, créer du trafic et même des vocations où les centre villes sont inexistants ou désertés… d’autant qu’il est annoncé que les prix ne seront pas plus élevés qu’ailleurs !

Un beau pari et un projet dont le maître mot est bien le Contact, thème de la revue INfluencia N°8 qui vient de sortir…

Florence Berthier

Découvrez l’intégralité du projet ci dessous

La Jeune rue publié par INfluencia

La rédaction

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