21 mai 2015

Temps de lecture : 3 min

Jeu vidéo : les gamers sont-ils des losers ?

Les détracteurs n'ont plus qu'à se rendre à l'évidence : jouer en ligne ne peut pas être mauvais. Démonstration faite avec humour et esprit par Changyou, l’éditeur de jeux vidéo, qui défend mordicus les gamers dans 3 spots diffusés au cinéma. Des petits bijoux de férocité. Et de mauvaise foi ?

Les détracteurs n’ont plus qu’à se rendre à l’évidence : jouer en ligne ne peut pas être mauvais. Démonstration faite avec humour et esprit par Changyou, l’éditeur de jeux vidéo, qui défend mordicus les gamers dans 3 spots diffusés au cinéma. Des petits bijoux de férocité. Et de mauvaise foi ?

Les 3 films réalisés pour Changyou Game Developer, éditeur de jeux vidéo, par Del Campo Saatchi &Saatchi et Saatchi & Saatchi Greater China sont jubilatoires. Pas seulement parce qu’ils sont emprunts d’un humour qui lève encore un peu plus le voile sur les Chinois. Mais aussi parce que sans avoir l’air de rien, derrière un propos pseudo analyse-psy, ils portent un regard criant de réalisme et de fatalisme sur la condition humaine. Tout en jouant avec le feu en prenant partie sans fausse honte pour une pratique qui peut engendrer des comportements déviants. Enfin, parce qu’ils prennent avec brio le contrepied de tout un tas d’idées reçues très négatives et maintes fois rebattues à propos du jeu vidéo souvent taxé d’être une source de comportement antisocial, de déconnexion de la réalité ou de pertes de repères et de valeurs.

Un tour de passe-passe très corrosif à la limite de la mauvaise foi mais mené rondement et avec brio. Et où tout le propos est de placer les 3 nouveaux produits (TLBB 3D, Dusch et Warframe) tout en démontrant que si le gamer est accro, ce n’est vraiment pas sa faute ni de la marque. Mais bien celle de l’entourage sclérosant (un boss autoritaire et irrespectueux, une mère castratrice et intrusive, une enfant chronophage et débilitante) qui le pousse à se retrancher dans le jeu pour pouvoir exprimer librement ses sentiments, vivre des aventures libératoires ou insouciantes et s’épanouir, enfin ! Ça ne se raconte pas, ça se regarde et vous verrez à quel point la mécanique marche formidablement bien, retournant comme une crêpe n’importe quel spectateur. Car, même l’opposant le plus récalcitrant à ce genre de divertissements ne peut pas résister à des argumentaires démontrés avec tant d’esprit et ne peut que se rendre à l’évidence : « Jouer en ligne ne peut pas être mauvais ». Férocement efficace même si très partiale. Mais c’est de la pub, non ?

Etre gamer n’est peut-être plus aussi néfaste que ce qu’on croit

Cette campagne, en mettant en scène des enfants mais aussi des adultes a bel et bien une vertu toute sociologique. Car elle bat en brèche plusieurs clichés. Comme celui selon lequel le gamer typique est un ado prépubère (ou non) acnéique, à la bouche appareillée et hyper geek. En effet, aujourd’hui la moyenne d’âge en France est de 38 ans et la gente féminine représente la moitié des effectifs (71,2% des Français de 6 à 65 ans jouent aux jeux vidéo, selon une étude du CNC 2014). Grâce à une stratégie marketing pertinente : non seulement les jeux vidéo se sont développés en même temps que leurs aficionados d’il y a 30 ans et qu’ils fidélisent; d’autre part, les éditeurs ont su introduire des figures ou des thématiques qui plaisent aux femmes en évitant le féminisme ou les fleurs bleus pour garder le concept du vrai bon vieux jeu.

Autre idée reçue balayée, s’il y a encore des gamers viscéralement dépendants à leur manette grâce à des jeux de plus en plus réalistes et interactifs, donc captivants et envahissants, c’est comme dans n’importe quelle autre activité qui rend addict et qui pousse à se couper du monde. Car bien souvent, le gamer d’aujourd’hui a trouvé un job, fondé une famille, sait faire la part des choses et évite de passer à côté de la vraie vie, même si ce n’est pas toujours de bon gré. C’est sûr les comportements déviants et criticables guettent à tout instant et les acteurs du marché y concourent. Mais là encore l’information et l’éducation ont un rôle à jouer face à l’excès.

Berthier Florence

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