24 novembre 2020

Temps de lecture : 4 min

Jean-Pierre Letartre, Pdt du Comité Grand Lille : « j’ai identifié entre autres la nécessité du « CO » (coopération, co-construction, co-design, co-working…) »

Au printemps 2020, Jean-Pierre Letartre, Président du Comité Grand Lille lançait « Les Cafés de l’Après », des interviews quotidiennes avec des acteurs publics, privés, des universitaires, des penseurs et des acteurs issus de tous les secteurs et suivies plus de 50 000 fois en live ou en podcast, dans 25 pays. 40 conversations inspirantes qui sont publiées dans un ouvrage qui vient de sortir. Pour comprendre la transformation de la société.

Au printemps 2020, Jean-Pierre Letartre, Président du Comité Grand Lille lançait « Les Cafés de l’Après », des interviews quotidiennes avec des acteurs publics, privés, des universitaires, des penseurs et des acteurs issus de tous les secteurs et suivies plus de 50 000 fois en live ou en podcast, dans 25 pays. 40 conversations inspirantes qui sont publiées dans un ouvrage qui vient de sortir. Pour comprendre la transformation de la société.

INfluencia : comment ces Cafés de l’Après sont-ils nés ?

Jean-Pierre Letartre : l’idée d’organiser une série d’entretiens avec des témoins inspirants est d’abord née d’une déclaration d’Erik Orsenna ; « ma plus grande frayeur c’est que tout redevienne comme avant » et d’une conversation que j’ai ensuite eue avec lui. J’ai eu envie d’un rendez-vous quotidien pendant le confinement autour de conversations intimistes avec des personnalités. Il m’a dit « vas-y, c’est le moment ou jamais car eux aussi sont chez eux ! ». Je tenais au « live » pour sa dimension spontanée car j’avais envie que ces échanges collent au plus près du moment que nous étions en train de vivre collectivement. Plusieurs pistes techniques ont été explorées et très vite, ensemble, avec Sébastien Duprez, coordinateur du Comité Grand Lille, nous avons opté pour ce format digital et live qui permettait de retrouver les conversations en podcasts grâce à notre partenaire Ausha. Nous avons vécu entre nous une aventure absolument passionnante, avec les équipes com’ et informatique d’Entreprises & Cités, celles du Réseau Alliances, et quelques fidèles du comité Grand Lille comme l’agence Mot Compte Double. L’air de rien, tenir une émission quotidienne, à distance, pendant le confinement… il fallait oser.

IN. : Mercedes Erra, Pascal Picq, Geoffroy Roux de Bézieux, Nicolas Bouzou, Xavier Bertrand, Cynthia Fleury, Erik Orsenna, Gilles Babinet, Françoise Nyssen… Comment avez-vous choisi ces personnalités ? Et avez-vous perçu un point commun chez elles ?

J.P-L. : j’ai choisi des personnes dont je connaissais la vision et la diversité, qui étaient ouvertes à l’écoute et avaient une vraie volonté d’échanger et de partager, avec des hommes, des femmes, des acteurs publics, privés des universitaires des penseurs et des acteurs issus de tous les secteurs, toutes les professions, économistes, philosophes, scientifiques, chefs d’entreprise, décideurs politiques, personnalités du monde de culture, journalistes…et dans toutes les régions, pas seulement dans le Nord. Et j’ai été marqué par deux choses : leur envie de se rendre utiles et leur simplicité. En acceptant de participer bénévolement à nos conversations, ils nous ont donné un peu d’eux-mêmes, de leur savoir. Ils sont en situation d’écoute et en capacité d’appréhender la complexité du monde. Ce sont des personnalités qui malgré le contexte avaient envie de croire à demain et de « redonner », qui ont l’humilité du doute. Ils sont tout sauf arrogants ou sûrs d’eux.

IN. : on a beaucoup parlé du « monde d’après » après le (premier) confinement, mais parler de l’après dans une situation d’urgence absolue, était-ce bien adapté au moment ?

J-P. L. : Oui, c’est une remarque que nous avons pu entendre. Mais à bien y réfléchir, nous nous sommes dits que toutes les entreprises n’auraient pas forcément la capacité de créer une cellule stratégique à côté de la cellule de crise. Alors nous avons juste cherché à mutualiser cette fonction pour tous ceux qui, sur le territoire, souhaitaient gérer la crise et préparer l’après en même temps.

IN. : Que retenez vous de ces entretiens  Et comment voyez-vous ce fameux monde d’après ?

J-P. L. :  je retiens d’abord que les crises sont de formidables opportunités pour accélérer les transformations que l’on n’osait pas faire avant. A la sortie du confinement, j’ai identifié 7 tendances : un marketing sanitaire plus proche et plus vert, la popularisation du digital, l’affirmation du rôle utile de l’entreprise, une nouvelle échelle des valeurs, entrepreneuriat au cœur des modes managériaux, l’émotion et la fragilité, la nécessité du « CO » (coopération, co-construction, co-design, co-working…) et un risque que l’on pourrait retenir : celui du confinement. SIx mois plus tard, deux d’entre elles sont particulièrement à risque : l’échelle des valeurs et la nécessité du « Co » Au fond, avec le confinement nous avons tous participé à un acte collectif. Aujourd’hui il faut mettre les valeurs au bon endroit en regardant plus long terme, car comme le dit Erik Orsenna, « la vie c’est le long terme ». Ma deuxième réflexion est qu’il n’y a pas de miracle. On sait ce qu’il y a à faire : tenir compte des nouvelles attentes des individus, de l’environnement, de la diversité, de l’intégration du digital… le problème n’est pas de dire mais de faire ce qu’on dit. Et c’est à chacun d’apporter sa pierre.

INf : allez-vous poursuivre l’expérience des Cafés de l’Après ?

J-P. L.: bien sûr, elle continue, mais à un rythme moins soutenu, deux fois par mois. Nous avons reçu d’autres personnalités, notamment Raymond Soubie, président d’Alixio, Augustin de Romanet, président du groupe Aéroports de Paris, Patrick Scaufilaire président-recteur de l’ Université catholique de Lille, et Muriel Pénicaud, ancienne ministre du travail, aujourd’hui ambassadrice, représentante permanente de la France à l’OCDE.

IN. : la somme récoltée par la vente du livre ira complètement au projet Y Croire. Pouvez- vous nous en dire plus ?

J-P. L. : Y Croire est une projet humain lancé par Pierre Gattaz en 2018,  inspiré par la réussite des Déterminés dans les banlieues, pour mettre l’expérience et le réseau des entrepreneurs au service des porteurs d’idées des zones rurales et notamment les jeunes. Le but est de revitaliser les territoires ruraux et périurbains aujourd’hui en crise et ainsi lutter contre la fracture territoriale de l’emploi en France grâce au passage en mode « projet ».

Musnik Isabelle

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