7 octobre 2021

Temps de lecture : 3 min

“Je n’entends plus parler de fondation « vitrine » pour se donner bonne conscience”, Laure Kermen Lecuir (ADP)

Le Mécènes Forum organisé par Admical les 11 et 12 octobre prochains questionne l’avenir des Fondations d’entreprises. Pour nous éclairer, nous avons interrogé Laure Kermen Lecuir, déléguée générale de la Fondation Groupe ADP qui fait de l’éducation son axe d’intervention prioritaire.

Groupe ADP
The Good x Mécènes forum : L’activité du Groupe ADP a été très affectée par la crise sanitaire. En a-t-il été de même pour la fondation ? Quelles sont les grandes actions menées par la fondation ?

Laure Kermen Lecuir : Les équipes éducatives, les associations partenaires et les collaborateurs du Groupe ADP ont redoublé d’efforts, d’ingéniosité et de créativité pour limiter l’impact de la pandémie sur les parcours scolaires et sur l’accès aux apprentissages fondamentaux.

En 2020, la Fondation du Groupe ADP a continué d’apporter son soutien humain, matériel et financier à plus de 37 projets locaux et 12 à l’international, sur les territoires où le Groupe ADP est présent.

De plus, la Fondation et les collaborateurs de Groupe ADP se sont mobilisés auprès des structures qui luttent contre la propagation de l’épidémie 260 tablettes digitales ont été récoltées pour les hôpitaux AP-HP afin de rompre l’isolement des personnes malades, plus de 600 ordinateurs ont été donnés aux collectivités locales et associations pour que les élèves puissent suivre leur cours malgré le confinement et 3 collaborateurs du Groupe ADP ont mis leurs compétences professionnelles au profit de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Paris dans le cadre du dispositif COVISAN.

Donc pour répondre très clairement à votre question : non l’activité de la fondation n’a pas été affectée, je dirais même qu’au contraire, elle a redoublé !

TG/MF : Dans ce contexte compliqué, comment a évolué la relation avec vos partenaires ? Allez-vous pérenniser certaines pratiques à l’avenir ?

L.K.L : Dans ce contexte particulier, nous avons dû adapter les relations que nous entretenons avec nos partenaires. A l’ère du digital, les nouveaux outils de communication nous ont permis de garder le contact et de mener à bien nos différents projets.

Cette année, il nous tenait à cœur d’associer les collaborateurs du Groupe ADP à la Fondation, malgré le contexte. Pour la première fois, ils ont pu participer à la sélection des dossiers soutenus par la Fondation. Participer à cette sélection des projets a permis aux collaborateurs de mieux comprendre les missions de la Fondation, et de se sentir investis dans la cause.

Par ailleurs, nous avons également mis en place une plateforme numérique 100% digitale qui répertorie l’ensemble des missions de mécénat auxquelles les collaborateurs peuvent s’inscrire. Cette nouvelle plateforme contribue à favoriser l’engagement des collaborateurs et permet de garder un lien malgré le travail à distance.

A l’avenir, nous souhaitons favoriser des rencontres et des échanges directs entre les membres du Conseil d’Administration et les membres du Comité de Sélection de la Fondation afin d’entretenir un dialogue constructif sur la place du mécénat dans la stratégie RSE du groupe.

TG/MF : Cette année, Admical met à l’honneur, pendant le Mécènes Forum, le décloisonnement : décloisonnement des causes, hybridation des modèles économiques, diminution des frontières entre la RSE et le mécénat, approche systémique des problèmes de société… En quoi ce sujet fait-il écho à votre positionnement ? Comment la fondation s’intègre-t-elle dans la stratégie RSE du Groupe ADP ?

L.K.L : La Fondation est un outil parmi d’autres leviers au sein de notre stratégie RSE d’entreprise. Dernièrement, nous avons repensé l’organisation de nos équipes en interne avec la création du département de l’Engagement Sociétal et de la performance RSE Groupe. La Fondation a été intégrée à ce nouveau Département marquant ainsi la place pleine et entière du mécénat dans la stratégie RSE globale de l’entreprise, elle-même parfaitement intégrée dans la stratégie économique du Groupe.

TG/MF : Comment voyez-vous évoluer le rôle des fondations dans les prochaines années ?

L.K.L : Il me semble que les fondations aujourd’hui ont trouvé leur place au sein des entreprises. Leurs rôles et leur utilité sociétale ne sont plus remis en cause. Je n’entends plus parler de fondation « vitrine » pour se donner bonne conscience. Elles jouent un rôle majeur dans la structuration de la RSE d’entreprise au même titre que l’environnement ou le social.

Les stratégies des fondations d’entreprises sont de plus en plus pensées et s’adaptent, plan pluriannuel après plan pluriannuel, aux évolutions des préoccupations et enjeux de la société civile. La dimension d’accompagnement territorial des actions menées sur les lieux d’implantations de leur entreprise est aujourd’hui acquise. Elles sont des actrices à part entière de l’intérêt général dans leurs périmètres d’actions et ces rapprochements de fondations que nous voyons émerger depuis plusieurs années autour d’un sujet commun (éducation, insertion, etc…) est un marqueur déterminant me semble-t-il de la place des fondations d’entreprises dans notre société.

The Good est partenaire de la 6è édition du Mécènes Forum, qui se tiendra les 11 et 12 octobre prochain.

Emilie Thiry

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