13 novembre 2016

Temps de lecture : 2 min

Des intelligences aux sentiments artificiels

Pour la première fois, alors que les débats autour d’une éventuelle perte de contrôle des IA fait rage, deux intelligences artificielles sont parvenues à communiquer entre elles via un langage totalement indécryptable qu’elles ont elles-mêmes créé. Et si l’on ajoutait aux trois règles de la robotique édictées par Isaac Asimov, une quatrième qui « humaniserait » ces IA en leur conférant une conscience, voire des sentiments, afin de pallier les peurs et les fantasmes qu’elles génèrent ?

Pour la première fois, alors que les débats autour d’une éventuelle perte de contrôle des IA fait rage, deux intelligences artificielles sont parvenues à communiquer entre elles via un langage totalement indécryptable qu’elles ont elles-mêmes créé. Et si l’on ajoutait aux trois règles de la robotique édictées par Isaac Asimov, une quatrième qui « humaniserait » ces IA en leur conférant une conscience, voire des sentiments, afin de pallier les peurs et aux fantasmes qu’elles génèrent ?

Trigger 1 : Real Human

Parmi toutes les séries sorties ces dernières années, il en est une qui parvient tout particulièrement à se démarquer : il s’agit de Real Human, la série de science-fiction suédoise dans laquelle les humains cohabitent avec les « hubots », des robots ordinateurs anthropomorphes.

Incapables de sentiments, intransigeants et mathématiques, ces hubots engendrent fort logiquement chez les humains qu’ils fréquentent et qui les ont conçus, de nombreuses réactions et incompréhensions, dues pour la plupart aux sentiments générés par l’Uncanny Valley, développée dans les années 70 par le roboticien japonais Masahiro Mori, et bien connue de quiconque se penche quelque peu sur les enjeux de l’intelligence artificielle.

Trigger 2 : Le bot Mr Miles & Air France

Mr Miles est, selon Air France, le plus grand voyageur du monde… C’est surtout un Bot présent sur Messenger qui met au défi chaque membre du programme Flying Blue sur sa culture géographique afin de lui faire gagner des miles supplémentaires. Mais contrairement aux bots purement utilitaires auxquels les marques nous avaient habitué, Mr Miles est un être maladroit, très bavard, et un peu vantard. Ce simple effet de communication dans l’algorithme lui confère, outre l’aspect ludique, une aspérité suffisante pour qu’on s’y attache, qu’on continue l’expérience, qu’on essaie de le piéger ou au contraire de l’aider.

Trigger 3 : Cozmo, le plus mignon des robots

On en parle déjà comme du gadget ultime de ce Noël… Sorte de R2D2 ronchon, Cozmo est un petit robot doté d’une intelligence artificielle qui lui permettra d’explorer son environnement, de reconnaître les gens et surtout de jouer avec eux grâce à des petits cubes lumineux. Conçu par une entreprise spécialisée dans la robotique de pointe, Cozmo allie au deep learning permis par son réseau neuronal une grande plasticité dans la manière d’exprimer ses émotions.

Impossible de résister, on s’y attache forcément, comme à un personnage de dessin animé, en quelque sorte. Rien d’étonnant à cela : pour le concevoir et lui conférer ses émotions, Anki a fait appel à l’un des designers de Wall-E, le petit robot éponyme d’un des plus grands Pixar.

Tendance

« Objets inanimés, avez-vous donc une âme, qui s’attache à notre âme, et la force d’aimer ? » Dans ses « Harmonies Poétiques », Lamartine aborde la clé de voûte de nombreuses problématiques liées à l’émergence annoncée des IA, et que ces trois exemples illustrent parfaitement : comment parvenir à insuffler à un robot, non seulement la froide intelligence d’un logiciel algorithmique, mais également des sentiments et une conscience lui permettant d’établir un lien complice et chaleureux avec son propriétaire.

What If :

1 – Et  si… une marque de presse ou un site d’information créait le premier bot qui délivre les actualités avec un niveau d’informations, un ton, voire des opinions déterminées par la personnalité du lecteur ?

2- Et si… les innombrables bots et robots qui investiront le secteur de la médecine des particuliers ou de l’accompagnement des personnes âgées intégraient dans leurs algorithmes une marge de tolérance à la mauvaise volonté de certains patients, afin qu’ils deviennent des complices et amis, en lieu d’objets contraignants ?

3- Et si… les Bots devenaient les meilleurs compagnons des gens dans leur shopping en apportant le conseil bienveillant pour mieux consommer tout en se faisant plaisir ?

Gaspy François-Xavier

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