18 décembre 2015

Temps de lecture : 3 min

L’inceste…

Dur à admettre, mais l’inceste concerne au moins 4 millions de Français. C’est le tabou ultime, car il touche au cercle familial et à son unité si sacrée. Ce qui incite les victimes à garder le silence. Pour libérer la parole et faire prendre conscience mais aussi pour prévenir et agir, l’AIVI décline en TV « Joyeux Noël ». Un premier film qui n’a rien d’un conte.

Dur à admettre, mais l’inceste concerne au moins 4 millions de Français. C’est le tabou ultime, car il touche au cercle familial et à son unité si sacrée. Ce qui incite les victimes à garder le silence. Pour libérer la parole et faire prendre conscience mais aussi pour prévenir et agir, l’AIVI décline en TV « Joyeux Noël ». Un premier film qui n’a rien d’un conte.

Après « Joyeux Noël » imaginé par Publicis Conseil pour AIVI (association internationale des victimes de l’inceste) qui pourra encore dire « je ne savais pas » ou « je n’ai pas été alerté » ? D’autant que ce spot sera largement diffusé, dès le 23 décembre, sur TF1, BFM Business, RMC Découverte, NT1, Histoire, Ushuaïa, grâce à de l’achat d’espace gracieux négocié par Zenith Optimedia. Et tant mieux car ce n’est pas de la « lettre au Père Noël » dont il s’agit mais d’inceste. Avec au bout de ce « conte » noir tellement de désespoir, de solitude, de souffrance.

Image après image l’angoisse de l’enfant est palpable

En effet, alors qu’habituellement tous les enfants trépignent de joie rien qu’à l’idée d’être à Noël, ce film fort et incisif conçu par Yves-Eric Deboey (DA) et Mathieu Degryse (CR) et réalisé par Laurence Dunmore (Gang Production) raconte l’histoire d’un petit gars (et accessoirement de sa sœur) qui appréhende (nt) cette période. Image après image, il montre ses réactions destructrices et désespérées qui interpellent sauf ses parents, et qui contrastent avec des scènes de vie stéréotypées du bonheur parfait précédant le réveillon. Relatant ainsi inexorablement toute l’angoisse qui monte en puissance et contre laquelle un enfant ne peut rien sinon se détruire et se retrancher dans son silence face à la terrible échéance qui l’attend en tant que victime d’inceste et face à la venue d’un des membres de sa famille. Un prise de parle rude et sans concession menée comme une étude socio psychologique qui décortique parfaitement des comportements qui doivent absolument alerter. Elle met aussi sur la sellette et au centre de la communication le « cocon familial » et les réunions de familles, lieu et événement de prédilection pour ce genre de crime. Comme le rappelle la phrase de conclusion du spot : 75% des violences sexuelles sur enfants se passent dans le cadre familial (SNATEM 1999). Une statistique à laquelle s’ajoutent d’autres chiffres impossible à ignorer : 6% de Français (soit 4 millions) sont victimes d’inceste avec en moyenne 4 à 5 traumatismes dans leur enfance (**) et 27% de Français ont dans leur entourage au moins une victime d’inceste (*).

Un « J’accuse » rude pour ne pas seulement dénoncer

Le « J’accuse » de « Joyeux Noël » est violent, cruel et à la limite du supportable, mais parfois c’est bien de bousculer et d’être direct. Et même s’il ne se termine pas en donnant des pistes concrètes pour agir et qui permettraient d’être moins anxiogène, il indique l’adresse de l’association comme recours. Et à juste titre, car son but n’est pas seulement de dénoncer mais de continuer le combat et d’être dans le concret. Et ses ambitions sont multiples. D’abord, que chacun soit informé et que son efficacité permette la prévention. Car selon l’étude un tel traumatisme répété dans l’enfance a un impact négatif sur la santé à long terme en poussant à adopter des comportements à risque comme l’injection de drogue (1133%) ou les tentatives de suicides (1525%) (**). Ensuite soutenir l’association présidée par Isabelle Aubry pour aider les victimes et défendre leurs droits. Car pour elle que l’inceste soit enfin insérer (depuis novembre 2015) dans le Code Pénal n’est pas suffisant. Elle veut que le gouvernement s’engage dans un « Plan Inceste » et souhaite abolir la prescription, supprimer la recherche de consentement de l’enfant victime pour qualifier le viol ou l’agression sexuelle, lancer des projets de recherche, répondre aux demandes de formation initiale et de contenu, déployer des antennes dans toute la France. Un combat également mené sur les réseaux sociaux autour du hashtag #combattrelinceste.

(*) Harris Interactive pour AIVM du 28 au 29 octobre 2015 auprès de 929 personnes représentatives des Français âgés de 18 ans et plus.
(**) Source Iowa Ace Study

Berthier Florence

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