25 août 2014

Temps de lecture : 4 min

 » S’imprégner de la pensée créative des start-up « 

Les grandes marques sont devenues incontournables pour faire éclore les jeunes pousses ! Le Media Camp de la Warner conforte une tendance pérenne sur le rôle des annonceurs dans ce domaine. Pour mieux comprendre le phénomène, INfluencia a rencontré Debra Baker, la vice-présidente du développement de la major.

Les grandes marques sont devenues incontournables pour faire éclore les jeunes pousses ! Le Media Camp de la Warner conforte une tendance pérenne sur le rôle des annonceurs dans ce domaine. Pour mieux comprendre le phénomène, INfluencia a rencontré Debra Baker, la vice-présidente du développement de la major.

« Il existe beaucoup d’entrepreneurs intelligents capables de créer très rapidement des plates-formes ou des produits susceptibles de nous aider ». En une phrase, Debra Baker, la vice-présidente du développement global chez Warner Bros, résume une tendance déjà analysée par INfluencia : la « startupisation » des puissantes marques. Nestlé – avec son Silicon Valley Innovation Outpost, Nike, Disney, Mondelez, Coca-Cola, Delta, tous ces mastodontes s’imprègnent d’un entrepreneuriat qui n’a jamais été aussi courtisé. Tous font équipe avec des jeunes start-up pour motiver et soutenir l’innovation digitale. « De plus en plus de grosses sociétés de biens de consommation créent des labs dédiés à l’innovation dans des hubs à start-up comme New York, Londres et la Silicon Valley. Elles investissent dans des programmes d’accélérateurs pour établir un lien direct avec l’innovation entrepreneuriale », nous expliquait au printemps dernier Stéphanie Naegeli, envoyée par Nestlé à San Francisco. Et même si les groupes de communication se lancent dans l’incubation, comme Fred & Farid et son  » Fred & Farid Digital Investment Fund « , les grands annonceurs ont un temps d’avance sur l’aide aux jeunes pousses.

Depuis 2012 Warner Bros joue officiellement à l’accélérateur. En collaboration avec Turner Broadcasting, la multinationale nord-américaine consolide ce phénomène en endossant officiellement ce costume. Avec son programme Media Camp, la filiale de Time Warner cornaque pendant trois mois le développement de six start-up innovantes, à Los Angeles et San Francisco. Au terme des douze semaines d’incubation, les jeunes entreprises couvées – dont la Française Wisemetrics – ont présenté leur technologie lors du Demo Day annuel. Organisé début août dans les studios de Warner Bros à Burbank, l’événement a permis à INfluencia de converser avec Debra Baker, pour mieux comprendre les intérêts en jeu.

Influencia: Nous sommes obligés de commencer cet entretien par une question très basique et très courte : quel est l’intérêt pour Warner Bros de jouer les accélérateurs ?

Debra Baker : Si nous organisons le Media Camp c’est principalement pour que nos clients et consommateurs puissent s’identifier aux talents mis en avant par ce programme. L’autre bénéfice principal est que pour tous les employés qui se retrouvent dans le rôle de mentors et de conseils, ils s’imprègnent de la pensée créative des entrepreneurs que nous aidons. Cela amène un élan d’innovation et rend plus créative la culture de l’entreprise.

Comme beaucoup de multinationales le font déjà à coup de rachats ou de sous-traitance, l’idée est donc de faire pénétrer l’esprit start-up dans les veines de Warner Bros ?

Debra Baker : Complètement. Nos deux expériences ont prouvé – et c’est là le feedback des dirigeants de Warner – que le Media Camp importait cet esprit dans la société. Certaines personnes nous ont dit qu’elles avaient complètement changé leur vision et réflexion sur leur propre travail. Nous avons beaucoup d’employés qui travaillent avec des grosses boîtes depuis un certain temps, cela leur apporte donc une toute autre perspective de travail et d’entreprise, plus innovante, plus proche de celle d’une start-up.

 Warner Bros investit-il dans toutes les start-up invitées à son Media Camp ?

Debra Baker : Oui, c’est le cas ! Toutes les entreprises qui entrent dans le programme reçoivent 20 000 dollars pour les aider à passer les 12 semaines car beaucoup d’entre elles doivent déménager, ici à Los Angeles le temps du programme. Après cela nous sommes bien évidemment ouverts à tout investissement supplémentaire si une fois qu’elle grandit, la société participe au succès de Warner. Notre atout avec ce programme est avant tout de pouvoir travailler avec différentes entreprises internationales, donc nous ne demandons aucune exclusivité a posteriori en retour. Nous voulons travailler de près avec eux mais nous les considèrons bien comme une entreprise à part entière, qui suit son propre chemin. Nous sommes contents de les présenter à d’autres studios et entreprises.

Le Media Camp vous sert-il aussi en quelque sorte de curation, en vous assurant d’être à jour sur toutes les nouvelles technologies ?

Debra Baker : Oui, oui. On voit tellement de nouvelles jeunes entreprises au travers ces programmes comme le Media Camp. C’est aussi la partie principale de mon travail, je gère une équipe en charge du développement global et nous rencontrons beaucoup d’entreprises qui ne font pas partie du Media Camp. C’est un de nos buts :  bien comprendre ce qui se passe autour de nous pour intégrer ce qui marche à notre business.

Votre raisonnement est donc de vous dire qu’en aidant l’industrie, vous aidez aussi Warner Bros !

Debra Baker : Exactement. Nous pensons que nos consommateurs disposent des bons outils, des bonnes interfaces d’utilisateurs, ils peuvent découvrir des choses qu’ils aiment. Ils peuvent utiliser notre contenu comme celui de tous les autres fournisseurs, mais le succès sera global et profitera à tout le monde. Pourquoi ? Parce que l’expérience d’utilisation sera meilleure !

Justement,  le contenu reste t-il le premier produit d’appel de Warner Bros ou bien la technologie commence t-elle à lui faire de l’ombre ?

Debra Baker : Le contenu reste notre premier atout ! Il sera toujours le cœur de notre activité mais son mariage avec la technologie est séduisant et fascinant. Nous devons toujours créer de belles histoires autour de belles marques en surprenant et en ravissant notre audience. Mais encore faut-il que nos consommateurs puissent trouver et avoir accès plus facilement à ce contenu. S’il est impossible de regarder un contenu sur son smartphone sans que cela coupe, notre contenu perd de sa valeur. Voilà pourquoi nous faisons très attention à ce que la technologie s’intègre dans notre modèle économique et notre force productive

Présentation d’une start-up au MediaCamp

Adler Benjamin

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