11 janvier 2022

Temps de lecture : 3 min

Impact Business Angels veut convertir une centaine d’investisseurs aux projets à impact

Si les business angels sont monnaie courante dans le monde du numérique, en revanche, ils sont peu à s’intéresser aux sociétés à impact.  Impact Business Angels vient combler ce vide. Ce premier réseau vient de se lancer et connait déjà un envol prometteur.

Faire d’une pierre deux coups. Empocher de confortables bénéfices tout en aidant des jeunes pousses engagées qui souhaitent remplir une mission sociale et environnementale : voici l’objectif en passe d’être réussi que s’est donné le tout premier réseau français de business angels à impact.

les porteurs de projets à impact souffrent d’un déficit de financement d’environ 100 millions d’euros par an.

Cette belle initiative est partie d’un constat tout simple : « Les business angels, qui ont commencé à se développer en France dans les années 90 et 2000 investissent surtout dans le numérique et très peu dans le social et le solidaire, assure Axel Paugam, le responsable en charge de la finance à impact chez Pulse, l’association de soutien à l’entrepreneuriat à impact du Groupe SOS. Nous estimons pourtant que les porteurs de projets à impact souffrent d’un déficit de financement d’environ 100 millions d’euros par an. Ce fossé est important principalement lors des phases d’amorçage des start-ups. Si ces programmes pouvaient attirer les fonds dont ils ont besoin dès leur lancement, beaucoup plus parviendraient à survivre et à progresser. »

L’UE dans la danse

Pour venir en aide à ces jeunes pousses, le Groupe SOS a lancé en collaboration avec France Angels et avec l’aide de l’Union européenne Impact Business Angels.

La plupart des Business Angels ne savent pas ce que signifie l’entrepreneuriat à impact et 43% n’ont jamais entendu parlé de la loi PACTE

Le premier défi que doit relever cette nouvelle structure est de faire découvrir aux business angels,  l’économie à impact. La France compterait près de 10.000 Business Angels mais près de 83% de ces investisseurs ne connaissent toujours pas l’agrément Entreprise solidaire d’utilité sociale, près de la moitié (46%) ne savent pas ce que signifie l’entrepreneuriat à impact et 43% n’ont jamais entendu parlé de la loi PACTE qui a pour objectif de mieux partager la valeur créée par les sociétés avec leurs salariés.

Un concept nouveau né aux Etats-Unis

Le terme d’investissement à impact (« impact investing ») a été mentionné pour la première fois en 2007 lors d’un évènement organisé par la Fondation Rockefeller aux Etats-Unis. Il représente, selon le GIIN, un placement « réalisé avec l’intention de générer un retour positif, ayant un impact social et environnemental mesurable, tout en assurant un rendement financier ».

 

En France, plus de 4 milliards d’euros ont été investis dans des programmes à impact mais ces fonds ne suffisent pas. « Il existe une soixantaine de réseau de business angels dans notre pays mais aucun ne se préoccupe particulièrement des sociétés à impact, constate Axel Paugam. Il était donc temps de combler ce trou dans la raquette. »

nous souhaiterions organiser chaque mois une réunion durant laquelle cinq à six projets seront présentés à des investisseurs potentiels.

Le mode de fonctionnement d’Impact Business Angels sera très similaire aux structures qui existent déjà dans ce secteur. « Nous souhaitons jouer le rôle de facilitateur et non pas de fonds d’investissement, précise le responsable de Pulse. Nous voulons que notre structure soit un réseau entre des porteurs de projets et des business angels qui cherchent des opportunités d’investissement. A terme, nous souhaiterions organiser chaque mois une réunion durant laquelle cinq à six projets seront présentés à des investisseurs potentiels. Les enveloppes demandées pourraient atteindre quelques centaines de milliers d’euros mais généralement moins d’un million d’euros. Nous sommes actuellement en pleine phase de structuration mais nous voudrions regrouper à terme entre 50 et 100 business angels afin d’avoir des profils différents et de nous assurer que chaque pitch séduise au moins un investisseur. » Cet objectif semble tout à fait atteignable.

Des candidatures, en veux-tu, en voilà…

Lors de son lancement le 3 décembre, le réseau regroupait à peine 15 « anges ». « Nous avons depuis reçu cinquante demandes de business angels qui souhaitent nous rejoindre et 80 dossiers de demande de financement nous ont été envoyés », se réjouit Axel Paugam. La première séance de pitch de cette nouvelle structure sera organisée avant la fin du mois de janvier. Les bonnes idées n’attendent pas…

Frédéric Thérin

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