29 septembre 2010

Temps de lecture : 5 min

«Je n’imaginais pas donner du bonheur autrement que par la vente à domicile»

Après quelques années en qualité d’avocate spécialiste des fusions-acquisitions, et avoir animé l’un des blogs les plus influents de France selon Elle.fr, Annelolotte crée, en 2006, Soft Paris, N°1 de la vente à domicile de sex toys et produits coquins. Dès 2008, la détermination de cette diplômée de l’INSEAD, est récompensée par le prix Trofemina Locatel de la catégorie Bien être. Interview.

Influencia : En 2006, vous abandonnez votre très sérieux métier d’avocate d’affaires en Angleterre et aux Emirats Arabes pour créer Soft Paris, spécialisée dans les accessoires coquins. Comment passe-t-on de la relation aux entreprises à l’univers des relations sexuelles?
Annelolotte : Etre avocate d’affaires, m’a permis d’analyser de près les différentes approches de business. En même temps, j’animais un blog pour démystifier les tabous ou réécrire les notices explicatives très souvent non livrées avec les sextoys. Et surtout, je constatais qu’à chacun de mes séjours en France, mes amies attendaient avec impatience les nouveaux jouets intimes que je rapportais de Londres. C’était bien la preuve que ce marché était en friche, de ce côté-ci de la Manche. J’ai donc décidé de lancer Soft Paris,  répondant par la même occasion à ma vocation d’entrepreneuse.

Influencia : Les Sex toys : un marché comme un autre?
Annelolotte : Non, j’ai un réel intérêt pour cet univers qui était empreint de préjugés. Commercialisé traditionnellement, sous un angle «hard», et souvent associé à des endroits glauques, il était taxé à tort, de vulgarité voire de brutalité. Résultat : le public en avait peur et ne cherchait pas à le découvrir. J’en avais une toute autre vision qui rimait avec le droit à la féminité, à l’épanouissement, au jeu et à l’humour.

Une voie dans laquelle je souhaitais le faire évoluer qui est parfaitement résumée par la base line de l’entreprise : « créateur de bonheur ». Cette promesse passait forcément par l’innovation. Raison pour laquelle, nous ne nous contentons pas de créer et fabriquer des accessoires coquins attrayants et exclusifs mais toute une gamme de produits utilisable par un couple ou seul, allant des cosmétiques à la lingerie en passant par les jouets. De plus, nous avons une démarche responsable et respectueuse de la planète en proposant des produits rechargeables et des packagings recyclables.

Influencia : Vous avez misé sur la vente à domicile. Pourquoi ?
Annelolotte : Je n’imaginais pas donner du bonheur autrement que par la vente à domicile. C’est le canal de distribution le plus approprié pour notre marché où la confiance se gagne nécessairement grâce à une approche informative et initiatique dans une ambiance détendue bien que confidentielle. Il répond aussi à deux autres points essentiels.
D’une part, ces réunions qui se tiennent en soirée, correspondent parfaitement à une démarche féminine en quête de moment privilégié et de proximité. Intitulées «Soirées Shopping Sexy» ou «3S», elles sont beaucoup plus cosy et conviviales qu’une boutique même en distribution sélective, et sont l’occasion de se retrouver entre amies chez l’une d’entre elles, de recevoir un conseil personnalisé ou de découvrir et manipuler en toute sérénité nos différentes gammes. Mais aussi de parler ouvertement de sexualité, de partager des confidences, de répondre à des interrogations souvent restées en suspend, de sourire lors de jeux et d’animations…

Bref d’appréhender ces produits comme allant au-delà de l’intimité ou du bien-être sexuel en opérant des bienfaits sur l’ensemble de sa vie personnelle. Enfin, les prises de commande faites en toute confidentialité dans une pièce séparée, l’acheminement discret des colis individuels ou des offres exclusives ou promotionnelles accessibles uniquement lors de ces soirées sont des facteurs déclencheurs d’achat. Résultat : 99% de notre CA se réalise à ce moment-là, le reste via le site… Mais de moins en moins.
D’autre part, nos ventes, animées par nos «Ambassadrices du Bonheur», sont l’occasion pour de nombreuses femmes d’acquérir des compétences professionnelles ou de retravailler, et de bénéficier d’une indépendance financière. Une démarche qui correspond complètement à notre philosophie qui consiste à vouloir contribuer à l’épanouissement des femmes sous toutes ses formes.

Influencia : Y-a-t-il un profil type pour rejoindre votre réseau d’Ambassadrices?
Annelolotte : Nous avons des Ambassadrices de 18 à 68 ans mais la moitié d’entre elles ont entre 25 ans et 35 ans. Nous recrutons tout le temps -par le biais de la recommandation interne- de nouvelles personnes dans toute la France. Il n’y a pas un département qui ne soit pas représenté. Leur motivation est très variée. Pour certaines, c’est l’occasion d’exercer leur altruisme en apportant une source d’épanouissement à des femmes en souffrance, pour d’autres, mères au foyer, c’est le moyen de réintégrer une vie sociale avec des adultes, pour quelques unes, comme cette comptable à l’activité trop routinière, c’est le moment de renouer avec la convivialité.

Influencia : Comment animez-vous cette force de vente plutôt atypique ?
Annelolotte : Les maîtres mots sont liberté, souplesse et indépendance. Chacune d’elle reçoit un kit de démonstration et une formation pour intégrer le réseau, puis bénéficient d’autres sessions de perfectionnement selon leur niveau et leurs besoins sur les produits, les techniques de vente, la législation, l’encadrement, le management, l’organisation… Elles peuvent également suivre des conférences internes tenues par des sexothérapeutes ainsi que par des professionnels de la vente. L’objectif étant de leur donner une véritable aisance et qu’elles apportent une valeur ajoutée dans leurs relations commerciales.
Côté rémunération, nous leur proposons une commission attractive -entre 21 et 33%- sur chaque produit vendu mais nous ne leur imposons aucun minimum de vente obligatoire. A elles de choisir le rythme de travail -partiel, en complément d’une autre activité ou à temps complet- en fonction de leurs besoins financiers et de leur disponibilité familiale.

Leur revenu mensuel peut aller de 400 à 3000 euros selon qu’elles organisent 3 ou 20 réunions. Enfin, il y a tout un système de parrainage avec des bons cadeaux ou de réductions à la clef notamment pour les hôtesses. Sans oublier notre  «Journée nationale» au cours de laquelle nous présentons notre catalogue et les nouveautés. Cette réunion annuelle est aussi placée sous le signe de la convivialité et de la participation, car nos ambassadrices peuvent devenir mannequin d’un jour en présentant les modèles de lingerie lors du défilé organisé pour l’occasion. 

Influencia : Un réseau d’ambassadrices efficace mais quid des réseaux sociaux?
Annelolotte : Nous avons un vrai réseau physique qui s’est déplacé naturellement sur le virtuel grâce à nos ambassadrices et nos clientes qui ne manquent pas de témoigner et de partager sur la Toile. En outre, depuis quatre ans, nous proposons sur notre page Facebook, un blog, des conseils et des informations.

Influencia : Quels sont vos autres outils de communication pour faire connaître votre marque?
Annelolotte : Nous sommes arrivés dans un marché en pleine création, méconnu. De plus, Soft Paris a innové et développé une offre qui nous permet de mieux parler de notre secteur et de l’entreprise. C’est pourquoi,  nous faisons appel à Vème Pouvoir, une agence de RP qui a pour mission de répondre aux demandes des médias et de les aider à apporter des réponses à leurs lecteurs et/ou auditeurs sur la sexualité, le plaisir et les jeux coquins.

Influencia : Soft Paris ne semble pas avoir subi la crise?
Annelolotte : Non. Elle n’est pas passée par nous. Nous sommes N°1 en France dans notre marché qui, il est vrai, est très fragmenté, et notre croissance depuis 4 ans est exponentielle tant au niveau du réseau que des ventes.

Propos recueillis par Florence Berthier
Rubrique réalisée en partenariat avec l’agence Meura

(1) En 2010, 58% des français se déclarent prêts à utiliser ou acheter un sextoy contre moins de 20% d’utilisateurs déclarés, en 2006

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La rédaction

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