6 octobre 2014

Temps de lecture : 2 min

Des îles Caïman à la monnaie libre

L’informatique et internet ont contribué à débrider la finance internationale, en accélérant de manière inouïe les échanges et en augmentant considérablement la puissance et la vitesse de calcul des algorithmes. Décryptage par la PQR 66 dans son dernier rapport "Françaises, Français", baptisé (R)évolutions.

L’informatique et internet ont contribué à débrider la finance internationale, en accélérant de manière inouïe les échanges et en augmentant considérablement la puissance et la vitesse de calcul des algorithmes. Décryptage par la PQR 66 dans son dernier rapport « Françaises, Français », baptisé (R)évolutions.

Mais le réseau et ses potentialités ont dans le même temps été également utilisés dans une logique strictement contraire, celle de créer un système contestataire et alternatif à la finance internationale et au système libéral dominant. Essentiellement destiné aux interdits de chéquiers et/ou aux revenus modestes, une start-up française vient ainsi d’inventer le premier compte sans banque. Il s’ouvre chez un buraliste et ne requiert ni conditions de revenus, ni dépôt minimum. Pour une cotisation annuelle de 20 euros, vous disposez d’une Mastercard pour retirer de l’argent et payer vos achats et de la possibilité d’effectuer virements et prélèvements. Vous n’avez en revanche pas de chéquier, ni le droit au découvert. Les opérations s’effectuent au bureau de tabac ou par internet et mobile.

Payer en Sol-Violette à Toulouse

Vous en avez assez de la crise de l’euro ? Convertissez-vous aux monnaies libres ! Cigalonde dans le massif des Maures, Nostra dans le pays salonais… elles fleurissent un peu partout dans l’Hexagone. La plus connue reste sans conteste la Sol-Violette, créée au printemps 2011 à Toulouse. Son nom dit sa philosophie : « Sol » pour désigner une monnaie solidaire protégeant l’argent de la spéculation boursière ; « Violette », fleur symbole de la ville de Toulouse, pour affirmer son identité locale et son ancrage territorial. Maîtriser sa monnaie, être acteur du développement local, promouvoir une économie sociale et solidaire alternative au système libéral, tel est le crédo des fondateurs du Sol-Violette, soutenus par la mairie de Toulouse.

Le concept est le suivant : on peut échanger ses euros au Crédit municipal ou au Crédit coopératif avec un taux de change fixé à 1 euro = 1 Sol. Petit avantage, pour 20 euros, on obtient 21 Sol. Les euros échangés au sein de ces deux institutions bancaires ne « s’évaporent pas » et sont réinvestis localement dans le microcrédit et la création d’entreprises solidaires. Les « solistes » peuvent ensuite dépenser leur monnaie au sein du réseau des partenaires agréés. Ce sont des restaurants ou des épiceries bio, des librairies indépendantes, des boutiques de vêtements équitables. Pour obtenir le droit d’encaisser les Sol-Violette, tous ont dû certifier leur engagement dans le développement durable. Le Sol-Violette n’est pas une monnaie de réserve : une cagnotte ne gagne pas à être thésaurisée car le billet perd 2% de sa valeur s’il n’a pas été échangé au bout de trois mois.

Une manière de faire fi de la spéculation et d’affirmer que le premier statut de la monnaie est d’être un moyen d’échange. Le succès est encore modeste mais l’initiative s’installe progressivement dans l’économie locale. Près de 1500 personnes utilisent aujourd’hui le « Sol » à Toulouse, accepté dans plus d’une centaine de lieux.

PQR & TNS SOFRES

La rédaction

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