13 février 2015

Temps de lecture : 2 min

« Un hyperactif numérique ! »

Le terme "hyperactif numérique" s'applique bien à Micha Benoliel. Après avoir créé plusieurs sociétés dans les télécoms, il lance en 2014 l’application Firechat, un réseau social en mesh, soit un réseau entre smartphones qui s'affranchit d’Internet.

Le terme « hyperactif numérique » s’applique bien à Micha Benoliel. Après avoir créé plusieurs sociétés dans les télécoms, il lance en 2014 l’application Firechat, un réseau social en mesh, soit un réseau entre smartphones qui s’affranchit d’Internet.

Originaire de Nice, ce quarantenaire décrit ses 20 premières années comme une période très classique : bac éco. et école de commerce lambda. Ce qu’il oublie de dire de prime abord, mais rappelle avec soin, c’est qu’à 8 ans il codait déjà sur l’ordinateur de son père. « J’étais passionné, je programmais des jeux sur Texas Instrument et Atari. Ça m’a clairement donné des bases et des intuitions qui m’ont servi plus tard », se souvient-il. Micha Benoliel arrête le code à l’adolescence. Les soirées niçoises prennent le dessus, mais pour un moment seulement.

Comme voyage de fin d’études, il s’envole pour San Francisco. Il y est frappé par la cordialité des chefs d’entreprises qui reçoivent facilement le petit « frenchie » de 20 ans. Il se remémore avec des yeux scintillants sa vie californienne. Il distribuait des flyers pour les boîtes de nuit dans la journée et y dépensait tout son salaire le soir. L’ouverture d’esprit, la curiosité et l’opportunisme qui règnent alors sur le Silicon Valley l’impressionnent ad vitam aeternam.

De l’import-export

À 23 ans, le jeune diplômé doit faire son service militaire. Micha Benoliel opte pour une coopération en Italie. Pendant 2 ans, il travaille « tranquillement » dans une entreprise de munitions de chasse. Il revient ensuite en France et lance une entreprise de télécoms en pleine déréglementation du secteur. Il résume son business plan facilement : « J’achetais des minutes de communication par lots au Canada et je les revendais à des entreprises françaises. » Il se heurte aux réticences des entreprises à travailler avec des start-up et vend rapidement ses parts. Poussé par son envie de voyager, Micha Benoliel retourne travailler en Italie. Il reconnaît, avec malice, avoir vendu des munitions de chasse pendant trois ans à travers le monde sans jamais réussir à mirer un vulgaire blaireau.

« One,two, three, viva l’Algérie ! »

Au cours de ses pérégrinations, Micha Benoliel rencontre une équipe de développeurs ukrainiens, qui l’embrigade comme commercial. Il troque avec plaisir sa casquette de vendeur de munitions pour celle de commercial en solutions informatiques. Le Micha primo codeur retrouve sa passion et crée ainsi sa deuxième entreprise spécialisée dans le numérique. En 2000, sa relation avec les Ukrainiens n’est pas au beau fixe. Il décide de se séparer d’eux pour spécialiser sa société dans la création de sites Internet et de services téléphoniques interactifs.

En 2005, il rencontre les fondateurs de Skype et leur propose de créer une plateforme de services professionnels. Les papas de Skype n’y croient pas trop mais se plaignent de ne pouvoir acheter des minutes de communication vers des numéros de téléphone. Qu’à cela ne tienne, Micha Benoliel propose de faire office d’opérateur pour Skype. Cela fait déjà quelques années qu’il achète des minutes de communication en Algérie et les vend 10 fois plus chères à des entreprises françaises. « C’est comme cela que nous somment devenus les premiers opérateurs de Skype. C’était de la folie. Nous vendions des dizaines de millions de minutes ! », explique-t-il avec fierté.

Jean-Baptiste Semerdjian / @JBSemerdjian

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La rédaction

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