14 octobre 2014

Temps de lecture : 3 min

L’hôtellerie passe en mode consommation collaborative

Pour répondre à l’économie de partage, l’hôtellerie est contrainte depuis deux ans d’innover pour ne pas perdre ses clients. Trois nouvelles initiatives illustrent parfaitement la tendance.

Pour répondre à l’alternative collaborative et de partage, l’hôtellerie est contrainte depuis deux ans d’innover pour ne pas perdre ses clients. Trois nouvelles initiatives illustrent parfaitement la tendance.

Durer c’est anticiper ? C’est aussi savoir s’ajuster aux changements sociétaux et aux nouveaux comportements de consommation. Certaines industries têtues snobent ces mutations et refusent de repenser un nouveau modèle économique devenu inévitable. Pour celles-là, heureusement minoritaires, nous avons un conseil avisé : prenez le marché hôtelier comme modèle. Pour répondre à la menace Airbnb et la nouvelle demande collaborative, l’hôtellerie innove. Les clefs de chambre Starbucks, la cible féminine, l’hôtel éphémère 100% dédié aux jeux vidéos à Paris ou la réalité augmentée pour téléporter ses clients : depuis deux ans, INfluencia suit cette évolution structurelle avec attention. Trois nouvelles initiatives la remettent sur le devant de la scène.

Commençons ce tour d’horizon de l’hôtellerie créative par les Pays-Bas et sa capitale économique Amsterdam. Si vous réservez prochainement une chambre double au Dylan, avec le petit déjeuner inclus, sachez que vous aurez la possibilité de faire votre shopping sans quitter votre lit et de vous faire livrer vos achats en moins d’une heure. L’originalité de ce service intitulé Room Shopping, c’est la variété et l’opulence de son catalogue de produits.

Le Dylan a en effet eu la bonne idée de s’associer avec le site d’e-commerce du très trendy quartier du Negen Straatjes, « les neufs rues » en Français. Sur cette plate-forme digitale, les boutiques du quartier de shopping à la mode exposent et vendent leurs produits. C’est une partie de cette offre que les clients du Dylan retrouvent dans le Room Shopping Menu disposé dans leur chambre, avec un bon de 25 euros de réduction valable au dessus de 100 euros d’achat. Une fois le choix fait, le service assure la livraison des sésames en moins d’une heure. Si vous n’êtes pas satisfait de l’achat, il vous suffit de laisser le produit indésirable à la réception.

Des sacs en laine de mouton du restaurant de l’hôtel

Autre exemple récent de services hôteliers novateurs, celui du Ritz-Carlton à Washington D.C, aux Etats-Unis. En reprenant le modèle des programmes work-trade testés dans plusieurs salles de sport de New York, la chaîne d’hôtels de luxe a mis en place un système donnant-donnant pour promouvoir le bénévolat caritatif de ses clients. Le principe du package « Do Good, Feel Good », opérationnel du 31 juillet au 6 octobre, était simple comme un don : chaque client qui donnait de son temps à l’association DC Central Kitchen, qui lutte contre la faim dans la capitale fédérale, recevait en échange un petit déjeuner VIP pour deux, un accès au complexe sportif haut de gamme de l’hôtel et un valet pour garer sa voiture. Enfin, l’hôtel s’engageait également à donner 100 dollars à DC Central Kitchen de la part de son client.

C’est parce qu’il permet en échange d’une bonne action d’accéder à des services plus onéreux qui ne sont pas compris dans la réservation du client bénévole que « Do Good, Feel Good » est une idée géniale. Oui le luxe est accessible au moins nanti s’il accepte d’aider les plus démunis, main dans la main avec la marque : c’est brillant ! Le recyclage des ressources alimentaires en vêtements et sacs l’est au moins tout autant.

Inspiré par les sacs en draps de lit de Marriott Royaume-Uni l’année dernière, l’hôtel Wythe à Brooklyn a lui aussi décidé de lutter contre le gaspillage. Installé temporairement par le couple Andrew Tarlow et Kate Huling, déjà propriétaires de plusieurs hôtels, bars et restaurants dans New York, la boutique de la marque Marlow Goods vend des sacs et des fringues fabriqués avec la laine et le cuir des animaux tués pour les besoins du restaurant de l’hôtel. Si vous mangez de la viande à une table du Reynard, dans les salons de l’hôtel Wythe, sachez donc qu’aucune partie de l’animal sacrifié n’est gâchée !

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

La rédaction

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