3 septembre 2015

Temps de lecture : 2 min

Les handballeuses françaises piégées pour notre plus grand plaisir !

Le handball a de la ressource et du caractère. Preuve en est, la dernière campagne menée par la Ligue Féminine qui mise sur l’humour pour nous faire découvrir les joueuses d’un sport collectif encore trop méconnu en France.

Le handball a de la ressource et du caractère. Preuve en est, la dernière campagne menée par la Ligue Féminine qui mise sur l’humour pour nous faire découvrir les joueuses d’un sport collectif encore trop méconnu en France.

Des buts, du spectacle, des gestes techniques de grande classe, de l’impact… Sur le papier, le handball a autant d’atouts que le football. Et pourtant, malgré une moisson de titres impressionnante -5 titres de champion du monde, autant que l’équipe de football du Brésil- ce sport, grâce auquel la France est la plus couronnée mondialement, peine à se faire une place au soleil. Et que dire du handball féminin, également champion du monde en 2003 ? Seriez-vous capable de citer le nom d’une joueuse du championnat de France ? Pas évident…

Alors pour balayer les poncifs et faire émerger la section féminine, la Ligue Féminine de Handball et l’agence 2PLC Productions prennent les choses en main. A travers quatre vidéos jouant à fond la carte de l’humour, la FHL ressort du formol un concept porté par un certain Raphaël Mezrahi : l’interview bidon. Interprété, cette fois-ci, par Alexandre Blazy, ce dernier reprend avec brio les ingrédients du format : questions improbables, pseudo amateurisme, franchise exacerbée, mimiques énervantes, attitude déplacée à la limite du machisme… Le comédien attaque sur tous les fronts et n’hésite pas à titiller les joueuses sur la médiatisation quasi nulle du sport ou encore sur le côté réducteur du rôle de « demi centre » : « Moi on ne m’appelle pas un demi journaliste ». Et là est tout le talent d’Alexandre Blazy qui, paradoxalement, arrive à valoriser ces femmes autrement que par le prisme de la beauté. On découvre une Béatrice Edwige très touchante et calme face aux questions incongrues, le flegme de Cléopatre Darleux ou encore la gouaille d’Estelle Nze Minko. Des personnalités attachantes que l’on aimerait, du coup, voir en action.

Et ça marche, comme le montre la première vidéo, diffusée le 27 août à l’occasion de la remise des trophées All Star LFH, qui  totalise tout de même 20 000 vues. Nul doute que cette campagne qui nous fait sourire et même rire en traitant d’un sujet sérieux sans se prendre le melon, devrait mettre un sérieux coup de projecteur sur le handball féminin. Car avec 188 828 licenciées en 2014, contre 77 020 pour le foot, ce sport mérite un tout autre traitement que celui de l’indifférence. Si les infrastructures jouent pour beaucoup dans ce manque d’intérêt, notamment avec le côté gymnase d’école équipé d’un mur d’escalade derrière le but, le potentiel est bien là. Il y a quatre ans, Adidas célébrait le handball masculin à la manière d’un comics, en scénarisant certains joueurs de l’équipe, comme on aurait pu le faire pour Zidane ou Henry. Une mise en scène dynamique et moderne qui montre un autre visage de ce sport. Et c’est aussi le probème. Par manque de moyen, la communication est aux abonnés absents pour booster cette discipline. En attendant les premiers résultats de cette campagne, la saison de LFH sera diffusée sur beIN Sports. Preuve, quand même, que les choses bougent…

Espinosa Eric

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