13 mars 2014

Temps de lecture : 2 min

La Une des grands quotidiens papier choisie par ses lecteurs ?

La presse écrite crowdsourcée n’existe pas encore, mais à quoi ressemblerait-elle si le lecteur avait le pouvoir de décider les sujets publiés en Une ? La startup NewsWhip a tenté l’expérience.

La démocratie selon Abraham Lincoln est « le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Cinquante ans après la fameuse formule du président des Etats-Unis, Jean Jaurès dressera le même étendard plébéien pour défendre en France la souveraineté des citoyens. Un siècle après son assassinat, le peuple dispose de nouvelles armes d’expression et de pression : les réseaux sociaux. La nouvelle donne plonge la presse écrite dans une crise existentielle, elle est sommée de se repenser et de continuer de justifier le soutien financier de l’Etat, une tradition républicaine installée depuis la Révolution.

Et si dans ce processus obligatoire d’ajustement, quotidiens et hebdomadaires utilisaient la force participative des médias sociaux ? La plate-forme d’agrégation et d’analyse NewsWhip a tenté l’expérience. « Que se passerait-il si les Unes des journaux étaient décidées par les lecteurs plutôt que les rédacteurs ? », s’interroge NewsWhip sur son blog, pour poser le contexte de sa très intéressante expérimentation. « Pour nous, la foule et plus particulièrement le milliard d’utilisateurs de Facebook et de Twitter détient la clef de la quête aux informations les plus intéressantes publiées tous les jours dans la presse mondiale. L’être humain a le nez pour détecter les belles histoires. Pour savoir si ce qu’il partage sur le Web diffère des choix de rédactions en chef, nous avons décidé de mener une expérience », explique la startup basée en Irlande.

Blendle, le Paywall unique

Mercredi dernier, NewsWhip a donc utilisé son application Web Spike pour collecter les données sur les articles de plusieurs quotidiens nord-américains les plus partagés sur la Toile. Pour en faire quoi ? Des Unes crowdsourcées comparatives, permettant de constater les différences de choix entre les lecteurs et les journalistes. « Nous avons remplacé les titres et les photos et au final, le résultat fait réfléchir », commente l’agrégateur sur son blog. Si vous vous demandiez à quoi ressemblerait la presse écrite si son public en décidait le contenu, NewsWhip possède des éléments de réponse.

Aux Pays-Bas, une autre startup collabore étroitement avec les groupes de presse pour répondre à la demande de consommation mobile des lecteurs. Blendle, c’est son nom, réunit sur une seule application online le contenu des principaux titres du pays. L’intérêt ? Passer par un seul Paywall au lieu de se les coltiner sur le site de chaque journal. Auto promu comme l’iTunes du journalisme, Blendle fait uniquement payer les articles lus. C’est une première mondiale.

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA

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La rédaction

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