4 juin 2009

Temps de lecture : 2 min

Good Morning Radio!

Variation pop autour d'un thème.... Chaque semaine, Thomas Jamet déniche dans la culture contemporaine tout ce qui résonne avec l'époque. "Thomas Kuhn avait raison. L'inventeur du concept de « paradigme » a démontré que si chaque époque de l'histoire « crée » une technologie dominante qui s'impose durant une période, chaque technologie influe également fortement son époque.

 Variation pop autour d’un thème…. Chaque semaine, Thomas Jamet déniche dans la culture contemporaine tout ce qui résonne avec l’époque.  « Thomas Kuhn avait raison. L’inventeur du concept de « paradigme » a démontré que si chaque époque de l’histoire « crée » une technologie dominante qui s’impose durant une période, chaque technologie influe également fortement son époque.

L’exemple le plus frappant est celui d’Internet, qui est une pure création contemporaine mais qui à l’inverse a radicalement changé notre façon de vivre, accéléré les mutations et la globalisation.

Dans les années 50, la prospérité économique crée un grand élan de consommation et d’équipement ménager. L’effet « pervers » de cette frénésie d’équipement est la diffusion mondiale d’une même culture : la culture rock, laquelle s’insère dans la télé noir et blanc trônant au centre du salon. Elvis et les Beatles libèrent les mœurs, dévergondent les jeunes filles et amènent le monde jusqu’aux grands mouvements insurrectionnels de la fin des années 60.Si le petit écran a mis des images sur cette nouvelle jeunesse, c’est la radio qui a joué un rôle tout particulier dans ce processus… On ne peut nier son pouvoir libérateur sur le carcan social et culturel des années 50 et 60. Il faut dire que la radio est un media très spécial : elle instaure un dialogue personnel avec l’auditeur, tout en laissant libre cours à l’imagination de millions d’oreilles l’écoutant simultanément… Un media magnifié dans le récent film « Good Morning England » de Richard Curtis, inspiré d’une histoire vraie – celle de Radio Caroline – qui émettait d’un chalutier de la Mer du Nord, et distillait le poison du rock n’roll dans la très puritaine Angleterre.
La radio a donc connu son heure de gloire. Mais aujourd’hui tout semble avoir changé. Après quelques dizaines d’années d’existence, elle semble à un point de non-retour. Beaucoup prédisent même sa mort prochaine, et surtout des radios musicales.Mais acculée, elle semble pourtant en train d’opérer un formidable sursaut. Et son salut vient du web. En s’accouplant avec le digital, la radio accélère le contact personnel avec son auditeur en le rendant encore plus interactif, transcende son côté global, rend palpable le « live ». Aujourd’hui certaines tentatives remarquables comme GOOM, ou le nouveau OUI FM racheté par Arthur, nous plongent presque dans les débuts de ce media. Effervescence dans les studios, création de nouveaux modèles… ces tentatives nous font penser que la vitalité est en train de revenir, que l’imagination est à nouveau au pouvoir. On peut ressentir une volonté de puissance, une force qui ne veut pas mourir, une énergie qui va se réinventer. Le film « Good Morning England » arrive au même moment que beaucoup d’initiatives. Ce n’est pas un hasard. Le temps est peut-être revenu pour la radio de faire à son tour sa révolution.

Chaque semaine retrouvez Thomas Jamet, qui déniche dans la culture contemporaine tout ce qui résonne avec l’époque.
Thomas Jamet est directeur général adjoint de Reload, structure de planning stratégique, d’études et d’expertise de Vivaki (Publicis). thomas.jamet@reload-pgm.com www.reload-pgm.com

 

La rédaction

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