28 novembre 2012

Temps de lecture : 2 min

Génération Y : provoquer pour conquérir une liberté illusoire

Ils ont 25 ou 30 ans, ils sont étudiants ou employés et qu’ils soient ivres ou sobres ils ont pour habitude ou pour hobby de montrer leurs fesses en public. Retour et analyse de ce mouvement à travers des extraits du Soonoscope n°2, le cahier de tendances de Soon Soon Soon...

La confrérie des montreurs de cul

Dans son article « La confrérie des montreurs de cul » paru dans le magazine Néon d’août-septembre dernier, Jean-Philippe Louis découvrait des provocateurs motivés par une aspiration à la liberté, amoureux de la fête, aimant les défis et les réunions entre amis. Dans son article se dessine un portrait de jeunes dont un certain nombre essaye de « désamorcer l’ennui » et de « casser les convenances » en se réunissant en clubs, profitant des réseaux sociaux pour se faire connaître et organiser leurs actions de façon collective sous l’égide d’une confrérie improvisée…

L’expression d’une liberté imaginaire

Un mot revient sans cesse dans la bouche des montreurs de cul : « liberté ». « Quand on montre son cul, on en réfléchit pas, on se sent libre » affirme un jeune partisan. Ce n’est pas non plus un hasard si l’un des collectifs de tombeurs de caleçon se nomme « La liberté de la fesse ». Montrer son cul, dernière forme d’expression d’une liberté de plus en plus difficile d’accès ?

Pour Benoit Helbrunn, le sociologue invité du Soonoscope n°2 « l’individu est perdu car il est trop seul avec soi et ses projets de liberté illusoire mais en même temps il ne se reconnaît dans le collectif que dans la mesure où cela le sécurise et le rassérène ». Une raison pour laquelle les monteurs de culs affectionnent la confrérie.

[….] Cette alliance sous forme de club qui porte l’expression d’une forme de liberté et d’actions collectives, trouve un écho particulier avec le renouveau des groupes et sociétés secrètes étudiantes sur les universités américaines. Si chez les montreurs de cul, l’expression de la liberté s’associe à une forme d’hédonisme, celle-ci semble lasser peu à peu : « Avant, tu avais l’impression de faire quelque chose de fou », confie un adepte à JL. Louis. Selon Benoît Heilbrunn, « il manque donc le courage d’être soi et cette capacité à se projet de projeter dans l’avenir au-delà d’un hédonisme de pacotille qui donne l’illusion d’exister ».

Montrer son cul, acte militant d’expression d’une forme de liberté éphémère, mais pas encore de LA liberté.

Alexis Botaya
Soon Soon Soon

Retrouvez l’intégralité des articles et des analyses sur www.soonoscope.com
Et bientôt, en janvier le numéro 4 de la revue INfluencia, sur la Génération Jeunesse

PHOTO : crédits : © olly

La rédaction

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