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Stanislas Gruau ne nous mène pas qu'en bateau...


Publié le 09/06/2020

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Fondée en 2018 par Stanislas Gruau, Explora Project est une agence de voyages qui propose des expéditions de deux à quinze jours pour les amateurs de sport et de nature. Si le confinement a été un coup dur pour cette start-up, la crise actuelle pourrait lui réserver des lendemains qui sourient… Récit dialogué avec un aventurier sportif.


 

Certains vont en Patagonie, d’autres dans le Sahara, au cœur de l’Himalaya, sur le Zambèze ou au beau milieu des steppes sibériennes. Mais si l’aventure, la vraie, se trouvait juste à côté de chez nous ? Pourquoi aller à l’autre bout du monde découvrir des terres sauvages lorsqu’on peut les trouver à quelques dizaines de kilomètres de son domicile ? Stanislas Gruau a longtemps cherché à dépasser ses limites en parcourant de très longues distances à la seule force de ses mollets. Ce passionné d’ultra-endurance a notamment battu le record de la traversée du désert d’Atacama au Chili et il est parvenu à aller de Lille à Nice en quinze jours chrono, écourtant ainsi de trois jours la meilleure performance réalisée jusqu’alors par un… Britannique. L’honneur de Marianne était sauf. Cette compétitivité presque maladive lui avait également permis de faire une belle carrière dans la finance. Trader de blé chez Cargill après un rapide passage à BNP Paribas, il avait multiplié son salaire par dix en une décennie. La naissance de sa première fille et le cap de la trentaine lui ont toutefois donné des envies d’ailleurs. « Je n’étais pas du tout médiatique mais pas mal de personnes me disaient que mon expérience les avait inspiré et qu’ils voulaient réaliser des « projets de vie », explique t-il. J’ai donc eu l’envie de créer une agence de voyage qui permettrait à des gens ordinaires de faire des choses extraordinaires ». Vaste programme…

 

 

Pour tous les goûts

 

Lancée en janvier 2018, Explora Project propose des expéditions de deux à quinze jours en autonomie d’énergie, de nourriture et à propulsion humaine ou animale. Du kite ski aux raquettes à neige, en passant par la voile, le cani-rando, l’alpinisme, le VTT, le canoë-kayak ou le raft pneumatique, dix-sept activités sont proposées dans le catalogue de l’agence basée à Annecy. Du niveau 1 pour les familles qui souhaitent faire une rando tipi avec un âne en Ardèche au niveau 5 pour les amateurs de grand froid qui ont quinze jours de libre pour traverser l’Islande du nord au sud, l’offre est vaste. « Nous voulions nous implanter sur une niche entre les agences de voyage traditionnelles et les expéditions à la Mike Horn, résume Stanislas Gruau. Les autres voyagistes passent tous par des TO locaux pour leur organiser des excursions. Conséquence : les touristes du monde entier font exactement les mêmes choses, aux mêmes endroits et aux mêmes moments. C’est pour éviter cela que nous travaillons directement avec des guides très expérimentés qui connaissent des coins très peu fréquentés même dans des pays très visités ». Il est ainsi possible de s’émerveiller devant certains glaciers de la Vanoise et de faire de l’alpinisme dans le Mercantour sans croiser les foules. C’est tout du moins la promesse de cette start-up qui compte aujourd’hui douze salariés. En travaillant directement avec des guides sans passer par une agence locale, Explora Project peut aussi proposer des prix 15% inférieurs à ceux de la plupart de ses concurrents.

 

 

L’âge moyen des participants approche les 37 ans

 

L’an dernier, ses experts ont organisé près de soixante-dix expéditions dans douze pays qui ont rassemblé plus de 300 personnes. L’âge moyen des participants approche les 37 ans et beaucoup ont choisi leur périple en fonction des personnes qui allaient y participer. Le site de l’entreprise cherche en effet à favoriser les échanges entre ses habitués et/ou ses potentiels clients afin que les voyageurs amateurs de sport se rassemblent selon leurs affinités. La moitié des « expéditions » qui ont eu lieu l’an dernier ont été organisées en France. Mais le Covid-19 est, depuis, passé par là…

 

 

Après le confinement, le bon temps?

 

Le confinement et la fermeture des frontières ont porté un rude coup à cette start-up qui préfère toutefois regarder le verre à moitié plein que celui à moitié vide. « Cette crise est un catalyseur de questionnements, positive ainsi Stanislas Gruau. La société et le tourisme ont besoin de se reconnecter à la nature et de modifier leur façon de voyager. Les gens vont vouloir vivre des aventures. Le rustique va être plus populaire. Au lieu de chercher des sites pour cocher des cases sur leurs comptes Instagram, les touristes vont prendre garde à leur impact sur l’environnement. Le slow et le green vont être de plus en plus populaires. Le tourisme d’aventure dans lequel on dort dans un refuge, sous une tente ou dans un bivouac représente déjà 10% du tourisme mondial contre 3% à 4% il y a quelques années et ce chiffre va encore augmenter ». Bien décidé à croquer une part de ce gros gâteau, l’entrepreneur a profité du confinement pour étoffer son catalogue qui propose déjà 74 expéditions différentes contre une cinquantaine au début du mois de mars. « Depuis une semaine, nous recevons de nouvelles réservations », se réjouit Stanislas Gruau. Vive la crise…

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