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Le New York Times part en croisade contre la désinformation


Publié le 25/08/2020

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Selon une étude, les fake news diffusées pendant la pandémie de Covid-19 ont provoqué la mort de centaines d'individus à travers le monde. Pour asseoir son rôle de défenseur de la vérité, le New York Times a mis en ligne son dernier film publicitaire, intitulé judicieusement The truth is essential dans la langue de Jon Stewart.

 

Il est très compliqué de mesurer les conséquences néfastes de la désinformation sur notre société. Une zone blanche à laquelle il était temps de s’attaquer, et pour cause. Dès le début de la pandémie de Covid-19, nous avons assisté à une vague planétaire de désinformation aiguë. Une situation inquiétante, symbolisée par la notion d’infodemics -information + epidemic-, le néologisme anglais du moment, qui désigne une quantité excessive d’informations sur une seule et même thématique. En bref, une overdose de Unes, de posts Facebook et Twitter qui nous empêchent de discerner le vrai du faux. Même quand il s’agit de nous faire couler un bain de granit ou de s’injecter du produit désinfectant. Il n’y a pas matière à rire. 

 

 

 

 

Selon une étude publiée le 10 août dernier dans la revue The American Journal of Tropical Medicine and Hygiene, quelque 5800 personnes à travers le monde ont été admises à l'hôpital après avoir lu des fausses informations ou rumeurs sur le coronavirus. Au moins 800 en seraient mortes, principalement à cause de l'ingestion de produits désinfectants et une soixantaine de personnes sont également devenues aveugles après avoir bu du méthanol. Pour arriver à ces chiffres, cette équipe de chercheurs en sciences sociales, médecins et épidémiologistes a répertorié un grand nombre d’informations non-vérifiées, issues des réseaux sociaux mais aussi de grands quotidiens, d’organisations gouvernementales… Elles ont ensuite été classées en trois catégories : les rumeurs, les stigmatisations et les théories du complot. Après un fact-checking rigoureux, il s’est avéré que 82% de ces affirmations étaient tout simplement fausses (!). Un chiffre ahurissant, d’autant plus quand on sait que seulement 16 % des infox médicales publiés sur Facebook sont signalées comme telles par la plateforme. Les 84 % restants échappent encore à leur contrôle.

 

 

La vérité, rien que la vérité 

 

En collaboration avec l’agence Droga5, le New York Times prend la parole pour réaffirmer l’importance du travail journalistique et de la recherche de la vérité dans notre société moderne -à savoir, comment la presse nous guide tous les jours dans nos choix et dans la constructions de nos convictions-. Le spot publicitaire en question, réalisé par Kim Gehrig, est la dernière itération de la campagne du The Truth Is Worth It, lancée en 2017. Et comme souvent avec l’iconique quotidien New-Yorkais, le fond ne délaisse pas la forme.

 

 

 

 

En 2 minutes 30 sans voice over, rythmées uniquement par le son d’un clavier d’ordinateur et par un jazz frénétique de Makaya McCraven, le film montre comment la presse peut aider ses usagers à comprendre le monde dans lequel ils vivent et à faire face aux défis actuels. Au niveau de sa forme, le spot passe de gros titre en gros titre, transformant les mots en lignes de textes qui viennent former des couplets -cinq pour être exact-. L’ensemble compose un véritable poème visuel qui témoigne des hauts, des bas qui rythment la vie d’un être humain. D’un côté on ressent l’immensité de la pandémie, des discriminations à caractère racial et du changement climatique, mais de l’autre on est interpellé par des questions beaucoup plus quotidiennes, du style « quel livre devrais-je lire à mes enfants ? ».

 

« Nous n’avons évidemment pas commencé l’année 2020 avec ce brief dans les mains », avoue Amy Weisenbach, NYT Senior VP-Marketing. La rédaction était d’abord concentrée sur le mois de novembre et l’élection présidentielle, mais « quand la pandémie a frappé, nous avons réalisé que l’élection n’était pas pour tout de suite. Il est difficile pour les gens d’y penser quand ces derniers ne songent qu’à s’en sortir jour après jour ». Ce constat amer a amené l’idée de souligner l’engagement sans faille de la rédaction du NY Times pour aider ses lecteurs à affronter les challenges -de plus en plus compliqués auxquels ils sont confrontés. Aux vues de leurs précédentes productions et quand on connait le style inimitable du quotidien new yorkais, il est évident que le film est parfaitement raccord avec l’identité visuelle du NY Times. Une prise de parole réussie pour le quotidien préféré de Donald Trump, à qui le journal fait implicitement référence dans le choix des Unes visibles dans le film. De quoi l'agacer... À moins que l'actuel président ne prenne ces films pour un hommage. Sur un malentendu...

 

 

 

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