21 mai 2014

Temps de lecture : 2 min

Formule 1 : le monde du silence ?

Ça gronde dans les gradins ! L’univers de la F1 est en train de perdre sa signature sonore et in fine son identité. Attention au crash...

Un rugissement, un vrombissement, un ronronnement, … les « ments » ne manquent pas pour désigner le bruit d’un moteur et les sensations qu’il procure. Pour des motards, des passionnés de mécanique ou des aficionados de courses automobiles, le son, c’est l’émotion. Le son, c’est la vie. En Formule 1, d’autres enjeux voient le jour. Aborder ce sujet en ce moment n’est pas anodin. La plus grande compétition automobile du monde, la Formule 1, souffre d’une polémique relativement bruyante – une de plus – qui entoure le son émis par les nouveaux moteurs introduits en 2014. Des moteurs turbo hybrides qui sont plus performants et plus écologiques que la génération précédente (moteur atmosphérique) mais qui délivrent pourtant un son plus sourd, plus grave et beaucoup moins bruyant. Un son qui ne fait plus vibrer les fans mais qui fait du bruit en coulisse.

La puissance du son

Le problème du son des moteurs va bien au-delà de l’aspect purement technique. C’est l’image de la Formule 1 qui est touchée avec cette révision réglementaire : le bruit n’est plus aussi strident, on ne grince plus des dents, et les spectateurs, depuis les tribunes ou leurs postes de télévision, constatent avec amertume l’absence de vibrations et de sensations fortes que procurait la discipline grâce au son des voitures. L’émotion n’y est plus.

Dès lors, non seulement la F1 perdrait de sa superbe, de sa splendeur, mais aussi une partie de son « univers sonore », lequel faisait sa force et la rendait unique. C’est même un argument commercial et médiatique qui est remis en question par les acteurs du monde de la Formule 1. En effet, le son surprenait les gens et les amenait à reconnaître le caractère spécial de cette discipline. Depuis la fin des années 80, elle s’est développée de manière exponentielle, passant d’une dimension « artisanale » à une dimension « business ». Elle n’a cessé de voir augmenter ses audiences et a vu des sponsors défiler pour espérer obtenir ne serait-ce que le plus petit espace publicitaire possible sur les bolides ou les circuits. Car l’univers prestigieux de la Formule 1, dont le son des moteurs faisait partie, attirait de plus en plus de grandes marques et de grandes sociétés souhaitant communiquer et se mettre en avant grâce à cette compétition.

Des dommages collatéraux

Pourtant, aujourd’hui, certains promoteurs de Grand Prix (notamment Ron Walker, promoteur du Grand Prix d’Australie) en viendraient même à remettre en cause leur contrat avec la Formule 1, estimant que des « clauses » liées au son et aux sensations censées être transmises aux fans et aux spectateurs ne seraient plus remplies et que les droits payés par les promoteurs pour faire partie du calendrier ne seraient plus représentatifs.

Car la F1, au-delà d’une simple compétition automobile source de sensations et de passion, est devenue une marque à part entière dont les droits TV et commerciaux se négocient à coups de centaines de millions d’euros. Et comme de nombreuses autres marques de dimension mondiale, elle se doit de prendre en compte consciencieusement la question de son univers sonore et des retombées financières et médiatiques que cela engendrerait. « Gentlemen, start your engine ! »

Arnaud Devillers & Jean-Michel Lecler
Brandy Sound

La rédaction

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