15 février 2017

Temps de lecture : 4 min

Food : l’application Culibo joue la carte de la bienveillance

"Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es". L'aphorisme de Brillat-Savarin n'a peut-être jamais été aussi véridique : notre estomac est notre deuxième cerveau. Pourtant, alors que la Toile est devenue le repère des épicuriens accrocs au partage, il manquait une application proposant des recettes faciles et gourmandes concoctées selon les conseils de nutritionnistes en fonction d'objectifs santé précis. Lancée le 2 février, l'application Culibo comble le vide.

« Dis-moi ce que tu manges, je te dirai ce que tu es ». L’aphorisme de Brillat-Savarin n’a peut-être jamais été aussi véridique: notre estomac est notre deuxième cerveau. Pourtant, alors que la Toile est devenue le repère des épicuriens accrocs au partage, il manquait une application proposant des recettes faciles et gourmandes concoctées selon les conseils de nutritionnistes en fonction d’objectifs santé précis. Lancée le 2 février, l’application Culibo comble le vide.

Incubée chez Pépinière 27 et Boucicault, Culibo met en avant les vertus et effets de chaque aliment, recettes et menus sur notre santé selon que vous voulez entre autres, lutter conte le vieillissement des cellules, renforcer vos défenses immunitaires, prendre soin de votre corps ou purifier votre organisme. Ou comment allier sur une interface l’ambition santé et gustative de notre assiette. « Nous voulons que nos utilisateurs cuisinent simplement et économiquement des menus équilibrés et avec des produits frais et de saison. Ils se feront du bien et feront du bien à la planète en consommant responsable », explique André Libert, un des quatre co-fondateurs de Culibo.

« Nous croyons aux pouvoirs des ingrédients et produits frais que nous mangeons. Pour nous la solution du bien-être n’est pas systématiquement dans les médicaments, les compléments alimentaires ou les repas préparés. Elle est dans la savoir nutritionnel et nous souhaitons le rendre facilement accessible à tous », poursuit l’ancien responsable Achats pour Bouygues Construction, arrivé dans l’équipe Culibo après avoir démarré un premier projet d’appli dont le but était de connaitre les calories d’un plat en le prenant en photo. Intégralement gratuite pour les 100 000 premiers utilisateurs, en attendant peut-être un accès payant, l’application, qui sera disponible fin mars aux USA et au Royaume-Uni, a déjà atteint presque 10% de cet objectif en une dizaine de jours.

82% des consommateurs souhaitent consommer des produits plus naturels

Annonçant pour fin mai un service de coaching payant, comme par exemple un accompagnement dédié à l’arrêt de la cigarette en limitant la prise de poids, Culibo s’interroge aussi sur le lancement d’un service de livraison. « C’est vraiment un enjeu fort et une fonctionnalité plébiscitée. Cependant, nous ne le ferons pas à n’importe quel prix. Nous ne l’offrirons que si nous livrons des produits Bio, avec des conditions de culture éco-responsables. La question des circuits courts nous préoccupe bien sûr, mais nous savons que si notre solution est plus compliquée que le process habituel, elle ne sera pas utilisée », précise André Libert. « Nous pourrions imaginer également que nos utilisateurs se fassent livrer des menus cuisinés par d’autres particuliers selon leurs profils nutritionnels », ajoute-t-il.

En assumant son message militant et sa volonté de mettre fin à un système destructeur en changeant les comportements alimentaires -il y a urgence- Culibo politise la nutrition en ligne. Au-delà de son ambition de rassembler les acteurs éco-responsables de l’univers du Food, la start-up française se veut aussi ludique et pratique, les deux paradigmes de l’application mobile. La dualité méritait qu’on s’attarde un peu plus sur ce nouveau venu dans le paysage du mieux-manger.

INfluencia : l’appétence pour le mieux-manger est aujourd’hui indéniable et le Food est un marché porteur, surtout chez les millennials. Pourquoi Culibo -pionnier privé- comble-t-il ce manque d’offre seulement maintenant ?

André Libert : le retour aux produits frais et non transformés est une démarche nouvelle. Il y a dix ans, nous avions bien mangé quand le repas était copieux. Maintenant, nous comprenons que bien manger c’est avant tout manger des produits frais et de saison. Les efforts du PNNS, que nous suivons et relayons scrupuleusement, commencent à porter leurs fruits.

Le consommateur sait qu’il doit faire attention aux produits qu’il achète, sinon il va manger des ingrédients bourrés de pesticides ou qui ont un impact écologique désastreux. Rajoutons à cela les conditions d’élevage et d’abattage des animaux qui sont des conséquences de la surconsommation de produits carnés. D’après une étude TNS Sofres, 82 % des consommateurs souhaitent consommer des produits plus naturels, 76 % cherchent des produits alimentaires qui permettent de renforcer leur capital santé, 64 %  des produits qui aident au maintien de la ligne. Nous vivons une vraie révolution.

IN : le challenge n’est-il pas de digitaliser cette « authenticité » tant recherchée par la cible ?

A.L. : excellente question. Le challenge est plutôt de digitaliser un savoir très complexe, là où aucune voie de référence ne s’impose, et où tous les consommateurs ont des attentes différentes (écologie, régimes particuliers …). Vous pouvez trouver des millions de recettes sur internet, mais des recettes qui correspondent à vos besoins et vos convictions c’est une autre affaire. Et nous allons vous l’offrir. Nous allons faire en sorte que notre communauté comprenne qu’elle est importante et écoutée, mais nous veillerons à ce que cela ne se transforme pas en cacophonie.

IN : crédibiliser une offre de nutrition en ligne « anonyme » et sans relation physique, donc gagner cette confiance vitale à votre réussite, n’est-il pas le défi principale de l’e-nutrition ?

A.L. : nous ne remplacerons jamais le corps médical. La plupart des patients rencontrés par les nutritionnistes sont soit confrontés à un problème d’intolérance alimentaire, soit dans une situation de surpoids avec mise en danger potentielle. Nous sommes pour ces patients une solution en complément. Certains nutritionnistes commencent d’ailleurs à nous recommander à leurs patients. Par contre, pour toutes les personnes qui sont dans une recherche de bien être, et qui n’ont pas le temps d’aller voir un nutritionniste, nous sommes une solution qu’ils n’auraient pas sinon. Nous sommes convaincus qu’il est possible d’inspirer la confiance avec une offre de nutrition en ligne. Il suffit de montrer aux utilisateurs que rien n’est fait au hasard, que tout est très sérieux et de bien leur expliquer pourquoi et comment nous avons procédé.

IN : vous avez mis un an et demi à développer votre algorithme propre. Qu’est-ce qui le rend spécial ?

A.L. : notre algorithme d’approche combinatoire associe nos recettes en menus équilibrés à travers différents filtres. Pour faire simple : plus on rajoute de recettes, plus on a des menus équilibrés et des saisons à proposer. Cela se fait automatiquement. Nous ambitionnons maintenant de rajouter des filtres liés à l’utilisateur, son profil et ses objectifs. Par exemple, pour les Vegan, nous aurons bientôt une solution. Tout comme pour ceux qui veulent emporter leurs repas au travail, perdre du poids, ou qui font de la course à pied … les possibilités sont infinies.

Une fois que nous aurons enrichi notre offre de recettes, nous serons capables d’aller très très loin dans la personnalisation des profils et des recommandations. Nous deviendrons alors le premier générateur de menus sur mesure. Chaque utilisateur aura ses propres suggestions de menus et les quantités faites pour lui. A part un nutritionniste, personne n’offre ce service à ce jour.

Adler Benjamin

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