15 février 2021

Temps de lecture : 4 min

La Fevad annonce une progression de 8,5% des achats digitaux en 2020, confortée au dernier trimestre

Les Français ont dépensé l’an dernier 112… milliards d’euros sur la Toile, soit une progression de 8,5% en un an. Une croissance qui a profité à certains acteurs, tandis que d’autres désormais identifiés, en ont fait les frais. Une tendance qui se confirme au troisième trimestre 2020. L’étude réalisée par Médiamétrie pour le compte de la Fevad est instructive.

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La hausse peut paraître modeste mais une analyse plus fine des chiffres montre une véritable lame de fond qui va continuer de déferler sur notre pays. Le secteur du e-commerce a progressé de 8,5% en 2020 pour atteindre le montant spectaculaire de 112… milliards d’euros. Les pros des ventes en ligne n’ont toutefois pas tous navigué sur un océan de bonheur l’an dernier, si l’on en croit une étude de l’institut Médiamétrie commandée par la Fédération du e-commerce et de la vente à distance (Fevad).

Sans surprise, voyage et tourisme plongent de 47% en 2020

Les sociétés de services ont été touchées de plein fouet par les mesures de restriction qui nous ont empêché, notamment, de circuler librement. Les sites de Voyage-Tourisme ont notamment vu leurs revenus plonger de 47% en 2020.

Des enseignes de magasins qui progressent de 53%

Les enseignes de magasins ont, elles, enregistré une hausse annuelle de 53% de leurs ventes en ligne. Durant les deux confinements, certaines ont même affiché des progressions de 100% grâce au succès des livraisons à domicile, du click & collect et du drive.
La hausse du e-commerce touche également les ventes en ligne réalisées par les places de marché qui ont permis à de nombreuses TPE/PME de trouver un débouché pour limiter la chute de leurs revenus. En moyenne sur l’année 2020, ces marketplaces ont progressé de 27%, soit deux fois plus vite qu’en 2019.

Commandes de plats en ligne en augmentation

Les restrictions ne nous ont pas empêché non plus de nous offrir de bonnes choses à manger. 55,8% des acheteurs de produits alimentaires sur la toile ont ainsi commandé davantage de petits plats en ligne en raison de la crise sanitaire. Les sites de e-commerce proposant un service de drive ont été les premiers à profiter de cette hausse puisque près de 48% des cyberacheteurs concernés ont fait leurs courses sur ces sites. Les repas en ligne ont aussi eu le vent en poupe en 2020. Près de 30% des cyberacheteurs ont augmenté leurs commandes avec, pour plus de la moitié d’entre eux, comme motivation première d’apporter leur soutien aux restaurateurs. Les internautes ont également cherché à aider leurs commerces de proximité. Ainsi, plus d’un quart des cyberacheteurs (25,7%) ont réalisé leurs achats sur le web chez leurs magasins de quartier.

Hausse de 23% pour le shopping de Noël en ligne

L’accélération des ventes (tous secteurs confondus) a été particulièrement marquée au dernier trimestre. La fermeture des magasins et celle des rayons dits non-essentiels ont conduit à un boom des ventes au mois de novembre qui s’est poursuivie en décembre, en dépit de la réouverture des commerces physiques. La période de Noël (novembre-décembre) a connu une hausse de 23% par rapport à 2019 avec un chiffre d’affaires de 25 milliards d’euros. Durant cette fin d’année exceptionnelle, les ventes en ligne ont représenté 13,4% du commerce de détail contre 9,8% douze mois plus tôt.
Globalement, 1,8 milliard de transactions ont eu lieu sur la Toile l’année dernière en France (+5,8%) et le panier moyen a atteint 61 euros contre 59 euros en 2019. Ces chiffres ont visiblement inspiré de nombreux entrepreneurs. Le secteur comptait en effet l’an dernier 17.400 sites supplémentaires par rapport à l’exercice précédent.

La tendance est à la diversification des achats

« L’année 2020, marquée par la crise sanitaire, a profondément bouleversé les habitudes d’achat de millions de Français, analyse Marc Lolivier, le délégué général de la Fevad. Les conditions inédites ont conduit ces derniers à s’organiser face aux restrictions de circulation et à la fermeture de nombreux commerces physiques. Internet leur a permis de continuer à s’alimenter, s’équiper, se former, se divertir tout en respectant les mesures de protection sanitaire en vigueur. Certaines de ces habitudes tendent à s’inscrire dans le temps et créent de nouvelles attentes parmi les consommateurs, comme celles d’avoir accès en ligne à leurs commerces de proximité par exemple. » Jamila Yahia-Messaoud confirme cette analyse. « Le nombre de cyberacheteurs a fortement augmenté en 2020, plus encore que les années passées, constate la directrice du Département Consumer Insights de Médiamétrie. Les cyberacheteurs ont également renforcé et diversifié leurs achats en ligne et ont plus régulièrement privilégié cette pratique, même pour des produits alimentaires. Au-delà de sa praticité et de sa facilité d’usage, le commerce en ligne a répondu à la volonté des cyberacheteurs de se protéger du risque sanitaire et d’éviter les contraintes en magasins. »

Il faut maintenant que cette embellie digitale profite aux TPE/PME

Cette embellie des ventes en ligne ne risque-t-elle toutefois pas de retomber comme un mauvais soufflé lorsque la pandémie aura -enfin- disparu ? Jamila Yahia-Messaoud ne semble pas le penser. « 80% des cyberacheteurs ayant davantage consommé en ligne en 2020 ont l’intention de continuer à le faire à l’avenir », résume l’experte de Médiamétrie. Les distributeurs ne doivent pas s’asseoir pour autant sur leurs lauriers. « Si l’année 2020 a été un accélérateur de la digitalisation du commerce, il est primordial d’aller encore plus loin et d’accompagner tous les commerçants dans cette voie, en premier lieu les TPE/PME, prévient le délégué général de la Fevad. Le digital a été un formidable amortisseur économique dans cette période, faisons en sorte qu’il devienne un levier de la reprise pour tous, pour le commerce dans son ensemble. » A bon entendeur…

Therin Frédéric

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