7 janvier 2015

Temps de lecture : 3 min

Se faire tirer le portrait dans une toile de maître

Comment créer du lien entre les individus et les musées et les intéresser à la culture? Quatre étudiants ont trouvé une idée pour le moins originale…

 Comment créer du lien entre les individus et les musées et les intéresser à la culture? Quatre étudiants ont trouvé une idée pour le moins originale…

Lors d’une visite dans un musée, beaucoup de personnes ont souvent constaté une légère ressemblance avec un proche en regardant une toile de maître. Désormais il vont pouvoir expérimenter cette ressemblance avec leur propre personne grâce à une interface réalisée par 4 étudiants ! Baptisée Rijks Emotions, en l’honneur du musée hollandais le Rijksmuseum qui participe à l’opération, l’interface propose soixante-dix toiles du musée et permet aux internautes de comparer leur visage et d’être identifiés avec des portraits similaires.

Une belle idée qui pourrait intéresser des musées ou d’autres institutions désireuses d’éveiller en divertissant des jeunes de 7 à 77 ans qui n’ont pas vraiment de conversations avec les établissemebts culturels sur le Web. Ce projet a été réalisé en 4 semaines, sous l’égide de l’école Hyper Island basée à Stockholm. Le but était pour les quatre étudiants à l’origine de Rijks Emotions d’apprendre à coder. On peut dire que le devoir est réussi… Précisions ci-dessous par les quatre protagonistes du concept !

INfluencia : Pouvez vous expliquer comment l’idée vous est venue et qui en sont ses auteurs ?

Thomas, Rikke, Amir, Sandra : L’idée est née au cours d’un projet étudiant à Hyper Island (programme Digital Data Strategy) – L’objectif  était d’apprendre à coder et de travailler avec APIs et base de données pour développer un prototype. Tout cela en l’espace de 3 semaines. Le groupe était composé de 4 personnes : Amir Ismail (Suédois) – Sandra Valenca (Suédoise) – Rikke Hindborg (Danoise) et  Thomas Bouillot (Français).

Nous avions un intérêt commun pour les musées. Au cours de nos discussions et recherches, nous sommes parvenus à la conclusion que malgré quelques essais, les musées “classiques” essayaient d’attirer une cible jeune sans pour autant franchir le pas du numérique. Nous voulions démontrer que les tableaux de grands maîtres avaient toujours un intérêt, portraits ou événements extraordinaires, leurs but étaient identiques à aujourd’hui : transmettre des émotions à ceux qui les regardent. L’idée a donc été de créer un lien émotionnel entre portraits d’hier et d’aujourd’hui.

INfluencia : Ce type de projet est-il indispensable pour les musées et leurs convergences sur le numérique ?

Thomas, Rikke, Amir, Sandra : Les musées sont d’incroyables lieux de savoir, les archives et les connaissances des conservateurs sont bien plus vastes que ce que le public peut expérimenter. Chaque oeuvre d’art a une histoire et différentes interprétations. Je doute que le traditionnel petit rectangle informatif puisse fournir tout cela aux visiteurs. À l’inverse, le digital permettrait aux musées d’offrir une expérience unique, personnalisée et extrêmement enrichissante. Le problème est de pouvoir intégrer le digital sans nuire aux oeuvres d’art. L’intime expérience de la rencontre d’un visiteur et d’une œuvre d’art doit être préservée.

INfluencia : Comment marche ce projet ? Avez-vous développé une techno ?

Thomas, Rikke, Amir, Sandra : Nous utilisons un API de reconnaissance faciale qui détecte votre sexe, âge et expression. Le code part chercher dans la base de données du Rijksmuseum une peinture qui correspond aux mêmes variables que le portrait qui vient d’être pris. Comme il s’agit d’un prototype, nous avons limité les résultats à 70 tableaux. Aucune technologie n’a été créée, notre rôle a simplement été d’avoir une idée et d’assembler les différentes technologies disponibles en ligne.

INfluencia : Rijks Emotions a pour mission de sensibiliser l’individu à l’art et à l’histoire. Avez-vous pensé à des évolutions: apport de contenu, application, etc.?

Thomas, Rikke, Amir, Sandra : Nous avons eu de bons retours sur Twitter ainsi que sur quelques blogs – Le Rijksmuseum nous a simplement remercié par email. Mais ce projet avait principalement pour but de nous exercer à coder plutôt que de développer un projet sur le long terme. Mais la conjugaison de l’art et des données est une source d’inspiration incroyable. De nombreux projets devraient voir le jour dans les prochains mois.

Raphaël Legrand

La rédaction

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