26 décembre 2012

Temps de lecture : 3 min

Evergig : la vidéo collaborative en plein essor

2013 est à nos portes et cette nouvelle année pourrait voir grâce au progrès technologique, l’avènement de la vidéo collaborative véritable phénomène de ces dernières années et en passe de devenir incontournable… Focus sur Evergig un acteur en pleine bourre sur le sujet !

 Capter un moment live par une photo ou une vidéo, pour soi, pour le partager avec ses amis, le publier via un statut Facebook ou un tweet, est un comportement qu’on retrouve systématiquement dans les concerts ou autres types d’évènements ( sportif, conférences, etc…)

Devenus créateurs de contenus, les internautes ne dévoilent cependant qu’une partie de l’expérience qui est proposée lors d’un événement. On utilise une photo, un court extrait vidéo qui ne correspond pas à une retranscription intégrale, fidèle du live. Du coup, ces comportements isolés bien que systématiques, se diffusent tels quels, en « œuvres isolées ». Et il convient de nuancer le terme d’œuvre, ce type de vidéos et photos n’étant pas, exception faite, d’une qualité professionnelle. Evergig, une plateforme de live réalisés par les fans, part de ce constat…

Grâce à une technologie permettant de recomposer des concerts en intégralité à partir de séquences vidéos réalisées par les spectateurs, la start-up créée en 2011 innove, en réussissant à fédérer à partir d’actes isolés une œuvre vidéo collective. Au-delà de l’image, l’astuce d’Evergig est de récupérer les pistes audio d’un concert  par le biais du label ou des équipes son . Cela permet de retranscrire plus fidèlement l’expérience vécue. Des usages pluriels intégrant l’écoute de musique et/ou de regarder la performance en direct ou différé deviennent envisageables. Plusieurs groupes tels que les Pony Pony Run Run, Julia Stone, BB Brunes ont tenté l’expérience sur leur concert.

Le rendu de cette technologie ne vaut pas une captation orchestrée par des professionnels de la vidéo mais cette nouvelle typologie de contenus a le mérite d’ouvrir de nouvelles perspectives dans l’exploitation de la vidéo live collaborative. La promesse de pouvoir réécouter et revoir les moments souhaités d’un concert qu’apporte Evergig est la promesse d’une relation plus ambitieuse entre individus/publics et les artistes.

Des marques intéressées

Du coté des marques, on note que certaines ont complètement intégré cette promesse dans leur stratégie. Redbull, par exemple, avec la Red Bull Music Academy qui reprend les DJ sets d’events/soirées, se base sur la création de contenus dans des domaines ciblés tels que la musique ou les sports extrêmes et joue sur cette prolongation de l’expérience. On peut aussi citer Boiler Room qui s’est positionné sur le live show underground en utilisant une seule caméra pour retranscrire du live.

La valeur d’Evergig est avant tout l’innovation technologique qu’elle amène. On rentre dans une captation live collaborative. Celle-ci demande un engagement supplémentaire pour le public afin de lui faire revivre un moment unique. L’internaute est obligé d’uploader sa vidéo sur le site impliquant une cession à titre gracieux de ses droits pour pouvoir espérer revoir le live.

De nouvelles évolutions pourraient encore en simplifier l’usage. Une application mobile est en préparation… L’interactivité sera aussi accrue pendant le live. Certains leviers tels que la personnalisation de son compte Evergig, le développement d’un système de gratification des users, sont déjà intégrés au site.

Au-delà de la relation avec le public, ce type de plateforme permet en tant que diffuseur d’intégrer l’écosystème spécifique du live. Un écosystème représenté par les acteurs produisant le contenu (artiste, salle, tourneur, label) et permettant de développer des opportunités de personnalisation et de monétisation du service. Une fois l’accord de l’artiste et de son label, celui de la salle ainsi que du tourneur, des musiciens, l’assurance de récupérer l’audio du concert et celles d’avoir assez de vidéos pour un concert donné, Evergig propose un modèle qui s’appuie sur la publicité au sein des vidéos live réalisées, reversant aux artistes et ayants droits une partie des recettes publicitaires.

D’autre modèle économique basé sur une offre payante et gratuite pour l’internaute mélomane n’ont pour l’instant pas réussi à s’imposer même si le modèle parfait reste à définir ( ex : Grandcrew ). D’autres opportunités liées aux partenariats médias et au sponsoring de ces événements sont aussi plausibles. On en revient aux exemples cités plus haut sur les marques qui ont intégré dans leurs stratégies un investissement sur le domaine du live et de la relation entre artiste et public.

Plusieurs options de valorisation peuvent se dessiner pour des plateformes telles qu’Evergig allant d’opérations événementielles off et on line au sein des manifestations culturelles jusqu’au développement d’un catalogue live conséquent pour valoriser le service au global et de façon permanente. Alors 2013 sera-t-elle l’année de la vidéo collaborative ? On en reparle bientôt…

Julien Emery, Head of Digital Marketing de Def Jam France, label d’Universal Music

La rédaction

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