2 mai 2012

Temps de lecture : 2 min

Il n’est pas interdit d’interdire l’affichage en ville

"A l’heure où l’on envisage d’interdire de circulation les véhicules polluants au cœur de Paris et des grandes villes de France, ne faudrait-il pas en faire de même avec la publicité?", demande Jacques-Olivier Broner, président de Rouge, et président du Raffut, Prix qui sera décerné en partenariat avec INfluencia et en public le 26 juin.

J’ai conscience qu’en posant la question je m’expose au risque d’apparaitre comme un traitre à ma profession et pourtant, la polémique sur les bâches publicitaires, les actions des casseurs de pub, mais aussi la plus élémentaire objectivité, devrait nous amener à nous interroger sur l’utilité de conserver au cœur des villes, une publicité extérieure qui apparait de plus en plus comme une pollution visuelle.

Toute action de communication a une double obligation, défendre les intérêts de l’annonceur pour lequel elle a été créée, mais aussi défendre ceux de la communication.

La publiphobie reste bien avant la décroissance, la principale menace de notre profession. Ne pas être vigilant sur ce qui peut potentiellement la générer relève au mieux d’une vision court terme préjudiciable à nos métiers.

Je repose donc la question, ne faudrait-il pas interdire la publicité extérieure à Paris avant que l’on nous l’impose ?

Prendre les devants c’est évidemment priver notre profession, ou du moins une partie de ses représentants, d’une manne bienvenue en ces temps de vaches maigres. Mais anticiper, c’est aussi se donner les moyens de la remplacer par un levier de communication plus efficient mais également plus vertueux.

L’événementiel grand public est à ces deux titres le candidat rêvé.

La Nuit Blanche, Paris Plages, la patinoire de la place de l’Hôtel de Ville… n’ont-ils pas fait plus pour la notoriété de Paris et la fierté des Parisiens que n’importe quelle campagne d’affichage? A-t-on à propos de ces actions ou d’autres du même type, entendu se lever les protestations des anti-pub?

La communication aujourd’hui doit se concevoir comme une interaction, un dialogue entre la marque et son public, et l’événementiel grand public peut en cette matière en remontrer même au digital.

Evidemment il ne s’agit pas de transformer les rues de Paris, même si la tentation pourrait être grande chez certains, en un espace de seeding permanent ou en une foire commerciale. Mais des Champs-Elysées transformés en champ de blé au TGV empruntant la même avenue, en passant par les méga jump de Taïg Khris ou aux abribus équipés de canapés, les exemples passés ou à inventer ne manquent pas, qui permettraient de construire un lien fort entre les marques et les parisiens.

Concevoir la communication comme une animation noble, c’est donner à Paris un festival off permanent apte à réconcilier les consommateurs avec la communication mais c’est aussi offrir aux annonceurs les moyens de convaincre sans générer de rejet.

L’autre vertu d’une telle démarche, et ce n’est pas la moindre, serait de permettre enfin que les professionnels français puissent concourir à armes égales avec leurs homologues anglais, suédois, américains ou brésiliens pour les prix « ambient, stunt et event ». Tous ceux qui ont un jour été confrontés à la Mairie ou la Préfecture de Paris pour l’organisation d’un événement savent ce dont je parle.

Si cela devenait réalité, alors consommateurs, annonceurs et agences -pour une fois réconciliés- diront «I like Paris».

Jacques-Olivier Broner
Président de Rouge
Président du RAFFUT

La rédaction

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