23 novembre 2022

Temps de lecture : 2 min

Est-ce une bonne idée que nos enfants apprennent le codage informatique ?

Cette semaine, la nouvelle campagne média de la Wild Code School s’affiche dans les stations de métro parisiennes. Une nouvelle occasion de faire entendre à tous les parents qu’apprendre le codage informatique est indispensable pour leurs enfants. En espérant qu’ils aient raison.

« Tout le monde dans ce pays devrait apprendre à coder, parce que ça apprend à penser », répétait Steve Jobs à qui veut l’entendre dans les années 80. Quarante plus tard, les écoles de codage pullulent dans nos villes – principalement destinées aux classes moyennes et supérieurs, on ne va pas se leurrer – et cette maxime du créateur de la pomme n’a jamais paru aussi d’actualité. Mais la route est encore longue : selon un rapport du cabinet IDC, seulement 0,3% de la population mondiale sait coder, soit l’équivalent du pourcentage de personnes sachant lire et écrire au moyen-âge. Bien décidée à enfoncer le clou, la Wild Code School, une école européenne de formation aux métiers de la tech et du numérique, dévoile cette semaine sa nouvelle campagne d’affichage. Une opération imaginée pour renforcer sa notoriété et mettre l’accent sur les différentes formations qu’elle propose à tous ses nerds – que de l’amour, absolument rien de péjoratif s’il fallait le rappeler – qui s’intéressent aux métiers de la tech et du numérique.

En collaboration avec l’agence créative parisienne Social Club Paris, la campagne a été pensée et réalisée autour de jeux de mots liés aux univers du développement et du coding : « Bientôt, vous garderez votre sang froid face au python », « Bientôt, vous ne penserez pas qu’à faire la fête en attendant java » et deux autres accroches ludiques qui démystifient le langage de la tech. Une manière pour l’école de souligner que ces métiers sont accessibles à tout le monde et de donner confiance à ceux qui ne les maîtrisent pas encore. « Avec cette campagne d’affichage, la Wild Code School a voulu engager une conversation sur un ton à la fois humoristique mais aussi percutant, qui parle à tous les Parisiens et à leur quotidien. Nous sommes très heureux aujourd’hui de voir cette campagne prendre vie », conclue Anna Stépanoff, Fondatrice de la Wild Code School & Conseillère régionale Centre-Val de Loire.

 

 

Thèse/antithèse

Pour clore le sujet, on ne veut pas devenir l’oiseau de mauvais augure mais si la phrase de Steve Jobs semblait pleine de bon sens au lancement du Macintosh 128K en 1984, la question est beaucoup plus discutable aujourd’hui. Ces derniers mois, le mouvement du « no-code » a fait beaucoup parler de lui. Porté par de nombreux collectifs français tels que l’association NoCode for Good et son homologue NoCodeuses, qui œuvre auprès des demandeuses d’emploi en seconde partie de carrière, ou encore No-Code France, qui compte déjà 6 000 membres, le mouvement est initialement né aux Etats Unis. Leurs outils, comme Weblow, Bubble, Airtable et tant d’autres, permettent de créer des appli web et mobile sans une seule ligne de code informatique.

Les projets qui en ressortent ont généralement une dimension solidaire et environnementale plus encré, car plus en accord avec les valeurs des no-codeurs, à rebours des critiques généralement formulés à l’encontre du coding comme étant un moyen d’expression essentiel mais parfaitement cloisonné à certaines classes sociales. Sans oublier les lacunes dans d’autres domaines d’apprentissage déjà bien fragilisés – au pif, le français, les mathématiques ou n’importe quelle langue étrangère – qu’une focalisation sur l’apprentissage du code pourrait engendrer. Maintenant que vous avez tous les sons de cloche, vous pouvez choisir votre politique en matière éducative de manière éclairée, pour la santé de nos gosses et du monde de demain.

 

 

 

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