31 mai 2021

Temps de lecture : 3 min

Les entreprises qui aident les étudiants et celles qui les embauchent pour la saison….

La pandémie a eu un impact terrible sur les jeunes. Dépression, pauvreté, tentatives de suicide… Si les associations ont été les premières à leur venir en aide, les sociétés commencent aujourd’hui à leur emboiter le pas.

Pourcentage des ventes, bourses débloquées par les écoles elles-mêmes, dons en nature… Les entreprises se mobilisent pour venir en aide aux étudiants qui ont été touchés de plein fouet par la crise sanitaire. Isolés pendant de longs mois, les jeunes ont été nombreux à sombrer dans la dépression. « Les fermetures prolongées et répétées des établissements d’enseignement font payer un tribut psychosocial croissant aux élèves », a déclaré la directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay à l’occasion de la Journée internationale de l’éducation. Au pic de la pandémie, les écoles et les universités étaient fermés pour 91% des apprenants, soit 1,5 milliard d’élèves et d’étudiants dans le monde.

Des poussées suicidaires

Confinés, ces mineurs et jeunes adultes ont perdu le moral. En Belgique, 80% des étudiants francophones se sont sentis partiellement ou totalement fragilisés psychologiquement, avec en conséquence un risque de décrochage scolaire pour 60% d’entre eux. En France, près de 11,4% des étudiants ont même pensé mettre fin à leur jour au moins une fois pendant le premier confinement et plus d’un quart d’entre eux (27,5%) ont souffert d’anxiété sévère contre 9,8% avant la pandémie. Ce stress a souvent été nourri par des craintes liées aux manques de ressources financières.

Les associations au premier rang

La fermeture des cafés, des restaurants et des commerces a privé les étudiants des petits boulots qui leur permettaient de boucler leurs fins de mois déjà difficiles. 74% des 18-25 ans affirment avoir rencontré des difficultés financières depuis l’arrivée du Covid-19 et 42% ont renoncé à des soins par manque de moyens, selon une enquête d’Ipsos. Beaucoup de jeunes ont été contraints de demander de l’aide au secteur associatif pour survivre. La Fédération des Associations Générales Etudiantes (FAGE) a notamment distribué 29.000 paniers alimentaires entre mars et juin 2020. Les étudiants étrangers ont été les plus touchés. « Nous avons récolté l’an dernier 20% de fonds de plus que l’année précédente, constate Jean-Marie Destrée, le délégué général adjoint de la Fondation Caritas France, la structure fondée en 2009 par le Secours Catholique qui accompagne et conseille plus d’une centaine de fondations axées sur la lutte contre la pauvreté et l’exclusion. Nous sommes, il est vrai, dans le peloton des associations qui se trouvent en première ligne pour lutter contre la crise sanitaire. Les confinements ont en effet eu des conséquences sociales très importantes comme le prouve l’explosion de la demande en aide alimentaire. » Les entreprises commencent, à leur tour, à se mobiliser pour soutenir les étudiants.

Des colis alimentaires au bar-tabac

Wecasa a lancé pendant deux semaines au mois de mai une opération solidaire. Pour chaque prestation effectuée, le leader de l’esthétique et du bien-être à domicile a versé un euro aux AGORA, les épiceries sociales et solidaires gérées par la FAGE qui regroupe 2000 associations et syndicats, soit environ 300.000 étudiants en France. Les onze entreprises partenaires de La Web School Factory ont, elles, décidé de contribuer à hauteur de 1000 euros par an et par étudiant pour tous les élèves de l’école tout au long de leur scolarité . D’autres initiatives plus modestes et locales fleurissent aux quatre coins de l’hexagone. Le traiteur Poivre Rose installé à Fleurbaix dans le Pas-de-Calais a offert des boxes de produits frais à des étudiants. La patronne d’un bar-tabac à Laguenne en Corrèze a, elle, donné des vivres et des produits à 80 jeunes en difficulté. Les crises parviennent, parfois, à mettre en avant les meilleurs d’entre nous…

Les restaurateurs embauchent en urgence pour la saison!

En parallèle, certains restaurateurs qui n’avaient pas hésité à licencier leurs serveurs, runners non déclarés au moment de la deuxième fermeture de leurs établissements, sont actuellement en recherche active de personnel. Une course contre la montre, car leurs anciens employés se sont après six mois, reconvertis. Du coup, cet été les bars, boîtes, terrasses seront certainement « gérés » en salle par une foultitude d’étudiants bien contents de se reconstruire, en travaillant, en se sentant enfin utiles. Car si les aides sont évidemment essentielles, les jeunes ont surtout besoin d’être actifs, de gagner de l’argent par leurs propes moyens, et de redonner du sens à leur vie…

Therin Frédéric

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