18 juillet 2012

Temps de lecture : 2 min

L’entreprise sociale s’invite dans les toilettes

Pour l’Australien Simon Griffiths, l’entreprenariat social doit être un « changemaker ». Contraint de lever des fonds pour « Who Gives A Crap », un papier toilette dont 50% des revenus sont reversés à WaterAid, il est même resté 50 heures sur une cuvette.

Le chronomètre s’est donc arrêté sur 2 jours, 2 heures, 16 minutes et 34 secondes. C’est le temps que Simon Griffiths, un jeune entrepreneur social de Melbourne, a passé sur des toilettes, filmé 24 heures sur 24 dans un concept original de web-réalité destiné à lever des fonds pour son dernier projet, Who Gives A Crap. Avec 30 000 visiteurs uniques sur le live et l’objectif atteint des 42 000 euros, cette campagne originale sur la plateforme de crowdfunding IndieGoGo pourrait inspirer plus d’une start-up sociale.

« Le papier WC n’est pas un produit sexy qui se partage instantanément, comme par exemple les jeux vidéo. Tout le monde s’en fout un peu. Nous avions donc besoin d’une campagne avec une accroche captivante dont les gens parleraient », explique Simon Griffiths pour INfluencia. « Comme nous avions prévu de tourner la vidéo dans des WC, il était alors évident de se dire  » Et je ne la quitterai pas tant qu’on n’aura pas levé 42 000 euros  » », développe ce presque trentenaire, qui avec sa société Good Goods tente également d’ouvrir un bar à bières dans le centre de Melbourne. La particularité du Shebeen Bar ? 100% des revenus sont versés à des associations humanitaires en Afrique, où Griffiths a travaillé six mois après avoir quitté le milieu de la finance.

« Who Gives A Crap est une nouvelle gamme de papier toilette qui utilise 50% de ses revenus pour construire des WC et améliorer les conditions sanitaires dans les pays sous développés. En collaboration avec WaterAid, on aide aussi les plus déshérités à accéder à l’eau et à une éducation hygiénique », poursuit Griffiths. « L’idée est qu’un produit indispensable pour  tout le monde serve à aider ceux qui en ont le plus besoin. »

A l’image de ThankYou Water, des cafés Kere Kere ou encore Kinfolk, l’entreprenariat social se développe à vitesse grand V en Australie. Aux Etats-Unis, avec son  système « une paire achetée, une paire offerte » Toms Shoes avait montré l’exemple. Inutile de dire que pour les marques, ce capitalisme d’un nouveau genre peut représenter de séduisantes opportunités marketing, à condition que la cause soit authentique.

Après deux ans de recherche, conception, développement et de tests, Who Gives A Crap espère maintenant atteindre la barre des 80 000 euros pour que d’ici la fin de l’année, son papier toilette soit dans les rayons des supermarchés australiens. Il est donc encore possible de pré-commander le produit sur son site Internet. Cela évitera peut-être à Simon Griffiths de devoir repasser 50 heures sur une cuvette de toilette…

Benjamin Adler

La rédaction

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