27 mars 2018

Temps de lecture : 3 min

Donnez les moyens à vos collaboratrices de hacker votre transformation numérique !

Comment faire rimer femmes, tech et corporate ? Un programme d’intrapreneuriat dédié aux femmes et baptisé 66 Miles donne des pistes de réflexions sur le sujet...

Comment faire rimer femmes, tech et corporate ? Un programme d’intrapreneuriat dédié aux femmes et baptisé 66 Miles donne des pistes de réflexions sur le sujet…

« On accélère notre transformation digitale ». Il faut bien avouer que l’expression a perdu de son éclat. Sans doute parce qu’on en a beaucoup abusé. Aussi parce que cette sacro-sainte transformation digitale est soit tout à fait désincarnée soit trop incarnée. On va d’un côté la chercher en se réfugiant derrière des concepts brumeux « on est passés au Big Data ». Et de l’autre, on attend l’homme providentiel. Le « champion du digital » qui sauvera l’entreprise, évidemment seul, en bon leader charismatique et visionnaire. Pourtant, notre bon sens nous souffle à l’oreillette que tout ceci n’est pas qu’une affaire de tuyaux, de data, ou encore de « Prométhée 2.0 » tombé du ciel. Ce sont bien les équipes -et donc les hommes qui les composent, leur dynamique, leur vision, qui portent (ou ralentissent) le changement des systèmes. Et aujourd’hui ces hommes sont d’abord… des hommes. Quelques chiffres, puisqu’on s’en parle : d’après l’observatoire Skema de la féminisation des entreprises, les femmes n’occupent que 13,4 % des sièges des comités exécutifs où bat le coeur du pouvoir, et ne représentent que 28% des salariés dans le numérique. À différentes étapes de la carrière des femmes, les entreprises ne capitalisent pas sur leur potentiel. Et pourtant, potentiel il y a : la Commission européenne analyse que 50% de femmes dans le numérique représenteraient 9 milliards de PIB en plus en Europe.

On s’attelle donc à la lourde tâche de la transformation digitale, mais bien au chaud, dans un entre-soi confortable, entre “ mecs ”. Un peu comme on partait fumer des cigares, après dîner, au 19ème siècle. Cela pourrait presque faire sourire si cette transformation digitale de boudoir n’aboutissait pas parfois à des absurdités notoires : le coeur artificiel dernier cri, dont la taille est inadaptée pour… 80 % des femmes. Exemple moins mortel : la Smartwatch qui a eu beaucoup de mal à trouver son public et pour cause : sa taille ne convenant pas aux poignets des femmes. Bref, si les entreprises prennent bien en compte le pouvoir d’achat des femmes, il est encore étonnant de voir l’opposition entre la consommatrice et la collaboratrice, si peu intégrée au processus d’innovation interne. Avec à la clé des innovations parfois délirantes et des pans entiers de marché ratés telles que les tests de grossesse connectés via… bluetooth.

Alors faisons exploser les murs de verre

Comment chercher avec les dents le Graal de la transformation digitale ? En se concentrant sur les équipes qui la portent, bien sûr. Et notamment en redonnant aux femmes toute la place qu’il leur revient. On pense souvent du haut vers le bas. Mais le plafond de verre n’existe que parce qu’il y a des murs de verre, ces cloisons épaisses qui nous relèguent trop souvent aux fonctions transverses et empêchent ensuite notre ascension vers le haut. Si nous ne sommes pas présentes dans l’innovation aujourd’hui nous ne serons pas dirigeantes demain. Certes, de nombreuses initiatives existent : des formations aux stéréotypes, des grands séminaires, des réseaux féminins, des revues des talents inversées. Mais ce “ sucre lent ” nécessaire, ne suffit plus face à l’impérative accélération.

Faisons de la guerre des talents féminins une priorité

Les entreprises doivent montrer et démontrer que la porte vers l’innovation est grande ouverte, elles doivent proposer une voie concrète à un moment où de nombreuses femmes regardent à l’extérieur des grandes organisations. En effet, avec la croissance du capital risque en France et le développement de l’écosystème start-up, une fuite de talents est inévitable pour les entreprises si elles n’agissent pas. Cette tendance est particulièrement marquée chez les millennials : 67% des femmes de 25 à 30 ans affirment qu’elles démissionneront dans les cinq ans (*).

Désacralisons le sujet

Les phénomènes d’auto-censures existent. Pour cela, il faut créer des sas libérateurs, des espaces d’apprentissage, des zones franches où l’échec n’est plus un souci. Encourageons les petits hacks au quotidien et adoptons le lean start-up pour briser les syndromes de perfection. En permettant à certaines de détourner le système, nous l’améliorerons pour tous.

Proposons des programmes d’intrapreneuriat dédiés aux femmes

Plutôt qu’attendre les grands plans qui viennent d’en haut, il faut donner les moyens aux collaboratrices de hacker les systèmes de l’intérieur et de porter leurs projets d’innovation. Leur donner la latitude de ne plus être réduite à une fonction mais de pouvoir avancer par projet et passion. Il faut démontrer concrètement, prototype à l’appui, qu’en donnant le goût aux femmes d’entreprendre au sein des organisations, en leur donnant la liberté et des ressources au sein des systèmes, on en accélèrera le changement. Avec à la clé de nouvelles idées, de nouveaux leaders, de nouvelles méthodes de travail, de nouveaux business. C’est justement la vocation de 66 Miles. Le programme permet aux femmes sélectionnées dans les grandes entreprises d’apprendre en faisant, accompagnées par des mentors et des entrepreneur.e.s, afin de mettre en place un projet consolidé, prêt à être lancé dans l’organisation et à assurer leur avenir.

(*) Enquête Deloitte Millennial 2015

Bonnet Chloé

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