23 novembre 2014

Temps de lecture : 3 min

Le digital libère une nouvelle forme de créativité

La production de contenus à fort potentiel d’audience ne cesse de nous rappeler que le plus important, c’est l’histoire, l’histoire et encore l’histoire. Et les audiences « addict » à ces contenus nous indiquent que l’histoire doit se plier à de nouveaux formats et des rythmes de consommation qui ont définitivement changé.

La production de contenus à fort potentiel d’audience ne cesse de nous rappeler que le plus important, c’est l’histoire, l’histoire et encore l’histoire. Et les audiences « addict » à ces contenus nous indiquent que l’histoire doit se plier à de nouveaux formats et des rythmes de consommation qui ont définitivement changé.

Deux événements récents (dont on n’a pas assez parlé) nous en disent long sur les changements qui s’opèrent dans le monde de la production. Le premier a eu lieu fin juillet de cette année, Youtube s’est rapproché des studios d’Hollywood en leur proposant des accords de développement pour éviter que les stars « Youtuber » ne quittent la plate-forme.

Le digital « libère » la TV

Autrement dit, une collaboration autour des meilleurs talents de Youtube se dessine entre la plate-forme digitale et les producteurs hollywoodiens. Youtube serait prêt à investir dans des programmes originaux. Compte tenu de son audience et de la fidélité de cette dernière, ce signal est une vraie mise en demeure des chaines de TV historiques à « bouger » et à innover.

Le second événement, a eu lieu récemment (en octobre) quand le network TV CBS a proposé son propre système de SVOD, suivant en cela HBO. L’intérêt de cette opération ? Le digital « libère » la TV. Ce n’est plus TV contre le digital mais la l’expérience TV grâce au digital. C’est ce dernier qui me permet de consommer mes shows, mes séries où je veux, quand je veux. Par contre, c’est une remise en cause (à long terme) de la TV linéaire, avec ses rendez-vous, ses coupures publicitaires. Mais c’est une réponse indispensable à la pression des nouveaux entrants qui n’ont plus peur de déclarer que la « TV » aujourd’hui c’est eux : Amazon, Hulu, Netflix… Mais finalement à y regarder de plus près, ce qui est le plus challenger dans tout cela, c’est la création. Elle n’a jamais autant été sollicitée sur sa capacité à innover : sur les formats (5, 25, 52 minutes), sur les personnages (héros complexes, mauvais héros,…) et sur sa capacité à designer des expériences transmédia.

Tour d’horizon des dernières productions digitales

Pemberley Digital et PBS Digital Studios développent une nouvelle adaptation de Frankenstein MD. L’idée est ici de s’appuyer sur la particularité du digital pour raconter une histoire avec une dimension « multiplateforme » et dans notre époque. Une Youtubeuse va nous amener dans le monde étrange de Frankenstein.

Hulu a commandé à Stephen King une adaptation en série d’une de ses nouvelles. Il s’agira d’un thriller où l’on suivra un professeur anglais qui voyage dans le temps pour prévenir le meurtre du Président John F. Kennedy. Intéressant de souligner que le diffuseur est une plate-forme digitale et que le producteur, Bad Robot Productions, est issu de la TV classique (producteur de Dr House).

Starz de son côté, ne cesse de brouiller les cartes sur son ancrage TV ou digital. La plate-forme a mis en ligne une série de 5 épisodes d’un nouveau reality show avant de le diffuser en TV. Le show met en compétition deux réalisateurs qui doivent créer un film différent mais à partir du même script. Starz invite son public à voter. Tout sera mis à disposition sur la plate-forme digitale et le meilleur sera proposé en TV.

Netflix continue à pousser de nouveaux formats. D’une part, elle développe avec Saban une série d’animation de 26×30’ basée sur l’histoire des Popple à partir des années 1980. D’autre part, en finançant la production d’un show « Chef’s Table », elle montre que ce qui était réservé au chaîne de TV « classique » pouvait aussi intéresser les audiences des nouveaux acteurs.

Maker Studio de son côté nous prouve que les cartes se redistribuent et clairement à l’avantage de ceux qui se digitalisent. Ainsi Maker Studio a-t-il créé « Meet Me at the Reck » avec la rock star Andrew WK Dubbed. Le message est clair avec ce programme : être le « Sesame Street » de la génération digitale. Belle ambition, mais n’ont-ils pas déjà gagné : le programme phare de toute une génération était en TV, celui de la génération d’aujourd’hui est sur Youtube.

D’autres programmes déjà consacrés sur le digital se renouvellent sans cesse : c’est le cas de Broad City dont la seconde saison arrive mais aussi Web Therapy qui en est à sa sixième saison. Ce dernier programme qui fédère une large audience sur Hulu n’aurait jamais pouvoir le jour si une génération « digital native » n’existait pas.

AOL aussi pousse à une créativité forte. La plate-forme américaine diffuse depuis octobre True Trans with Laura Jane Grace. Un personnage transgressif dans un monde qui se cherche sur une plate-forme qui revendique le destructif. Pas mal pour faire bouger les lignes. La révolution technique du digital est maîtrisée et ne s’arrêtera jamais. L’audience est présente et demande toujours plus de qualité, d’innovation et de nouveautés. Il ne reste plus qu’un défi : mettre la créativité digitale au centre de tous les débats, des formats, des storytelling et de designer un nouveau paysage des contenus.

Jacques Kluger / @JKluger 

Directeur des exploitations dérivées et de la diversification, Telfrance

Rubrique réalisée en partenariat avec Telfrance
 

La rédaction

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