9 avril 2013

Temps de lecture : 3 min

Digital Detox : la déconnexion a-t-elle un avenir ?

Ils sont 9.3 millions de déconnectés en France et à l’heure où le numérique occupe une place grandissante dans notre quotidien, certains internautes deviennent « accros » tandis que d’autres ressentent une forme de lassitude et d’inquiétude… Décryptage d’un phénomène grandissant à forte valeur de tendance par l’agence Dagobert

La technologie digitale est devenue centrale dans notre quotidien. Et comme toute évolution trop rapide elle est soumise à un rejet d’une partie de la population. Une population qui, à juste titre ou pas, refuse un changement trop brutal qui chahute le monde dans lequel elle a grandi et s’est  épanouie…

Et contrairement à ce que nous pensons, la majorité des déconnectés ne sont pas des arriérés vivant dans le Larzac mais bel et bien des CSP+, diplômés et dans la tranche d’âge la plus improbable, les 25-49 ans.(cette fameuse génération V à laquelle Influencia consacrait un article il y a quelques semaines dans sa  Revue N°4 consacrée à la Jeunesse)

Dans sa nouvelle étude, Dagobert passe à la loupe ces internautes qu’elle nomme les Digital Detox et analyse les marques qui surfent sur cette tendance quasi militante. Beaucoup d’entre elles en font un simple prétexte de communication « dans l’air du temps », mais ont-elles réfléchi à la façon d’adapter leurs prises de parole pour ne pas engendrer de nouveaux « Digital Detox » ? Ont-elles compris que cette tendance témoigne souvent d’un véritable désamour du web …et donc des marques sur la toile ?

C’est quoi un digital detox ?

C’est quelqu’un qui ressent l’envie de se déconnecter par besoin de renouer avec la réalité. Peur d’être accro déjà drogué au web ou juste devenu anti-internet par lassitude, les raisons sont nombreuses et poussent un grand nombre de personnes à la déconnexion. Elles revendiquent cette position, assument cet anticonformisme, et sont de plus en plus lasses de suivre la vie des autres. Elles retrouvent le plaisir de lire, de sortir et de voir des amis dans la vie réelle (IRL).

Les premières victimes de ce rejet sont généralement les réseaux sociaux, véritable fer de lance de cette hyperconnexion. Et pour Dagobert, même si les Digital Detox ne représentent qu’une minorité d’internautes, ils constituent un signal faible dont il faut se servir pour anticiper et adapter sa communication et son discours de marque.

Quelle « thérapie » pour les digital detox ?

Maitriser la e-pression

L’overdose de sollicitations peut expliquer le décrochage des Digital Detox. Il faut réduire les communications et inventer une nouvelle manière de conserver le contact avec les consommateurs, moins intrusive et plus naturelle…sans perdre de vue le contexte concurrentiel pour autant.

Ne pas parler pour ne rien dire

Ils sont sur-exposés aux contenus de marques en tout genre et sans réelle plus-value : revenons à une communication plus modérée et utile, où la production de contenu est au service du consommateur.

Aller vers plus de transparence

Les « Digital Detox » dénoncent la dimension Big Brother du web. Les marques utilisent en effet les informations personnelles, trackent l’activité des internautes, analysent leurs comportements…sans une vraie transparence. Et si elles les rassuraient sur leurs pratiques, en toute transparence ? Et si l’internaute était enfin capable de maîtriser les données qu’il partage, en toute connaissance de cause ? Les internautes ne sont pas dupes, alors n’essayons plus de les berner !

Et vers plus de simplicité

Les Digital Detox en ont assez de devoir se facebook-connecter pour rentrer sur un site, de se « plonger dans une expérience interactive » pour pouvoir accéder à une page produit. A l’heure où l’User Experience et l’interactivité sont sur toutes les lèvres, réfléchissons à deux fois avant de produire des sites en scroll trop compliqué ou une chasse au trésor sur un site e-commerce ! Les internautes sont en demande de simplicité et de rapidité avant tout.

Les Digital Detox sont encore marginaux, mais ils sont un signal faible de la lassitude et de l’inquiétude grandissantes des internautes. Les marques doivent se poser de vraies questions sur leur mode relationnel et leur utilité pour anticiper ces comportements. Selon Dagobert, c’est avec un discours plus engagé, plus qualitatif, et moins envahissant qu’elles réussiront à ne pas transformer leurs internautes en désintoxiqués du numérique.

Une chose est sûre, les Digital Detox ont foi en leur combat car ils le revendiquent. Et par ricochet on rentre là dans une bataille politique. Le fameux « National Day of Unpluging » ou plus récemment en France la journée de la déconnexion démontrent qu’un combat pour une cause est en train de prendre forme. Des plates-formes comme Re-Start proposent des séjours de désintoxication au numérique ou comment se déconnecter pour mieux se reconnecter

Est-ce juste un problème générationnel qui disparaitra avec le temps, ou sommes-nous à l’orée d’une forme de guerre idéologique sur la condition humaine ? Et puis faut-il débattre de tout cela sur les réseaux sociaux ou autour d’un verre ?

Gaël Clouzard / @G_ael

Intégralité de l’étude Digital Detox – tendance déconnexion ci-dessous :

Digital Detox : tendance déconnexion from Dagobert

La rédaction

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