3 décembre 2013

Temps de lecture : 3 min

Découvrez la nouvelle Nouvelle Vague

À la vitesse d’un cheval au galop, un nouveau mode d’expression et de production est en train d’envahir le paysage audiovisuel. Une nouvelle culture digitale composée d'une avant-garde créative et joueuse ! Un atout majeur pour les professionnels qui sauront travailler avec elle.

À la vitesse d’un cheval au galop, un nouveau mode d’expression et de production est en train d’envahir le paysage audiovisuel. Une nouvelle culture digitale composée d’une avant-garde créative et joueuse ! Un atout majeur pour les professionnels qui sauront travailler avec elle.

Difficile de ne pas avoir entendu parler de Norman. Ou encore de Freddie W. Sur YouTube, l’un parle à sa webcam, l’autre en est à la deuxième saison de sa websérie financée à hauteur de plusieurs centaines de milliers de dollars, notamment par les fans. Ces deux nouveaux héraults des temps modernes font des millions de vues en parlant de jeux vidéos, de leur vie, en commentant notre époque ou en créant les programmes qu’ils auraient envie de voir.

Norman et Freddie W. sont les arbres qui cachent la forêt : comme eux, ils sont des milliers à sauter le pas. Ils sont auteurs, réalisa- teurs, producteurs, se mettent en scène. Bienvenue dans l’ère de la nouvelle Nouvelle Vague.

C’est l’histoire d’une vague…

Ce qui se passe sur les plateformes vidéos aujourd’hui procède des mêmes phénomènes qui ont été à l’origine de la sortie de plus de 160 premiers films en France entre la fin des années 50 et le début des années 60, en seulement en 4 ans ! Comparer les débuts de Rohmer, Chabrol, Truffaut ou encore Godard à ceux de Kriss Langue de Pub, de Faireset ou Aziatomik peut paraître particulièrement tiré par les cheveux de prime abord. Mais seulement de prime abord. Les facteurs de l’émergence des nouveaux créateurs sur le web sont similaires en tout point à ceux de la naissance de la Nouvelle Vague, qu’ils soient politiques, sociologiques, économiques ou technologiques.

Au sortir de la seconde guerre mondiale, les accords Blum-Byrnes prévoient notamment la fin de l’interdiction des films américains en échange d’un prêt à la France. Dans le même temps, pour atténuer l’effet de la déferlante des films américains sur le marché français, le gouvernement entérine la réglementation du secteur cinématographique commencée sous Vichy. Naissent l’Idhec (qui deviendra la Femis) et le CNC, qui délivrent label et carte professionnelle. Et surtout, c’est la mise en place dès 1946 d’une taxe sur la vente des billets pour financer la production française, toujours en cours aujourd’hui et que les Américains tentent de faire disparaître depuis, round de négociations après round de négociations.

Ainsi, la génération de Truffaut se rue dans les salles obscures pour découvrir le cinéma américain dont elle était privée depuis 1939. Véritable souffle d’air nouveau après les années du cinéma de l’occupation. Cette nouvelle génération a soif de nouveauté et le clame haut et fort dans les nombreuses revues spécialisées qui naissent aussi à cette époque.Truffaut et consorts en ont marre de nombreux cinéastes français établis et proposent une autre idée du cinéma. Le film est une œuvre et le réalisateur en est l’auteur.

La vague haut débit

La révolution digitale voit émerger une nouvelle génération de créateurs qui profitent eux aussi d’une révolution technologique qui leur permet à leur tour de battre en brèche l’ordre établi… Grâce à l’accès direct à leur public, et ne s’embarrassant pas de contraintes dont ils n’ont souvent même pas conscience, ils créent du contenu à succès que les acteurs historiques (de la TV, du cinéma, de la musique…) ont vu arriver sans véritablement les comprendre. Jamais, au cours de ces 60 dernières années, la manière de faire du cinéma ou de créer du contenu n’a été autant bouleversée.

La barrière de la diffusion tombe

La révolution digitale est en train de terminer le travail de la Nouvelle Vague. Elle fait complètement tomber la dernière barrière de la chaîne de production, celle de la diffusion. Des milliers de créateurs rassemblent chaque jour des millions d’internautes devant des contenus plus ou moins élaborés. Là où la génération Truffaut devait encore trouver un distributeur pour ses films, qui lui-même devait négocier des écrans avec les exploitants, l’arrivée des plateformes vidéos permet à tous de diffuser ce qu’il souhaite. Et cela donne – un exemple parmi tant d’autre – « The shadow of revenge », un fan-film qui raconte une nouvelle aventure de James Bond et qui cumule 2 millions de vues sur YouTube (c’est-à-dire l’équivalent d’un beau succès en salle pour un film français). Plus encore : alors que l’esprit de la Nouvelle Vague a mis un certain temps à se diffuser à travers le monde, aujourd’hui, la double révolution technologique et des usages est à la fois immédiate, mondiale et quasi gratuite !

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David Batusanski / @DavidBatu
Fondateur de l’agence Trajectoi.re

Illustrations d’Antoine Orand

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La rédaction

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