16 juin 2015

Temps de lecture : 2 min

Data : ne supprimez plus votre historique

Seriez-vous prêt à vous faire hacker et partager les données contenues dans votre historique de navigation contre la récompense éventuelle d’un cadeau qui n’en vaut pas la chandelle ? Une application vous pose concrètement la question.

Seriez-vous prêt à partager les données contenues dans votre historique de navigation contre la récompense éventuelle d’un cadeau qui n’en vaut pas la chandelle, même si vous n’avez rien à cacher ? Une application vous pose concrètement la question.

« La caractère privé des données est un sujet important mais ennuyant. En revanche, quand il devient amusant et personnalisé, cela peut faire réfléchir les gens ». Et donc les amener à se poser les bonnes questions, n’est-ce pas Rajeev Basu ? Pour justifier la nouvelle application de son agence, le patron de Basura New York reprend un poncif cher aux geeks du big data : sa définition est galvaudée, son utilisation est abusive et son sens faussement ourlé d’ésotérisme inutile.

La data c’est vous, c’est moi, c’est nous tous et elle fait partie intégrante de notre quotidien connecté, souvent de façon invisible. INfluencia lui a consacré une Revue au printemps dernier, histoire d’amocher quelques clichés. Avec Nice 2 Hack You, Basura propose une nouvelle perspective sur la cession des données de navigation sur le web. Conçue en collaboration avec le groupe Big Data, dont le single à succès, Dangerous (voir ci-dessous), parodie les aspirations surannées créées par le marketing, l’application repose sur un concept qui parlera à Monsieur tout-le-monde : vous cédez la data privée contenue dans votre historique de navigation sur internet et vos cookies en échange de cadeaux et récompenses éventuels, offertes par le groupe newyorkais.

Le projet Nice 2 Hack You fonctionne avec Google Chrome et requiert deux mois d’historique sur votre ordinateur. En trois clics vous laissez l’application utiliser ses algorithmes pour synthétiser vos données et générer une illustration visuelle aux allures de dessin moitié psychédélique-moitié street art, façon Speedy Graffito. Puis votre accord en poche, elle partage le résultat sur les réseaux sociaux, en échange d’un disque, d’un tee-shirt souvenir ou d’autres goodies cédés par les deux musiciens de Big Data. Les cadeaux ne sont pas garantis et c’est bien là l’aspect le plus intéressant de Nice 2 Hack You. Le projet vous met clairement au défi en vous interpellant : « Qu’avez-vous à cacher » ?

Une relation schizophrénique avec la technologie

Inspirée par le titre Business of Emotion de Big Data, pamphlet cynique contre l’altération des émotions par les flux de contenus et consommées sur les médias sociaux -phénomène mis en exergue par plusieurs études- l’application interroge artistiquement sur la perniciosité d’autoriser la technologie à pénétrer sans pare-feu dans nos vies. Sur le site de PSFK, Big Data explique les raisons de sa participation au projet : « Le cœur de Nice 2 Hack You réside dans la complexité de notre relation avec la technologie. Elle améliore la qualité de nos vies de manière exponentielle, mais d’un autre côté notre confiance en elle, malgré tous les abus déjà commis, nous expose à un risque massif d’érosion de notre vie privée digitale. Et donc de notre liberté ».

Big Data, Open Data, Smart Data… Les termes sont nombreux pour décrire la masse gigantesque de données aujourd’hui en circulation. Selon une étude d’IDC financée par le cabinet de conseil EMC, les données numériques créées dans le monde seraient passées de 1,2 zettaoctets en 2010 (1 zettaoctet représente 1021 octets) à 2,8 zettaoctets en 2012 pour atteindre… 40 zettaoctets en 2020. Et ces chiffres ne représentent qu’une vague estimation car selon certains professionnels, il est désormais impossible de quantifier les données mondiales. Nice 2 Hack You mérite donc une suite. Plein de suites.

 L’infographie du Hacking

Adler Benjamin

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