8 janvier 2016

Temps de lecture : 3 min

Data farming : le bonheur est dans la data

Avec la démocratisation commerciale des lancements de satellite sur orbite, les agriculteurs disposent de nouvelles possibilités technologiques. La donnée satellitaire est en train de donner naissance au data farming.

Avec la démocratisation commerciale des lancements de satellite sur orbite, les agriculteurs disposent de nouvelles possibilités technologiques. La donnée satellitaire est en train de donner naissance au data farming.

TIROS-1, le nom vous dit quelque chose ? Ce n’est ni un pesticide criminel de Mosanto ni un nouveau modèle de pneu, mais le premier satellite météorologique placé sur orbite. En 1960, sa durée de vie aura été de 78 jours, assez pour peser au trébuchet, les bénéfices de l’observation spatiale. Cinquante-cinq ans plus tard, le projet de l’UE Galileo et le lancement, en décembre, du satellite européen d’observation environnemental du Programme Copernic, le Sentinel-3A, élargissent le champ de la data disponible pour les producteurs agricoles. Il n’y a pas que le bonheur qui est dans le pré, il y aussi la technologie. L’éclosion de la « smart farm » est en marche. Un article récemment publié dans The Guardian dresse le portrait du phénomène.

Confortée par les 4 millions d’euros attribués par le gouvernement britannique au développement des satellites permettant d’améliorer les systèmes agricoles de production alimentaire, la smart farm peut aujourd’hui compter sur plus de 200 satellites non militaires opérationnels d’observation de la Terre. Avec la baisse des coûts de lancement sur orbite d’un satellite, engendrée par l’innovation et la concurrence, de plus en plus de données judicieuses -dont les prévisions météo- sont à la disposition de l’agriculture. La « smart farm » c’est quand la technologie et la donnée se mettent au service de l’efficacité agricole. Cette tendance naissante si révélatrice des bons usages potentiels de la data prend plusieurs formes.

Outre la possibilité de juger de la qualité des sols, pour connaître l’état de ses récoltes, le paysan 2.0 peut utiliser la data collectée par un satellite. Pourquoi ? Parce qu’une plante en bonne santé absorbe de la lumière en photosynthèse et la renvoie en lumière infrarouge. Or, la technologie satellitaire permet d’observer un champ avec justement des caméras infrarouges et donc de fournir toutes les semaines ou même au quotidien les informations qui permettront de décider de l’utilisation ou non d’engrais et autres fertiliseurs. Le système de navigation par satellite est également bien utile pour contrôler les véhicules autonomes qui labourent ou ensemencent les champs. De même, il prémunit contre le compactage excessif des sols et donc les traitements superflus.

Le fabricant de satellite devient vendeur de data

En Ecosse, le Guardian nous apprend que le Rural College travaille actuellement à la mise en œuvre d’une clôture virtuelle consistant à installer sur le bétail, un collier connecté programmé pour l’empêcher -par exemple, par émission d’un son rébarbatif- de quitter leur zone de pâturage. Cette technologie facilite une meilleure gestion et surveillance des bestiaux, notamment en les prémunissant de danger comme les mauvaises herbes toxiques. Finis les euros dépensés et les heures passées à installer, réparer ou remplacer les fils de fer, les haies et les murs.

La technologie satellite peut aussi se révéler ultra pertinente pour l’industrie agro-alimentaire. La preuve avec le cas du primeur britannique, Barfoots , qui pour réduire son empreinte carbone, a décidé d’importer ses asperges péruviennes par bateau et non plus par avion. L’un prend trois semaines et l’autre quelques jours. Comment s’assurer donc que le légume venu d’Amérique du Sud arrive toujours aussi frais? C’est là que le monitoring par satellite intervient. Mené en collaboration avec Satellite Applications Catapult, ce projet  relaye la position du bateau, la température et le taux d’humidité dans le conteneur. Les informations récoltées donnent une indication assez précise de la qualité du produit à son arrivée.

Dernier secteur à profiter de la data des satellites, l’aquaculture. Ainsi, l’industrie écossaise du saumon surveille ainsi les fleurs d’eau nuisibles et la filière britannique des fruits de mer contrôle la qualité des eaux avec l’aide du Laboratoire marin de Plymouth. Pour les fabricants de satellites et les entreprises aérospatiales, le « smart farming » ouvre clairement un nouveau marché : ils ne sont plus seulement des manufacturiers mais des vendeurs de data.

Adler Benjamin

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