15 novembre 2016

Temps de lecture : 3 min

Créativité : du chatbot au botfolio

Qui a dit que les créatifs étaient des artistes égotiques ? Ils ne sont qu'altruisme et partage d'idées. Oui enfin, de temps en temps... hein. Mais c'est déjà énorme. Après le guide gratuit du parfait créatif en 52 leçons lancé par deux pontes de la création publicitaire en Asie, deux Français créent un "botflio", pour aider leurs collègues à rendre plus sexy leur portfolio en ligne.

Qui a dit que les créatifs étaient des artistes égotiques ? Ils ne sont qu’altruisme et partage d’idées. Oui enfin, de temps en temps… hein. Mais c’est déjà énorme. Après le guide gratuit du parfait créatif en 52 leçons lancé par deux pontes de la création publicitaire en Asie, deux Français créent un « botflio », pour rendre plus sexy leur portfolio en ligne.

Existe-t-il une recette universelle pour cuisiner des campagnes publicitaires qui répondent avec créativité aux briefs des clients ? En Asie, deux directeurs créatifs ont lancé en ligne une plateforme gratuite où sont compilés tous leurs conseils et instructions, comme INfluencia l’expliquait la semaine passée. En France, un team créatif publicitaire détourne LA nouvelle technologie à la mode, le chatbot, pour permettre de sublimer la présentation de leur portfolio.

Crée en octobre par Éric Sangarné et Julien Raimbault, deux « créas » spécialisés dans l’innovation et les nouvelles approches conceptuelles et technologiques, The Awesometer lance un nouveau concept : le « botfolio ». Soit donc un portfolio en ligne permettant  de présenter leurs travaux de manière informelle et attrayante sur Messenger. C’est une première. Le fonctionnement est simple : pour découvrir le portfolio, il suffit d’écrire le mot « Awesome » dans la fenêtre de conversation sur Messenger. Au plus on ajoute de « mmm », au plus les concepts sont poussés.

Grâce à ce support, les « créatifs sans moustache » comme se présentent Éric Sangarné et Julien Raimbault, ont remporté une Awwwards Honorable Mention. « Nous avons déjà attiré l’œil d’agences et de directeurs de création d’un peu partout sur notre travail », se rejouit le duo. INfluencia l’a interrogé pour mieux comprendre le pourquoi du comment de ce premier « botfolio ».

INfluencia : pourquoi donner à votre chatbot un nom à la Barney Stinson qui à la première lecture fait plus penser à un baromètre de « coolitude » pour ado qu’à un chatbot qui sert de portfolio aux créatifs ?

Éric Sangarné & Julien Raimbault : nous essayons toujours de donner un véritable fond à nos travaux. En parcourant notre folio, vous verrez que l’on aborde parfois des problématiques profondes à travers les marques. Avec The Awesometer, l’idée est surtout de ne pas se prendre au sérieux et de créer un support léger pour présenter nos travaux. Quelque chose de ludique et d’innovant à la fois. L’autre aspect est plus technique. L’univers offert par les chatbots est infini, et pour pouvoir le gérer et orienter la discussion avec nos moyens, il fallait un concept simple. C’est en partant de ces contraintes que nous est venue l’idée : « Ajoutez des mmm et découvrez des travaux toujours plus Awesommmme. » Pourquoi faire plus compliqué ? The Awesometer est une façon de présenter notre travail d’une manière ludique tout en nous démarquant du banal portfolio. Mais notre bot est aussi un moyen d’exprimer ce que l’on aime faire.

IN : quelle est l’utilité réelle et la grosse valeur ajoutée du Awesometer ?

E.S. et J.R. : comme créatifs, nous sommes spécialisés dans les nouvelles approches et l’innovation. Nous voulions tout simplement créer un portfolio original qui reflète notre expertise. C’est comme ça que nous sommes devenus le premier team créatif publicitaire à utiliser un chatbot pour présenter son portfolio. Nous aimons détourner les supports pour leur apporter une originalité ou un angle inédit. C’est ce que nous avons fait ici encore. Mais pour une fois, c’est pour nous que nous le faisons plutôt que pour une marque. Cette approche est à la fois une vitrine de notre travail et une preuve de notre savoir-faire. Nous aimons quand la forme parle du fond. Nous aimons trouver des solutions qui sortent des sentiers battus, mêler concept et technologies quand cela est justifié, résoudre des briefs quels que soient les moyens à utiliser : une feuille de papier ou la prochaine technologie à venir.

IN : est-ce que le Awesometer constitue la première pierre d’un futur levier technologique qui changera le travail des créas et la façon dont ils le mettent en avant ?

E.S. et J.R. : les chatbots en sont sans aucun doute à leur début, et personne ne sait vraiment jusqu’où leur influence va aller. Une chose est certaine : ils vont bouleverser les rapports que nous avons avec les marques, les services, les applications… Bien des interactions vont évoluer et aujourd’hui, nous avons simplement voulu que les agences interagissent d’une façon inédite avec notre travail. Les portfolios de teams créatifs se succèdent sur les bureaux des DC, le niveau des teams est haut et il faut se démarquer.

IN : la réussite du Awesometer peut-elle donner des idées à l’industrie de la pub pour utiliser à meilleur escient une technologie qui reste pour l’instant (soi-disant) au service de l’internaute ?

E.S. et J.R. : au-delà du clin d’œil et de la mise en avant de notre travail, nous voulons simplement montrer qu’il n’y a pas de mauvais support pour faire de la création. En tant que créatifs, on doit toujours trouver le moyen de sublimer un brief avec les moyens qui sont à notre disposition.

Adler Benjamin

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