30 novembre 2020

Temps de lecture : 3 min

La Covid est au bout du bout de la flûte traversière (à deux mètres en fait)

Une étude allemande montre que les instruments de musique ne favorisent pas la transmission du coronavirus. Alors tous au concert même s‘il est préférable de ne pas s’asseoir près des flutes…

Une étude allemande montre que les instruments de musique ne favorisent pas la transmission du coronavirus. Alors tous au concert! En revanche, tenez vous éloignés des flûtes traversières…

Une symphonie vous tente ? Un concert vous fait rêver ? Votre patience va bientôt être récompensée. Emmanuel Macron a annoncé la possible réouverture des salles de spectacle le 15 décembre. Le 23 novembre, 350 directeurs de lieux culturels avaient signé une tribune pour demander au Président de la République de leur permettre d’accueillir à nouveau du public. Avant leur fermeture totale le 30 octobre, les salles de spectacle respectaient déjà des conditions sanitaires strictes avec un fauteuil sur deux non occupé et le port du masque obligatoire durant toutes les représentations. Les risques épidémiques à l’Opéra ou à Pleyel sont de toute façon minimes voire même inexistants.

Berlin et Munich aboutissent à la même conclusion

Il y a quelques mois, le Berliner Philharmoniker a demandé à des chercheurs d’analyser les dangers d’infection lors d’un concert afin de savoir si les musiciens pouvaient s’infecter entre eux ou contaminer les spectateurs. La conclusion des scientifiques a été sans appel : recevoir des amis chez soi ou se déplacer en métro est plus dangereux que d’écouter l’hymne à la joie de Beethoven ou l’adagio d’Albinoni. Une autre étude confirme ce constat. Un groupe de chercheurs de l’Université Ludwig-Maximilian de Munich et de l’Université d’Erlangen en collaboration avec l’Orchestre symphonique de la Bayerische Rundfunk ont cherché à savoir quels étaient les instruments qui pouvaient propager le plus le Covid-19 dans un lieu clos. Sans surprise, les instruments à vent sont ceux dont il faut se tenir le plus éloigné. Souffler est logiquement plus dangereux que de frotter les cordes d’un violon avec son archet. Mais l’aérophone qui menace le plus notre santé n’est pas celui qu’on peut croire. Les joues gonflées de Dizzy Gillespie  peuvent nous donner le sentiment que la pression nécessaire pour faire sortir quelques notes d’une trompette disperse le coronavirus dans une salle de spectacle aussi bien qu’un ventilateur. Les chercheurs allemands viennent pourtant de nous prouver le contraire. L’instrument le plus dangereux s’avère être en effet… la flûte traversière.

Un test effectué avec une e-cigarette

Pour parvenir à cette conclusion, les scientifiques ont mis au point une expérience toute simple. Installés dans une pièce sombre, les musiciens à vent devaient prendre une bouffée profonde d’une e-cigarette sans nicotine avant de souffler dans leur instrument. Un faisceau lumineux connecté à des instruments de mesure permettait ensuite de calculer au centimètre près la distance à laquelle les aérosols étaient éjectés autour du musicien. Les clarinettistes et les trompettistes diffusent ainsi des gouttelettes de salive 90 centimètres autour d’eux. Les flutistes dispersent, eux, leurs aérosols potentiellement contaminants sur une rayon de deux mètres. L’explication de cet écart est toute simple. Car si la plupart des joueurs d’instruments à vent s’époumonent directement dans leur instrument, les joueurs de flute traversière soufflent au-dessus de la plaque d’embouchure de leur bois  dispersant ainsi à tous vents leur haleine possiblement dangereuse.

Tous au concert

« Cette étude extrêmement approfondie fournit des informations importantes sur les distances de sécurité entre les musiciens sur scène, se réjouit Nikolaus Pont, le directeur des orchestres philarmoniques de la Bayerische Rundfunk. La seule réduction des distances latérales entre les joueurs d’instruments à vent nous permettrait de jouer à nouveau un répertoire beaucoup plus vaste. » La réglementation actuelle impose en effet un rayon de sécurité autour de chaque musicien alors que ces derniers ne soufflent que dans seule et unique direction. Il ne semble donc pas nécessaire de les obliger d’écarter excessivement leurs sièges lorsqu’ils sont assis les uns à côté des autres. Un assouplissement des codes imposés par le gouvernement permettrait de présenter des orchestres plus importants. Les spectateurs sont, eux, totalement à l’abri d’une éventuelle contamination. Alors musique, maestro…

Therin Frédéric

À lire aussi sur le même thème

Allez plus loin avec Influencia

the good newsletter

LES FORMATIONS INFLUENCIA

les abonnements Influencia