6 janvier 2010

Temps de lecture : 2 min

Continuum archaïque

2010 : bienvenue dans une nouvelle décennie. Après neuf ans de crises et de remises en question, nous allons peut-être enfin entrer de plain-pied dans une nouvelle ère. Peut-être pouvons-nous l'appeler l'ère du Verseau, mais celle-ci est certainement annonciatrice d'un nouveau cycle et d'un certain retour aux sources. Par Thomas Jamet...

2010 : bienvenue dans une nouvelle décennie. Après neuf ans de crises et de remises en question, nous allons peut-être enfin entrer de plain-pied dans une nouvelle ère. Peut-être pouvons-nous l’appeler l’ère du Verseau, mais celle-ci est certainement annonciatrice d’un nouveau cycle et d’un certain retour aux sources.

Le passage de 2009 à 2010 n’est pas qu’une année de plus, c’est un moment capital pour notre petite planète : sortie de crise, nouveaux équilibres géopolitiques, réflexions sur le climat et prises de conscience écologique, sacre du digital… Tout semble changer, être en radicale évolution, et pourtant la meilleure façon de résumer l’époque est de se replonger dans la célèbre phrase de Lucrèce : « Ex nihilo nihil, in nihilum posse reverti » (rien ne vient de rien, rien ne retourne à rien). L’humanité ne cesse en effet de se re-fonder sans vraiment s’inventer et nous semblons en ce moment-même replonger aux racines de notre condition humaine. L’ère dans laquelle nous arrivons nous force à abandonner l’idée de progrès pour retrouver instinctivement des réflexes archaïques qui ne nous ont jamais quitté.

« Nous n’avons jamais été modernes » assénait Bruno Latour en 1991. Dans un essai remarquable du même nom, le philosophe décryptait en quoi l’idée de progrès et l’illusion toute moderne de maîtrise du monde nous obligeaient à ne plus faire attention, nous libéraient « de toute prudence, voire de toute précaution » car nous nous prenions pour les maîtres d’un monde que nous façonnions à notre image. Mais plus le progrès est devenu dangereux (voire mortifère avec le clonage, la bombe atomique ou la pollution) plus nous avons de nouveau été obligés de faire à nouveau « attention » (à nous, à notre environnement, à notre utilisation des technologies).

En abandonnant la chimère d’une maîtrise du monde par la technique, nous n’avons pas perdu notre âme, nous avons au contraire retrouvé notre fragilité et in fine notre humanité…Dans cette ère digitale, nous agissons en quelque sorte tous comme des nouveaux-nés découvrant spontanément nos réflexes archaïques (l’identification, la redécouverte du besoin de sécurité sur Internet, les logiques sociales primaires avec les réseaux sociaux…).

Pour Merleau-Ponty « l’homme n’est pas une espèce mais une idée historique ». Nul doute qu’une nouvelle idée de l’homme commence avec cette année 2010. Un retour aux sources, mais avec un vrai bon en avant. Un « flash forward » postmoderne en quelque sorte !

  Thomas Jamet est directeur général adjoint de Reload, structure de planning stratégique, d’études et d’expertise de Vivaki (Publicis).
thomas.jamet@reload-vivaki.com

La rédaction

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