27 janvier 2015

Temps de lecture : 5 min

TV et contenu : de la fiction à la réalité

2014 a été riche en événements dans le domaine de la production digitale… L’année écoulée a été celle du passage de la web série à la fiction numérique et de l’arrivée de Netflix en France. Bilan et perspectives pour 2015.

2014 a été riche en événements dans le domaine de la production digitale… L’année écoulée a été celle du passage de la web série à la fiction digitale et de l’arrivée de Netflix en France. Bilan et perspectives pour 2015.

Il ne serait y avoir d’articles de début d’année qui ne fasse le bilan de l’année écoulée et qui se projette sur celle à venir. Prêtons-nous donc à l’exercice. Faisons le point et parions sur les changements à venir.

2014, une année de transition

L’année écoulée a montré que nous étions sur un changement de paradigme : la TV traditionnelle laisse progressivement la place à un nouvel usage. Les dernières études montrent que du côté des audiences les esprits ont définitivement changé : 29% des Français déclarent regarder le contenu en VOD au moins une fois par semaine (étude Brightcove pour le Salon IBC 2014). Ce chiffre est d’autant plus intéressant que l’étude est antérieure à l’arrivée de Netflix et que la France n’a pas encore accès aux plates-formes telle que BBC iPlayer ou Hulu. Dans la même étude on apprend que 39 % de nos compatriotes souhaitent suivre leur contenu vidéo sur une tablette, un smartphone ou une console vidéo.

Selon l’étude « On the demande TV 2014 », aux Etats Unis, 72 % des abonnées de Netflix en profitent au moins une fois par semaine (ils étaient 43 % en 2010) et la moitié des téléspectateurs américain sans accès à la TV payante sont abonnés à Netflix. Une année de transition aussi pour les diffuseurs. Ainsi Sony a annoncé la mise à disposition d’un service de vidéo en streaming à travers sa PlayStation Vue. En se positionnant de la sorte, Sony participe au bouleversement du paysage de la distribution de contenu. Comme Xbox, PlayStation fait du contenu exclusif un argument commercial. Elle a donc lancé la série fantastique Powers, inspirée d’une BD à succès où un inspecteur de la police criminelle se débat dans un univers où il y a beaucoup (peut-être trop) de personnes dotées de superpouvoirs (10 épisodes de 1 heure).

2015, l’année de l’accélération

Sans conteste l’année à venir va accélérer le changement de monde. La consommation classique du contenu linéaire sur un écran TV va abandonner encore plus de terrain au profit des nouveaux acteurs. Je fais le pari que celui qui marquera le plus l’année 2015 sera Amazon. Ce qu’il faut ici souligner ce n’est plus leur émergence mais ce que ces nouvelles plates-formes suscitent et provoquent. En même pas 2 ans elles sont devenues les initiateurs d’un vrai renouveau de la narration, des sujets traités et des intrigues. Elles ont renouvelé le genre.

A ce titre les derniers Golden Globe sont significatifs. Le Figaro titrait d’ailleurs « A Hollywood, Amazon s’impose parmi le gratin des séries télévisées ». En effet, les plus honorifiques récompenses des Golden Globe sont allées aux acteurs du digital et en particulier à Amazon. La série Transparent diffusée sur Amazon (pour en savoir plus) a reçu le prix de la meilleure série de comédie et du meilleur acteur dans une comédie (pour Jeffrey Tambor). On y suit un père qui réunit ses enfants, Ali, Joshua et Sarah, pour parler de l’avenir. Pensant en premier lieu qu’il serait question d’héritage, tous les trois sont surpris d’apprendre qu’il s’agit en fait d’une révélation qui risque de bouleverser leur vie : leur père a décidé de changer de sexe !

Netflix était sacrée par l’intermédiaire de Kevin Spacey qui recevait le prix du meilleur acteur dans une série dramatique pour son rôle dans House of Card (qu’on ne présente plus). Soulignons qu’Amazon a déclaré avoir investi 100 millions de dollars sur le seul 3ème trimestre de 2014.

2015 sera l’année d’Amazon qui lance sept nouveaux pilotes…

Down Dog où on suit un professeur de yoga qui voit sa vie basculer au lendemain de sa rupture avec sa magnifique -et plus âgée- femme. On retrouve Alysia Reiner d’Orange Is the New Black.

Salem Rogers, série déjantée où une ancienne mannequin essaye de se réinsérer dans la société après 10 ans de centre de désintoxication. Cette femme outrageuse, excessive, noceuse va se retrouver confrontée à son passé.

Cocked, série drama où 20 ans après avoir tourné le dos à sa famille et le lieu de sa naissance, le héro est obligé de revenir chez lui pour s’occuper de l’entreprise familiale de vente d’arme. La série a été créée par Samuel Baum (Lie to Me) et Sam Shaw (Manhattan). Le casting peut faire rêver Laura Fraser (Breaking Bad), Sam Trammell (True Blood ), Brian Dennehy (Death of a Salesman) et Dreama Walker (The Good Wife).

Mad dogs, une série comédie/dramatique adaptée d’un format de Sky1 (UK) qui traite du carrefour de vie à la quarantaine. Qu’a t-on fait de sa vie et que va t-on faire des années qui sont devant nous ? Beau casting, où l’on retrouve Michael Imperioli (The Sopranos, Detroit 1-8-7, Californication) et Ben Chaplin.

The man in the high castle, est une série d’anticipation qui imagine le monde dans les année 60 si les Forces Alliées n’avait pas remporté la Second Guerre Mondiale. Le monde est désormais séparé en deux entre le Japon et l’Allemagne. Cependant la tension entre les 2 super-puissances va plonger les héros de la série dans des situations « extra-ordinaires ». Cette série adaptée du roman du même nom de Philip K. Dick (1962) dirigée par Ridley Scott est transgressive et bouleverse nos croyance sur le bien et le mal.

Point of honor qui se passe pendant la Guerre de Session au sein d’une famille dans l’Etat de Virginie. Le héros décide de soutenir le Sud tout en prenant la décision de libérer les esclaves. Ici encore on suit un héro vraiment humain : traversé de doutes, d’hésitations et de remises en cause des valeurs de son milieu familial. Les rôles principaux sont tenus par Nathan Parsons (True Blood, The Originals), Annabelle Stephenson (Revenge), Riley Voelkel (The Newsroom) et Hanna Mangan Lawrence (Spartacus).

The New Yorker Presents qui se veut un « scripted reality » dans les coulisses du plus fameux magazines de la presse américaine. On retrouve Alan Cumming (The Good Wife) et Brett Gelman (Go On), Andrew Garfield (The Amazing Spider-Man), Jonathan Demme (The Silence of the Lambs).

Plus significatif encore sur le caractère attractif de la production digitale, Amazon vient d’annoncer que Woody Allen allait diriger la réalisation d’une série en exclusivité pour sa plate-forme. Quel message pour l’année qui s’ouvre, d’imaginer le réalisateur d’Annie Hall, Manathan et tant d’autres films primés choisir Amazon.

Et ce sera aussi l’année de Netflix

De son côté Netflix n’est pas en reste, elle lance plusieurs séries qui marqueront l’année à venir. La série Bloodline (13 épisodes de 60’) dont l’histoire se passe dans les Keys en Floride, dans une famille très unie de quatre frères et sœurs adultes dont les secrets et les blessures vont se révéler lorsque leur frère plus marginal réapparait.

Flaked (8 épisodes de 60’) avec Will Arnett où l’on suit l’histoire d’un gourou à Venice en Californie. Cette série qui promet d’être drôle est construite sur une suite de fausses/vraies révélations et vérités. Citons encore Wet Hot American Summer, au début des années 1980, dans un camp d’été dans le Maine, un groupe de personnes « hautes en couleur » est confronté aux désirs et frustrations sexuelles, aux peines de cœur. Ces personnages auront leur vie marquée à jamais par cette période. Le casting est exceptionnel, on y retrouve Elizabeth Banks (The Hunger Game), Christopher Meloni (Law & Order: SVU), Amy Poehler (Parks and Recreation), Paul Rudd (Parks and Recreation) et Bradley Cooper, Josh Charles (The Good Wife), John Slattery (Mad Men), Michaela Watkins (Trophy Wife), Randall Park (l’Interview qui tue), Jayma Mays (Glee), Paul Scheer (The League), Rob Huebel (Transparent) et Richard Schiff (The West Wing).

Si 2014 avait posé les bases du (re)nouveau du paysage audiovisuel international, faisons le pari que 2015 accélérera ce processus et verra de nouveaux acteurs s’imposer définitivement. 2015 sera une année formidable et riche en création sur le plan international. Espérons que la France, forte de ses talents saura prendre le mouvement en marche et rester un centre de créativité.

Jacques Kluger / @JKluger
Directeur des exploitations dérivées et de la diversification, Telfrance

Rubrique réalisée en partenariat avec Telfrance

La rédaction

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