11 septembre 2014

Temps de lecture : 4 min

Le consommateur devient l’oeil de Moscou des marques

De la vidéo, des consommateurs, de la data et un peu de marques ! Une bonne recette proposée par la start-up française, Click and Walk, qui après la photo introduit la vidéo pour collecter des données. Une première mondiale plaçant le client au centre d’un modèle économique intéressant. Précisions avec sa fondatrice...

De la vidéo, des consommateurs, de la data et un peu de marques !  Une bonne recette proposée par la start-up française, Click and Walk, qui après la photo introduit la vidéo pour collecter des données. Une première mondiale plaçant le client au centre d’un modèle économique intéressant. Précisions avec sa fondatrice…

En octobre dernier, INfluencia consacrait un article aux étagères intelligentes de Mondelez, dont l’ambition est simple : savoir comment le consommateur se comporte dans le magasin. Ce que pensent et voient les consommateurs est stratégique pour les marques, donc pourquoi ne pas les solliciter en échange d’une rémunération pour leur demander de capter des moments intimes de consommation ?

Avec son application mobile gratuite de crowdmarketing, Clic and Walk a réussi à créer une communauté de plus de 90 000 « ClickWalkers » qui en tout anonymat effectuent de leur plein gré des missions payées avec leur smartphone. Leur motivation ? Gagner de l’argent pendant qu’ils font leurs courses dans les rayons puis plus tard, quand vient le temps de consommer. « Nous ne sommes pas cantonnés aux rayons des supermarchés, voilà pourquoi cela fait  des données transmises une source incroyable d’informations », précise d’ailleurs sa fondatrice Frédérique Grigolato. Après photos et questionnaires, les membres de cette communauté inédite peuvent donc désormais utiliser la vidéo (20 secondes maximum et avec le son) pour permettre aux marques d’enfin connaître en temps réel la vision qu’ont les consommateurs de leurs produits.

Une première mondiale !

Avec son application de vidéo perception, la start-up française Clic and Walk place Monsieur tout le monde à la base d’un modèle économique win-win d’achat de données. « Une photo vaut mille mots, une vidéo en vaut un million », image  Frédérique Grigolato, fière de préciser que sa nouvelle fonctionnalité est une première mondiale ! En lançant il y a deux mois la collecte vidéo à grande échelle après celle de la photo démarrée il y a 1 an, la jeune société lilloise créée en 2012, opère un saut quantique dans la restitution de la perception du consommateur sur les lieux de vente et de consommation. Comment ? Grâce à une approche innovante qui fait de la vidéo le pilier de la data.

Capter la vision du consommateur au bon endroit, au bon moment

« Aujourd’hui, il est très compliqué, voire impossible pour les marques et les enseignes de pouvoir collecter la vision de leurs clients lorsqu’ils sont dans les rayons et plus encore quand ils sont chez eux. Grâce aux missions envoyées à sa communauté, Clic and Walk permet de les capter au bon endroit et au bon moment », ajoute l’ancienne responsable d’achats chez Castorama.

Des poids lourds comme Ikea, Franprix, Suez Nord, Logitech, Sika mais aussi La Française des Jeux ou encore Mac Donald’s, comptent parmi les références de Clic and Walk, implantée aussi au Royaume-Uni, en Allemagne et en Suisse. Comme expliqué dans la présentation de la société, « les ClicWalkers permettent aux entreprises de collecter, dans les réseaux de distribution, des informations commerciales et marketing géolocalisées, associant photos, vidéos ou commentaires. Les marques ont la possibilité d’analyser et de comprendre les différences de performance de leurs produits dans de multiples enseignes au même moment. »

Dans sa prochaine Revue sur la Data, qui sortira en avril, INfluencia consacrera une analyse aux market places de vente de données et de profils par les consommateurs. Ce marché encore naissant reflète la prise de conscience par le citoyen de la valeur de ses informations personnelles pour les marques et les géants du Web. En plein débat économico-sociétal sur la Data et ses conséquences pour le respect de la vie privée, le citoyen connecté peut-il de son propre chef revendre ses données ?

INfluencia a voulu en savoir plus sur ce nouveau pilier de la data que serait donc la vidéo. Pour éclairer notre lanterne, la CEO de Clic and Walk a répondu à nos questions.

Clic and Walk est-il un outil de marketing supplémentaire pour les marques de l’Internet of Things ?

Frédérique Grigolato : Contrairement par exemple aux étagères intelligentes de Mondelez, nous ne sommes pas dans le Big Data quantitatif. Nous apportons des données qualitatives en posant des questions simples auxquelles le consommateur répond en effectuant une mission rémunérée. En parallèle des objets connectés, nous apportons une dimension nouvelle sur les comportements en nous mettant dans les yeux des consommateurs. Notre métier n’est pas la revente de données pour faire de la pub ou générer du trafic. Nous sommes transparents sur le prix et la mission, sans jamais juger de la qualité des données. Nous ne vendons pas les données personnelles des gens (emails, identité…), nous les collectons, contrôlons, et agrégeons afin de les rendre utilisables par nos clients professionnels.

Le fait que les consommateurs participent en étant récompensés fait-il de votre crowdmarketing un outil de win-win innovant?
Frédérique Grigolato : Oui ! Je suis convaincue que ce modèle économique C to B to B est celui de l’avenir. Il aboutit en effet en toute transparence, à collecter des informations nécessaires aux entreprises tout en permettant aux individus de gagner de l’argent en faisant leurs courses ou en consommant.

Le consommateur comprend-t-il l’intérêt d’une meilleure personnalisation de la data ?
Frédérique Grigolato : C’est une excellente question ! Il comprend que la data est personnalisée et qu’elle reste anonyme. Je pense qu’il perçoit bien que nous n’exploitons ces données que dans le cadre d’une analyse macro et pas dans un but de ciblage publicitaire.

En captant la perception de l’utilisateur par l’image, vous confirmez donc  la vidéo comme un nouveau pilier de la data ?
Frédérique Grigolato : Oui, elle sera sans aucun doute l’un des piliers. Savoir l’analyser en est aussi un autre. Un format court de 20 secondes est déjà un format plein d’informations, mais encore faut-il les compiler pour délivrer une analyse marketing capable d’offrir aux enseignes une vision encore plus réaliste et fine de la perception des consommateurs. Il faut aussi parvenir à leur procurer les éléments capables d’améliorer leur efficacité.

Benjamin Adler / @BenjaminAdlerLA
Rubrique réalisée en partenariat avec ETO

La rédaction

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