2 septembre 2009

Temps de lecture : 2 min

La civilisation des masques

C'est la rentrée ! Et l'accessoire tendance, pas la veste vintage ou le retour du style gentleman, c'est... le masque. Indispensable pour lutter contre la grippe H1N1, mais pas uniquement.

C’est la rentrée ! Et l’accessoire tendance, pas la veste vintage ou le retour du style gentleman, c’est… le masque. Indispensable pour lutter contre la grippe H1N1, mais pas uniquement.
C’est la rentrée ! Le moment rêvé pour briller en société ou au travail, arborer un bronzage parfait, un corps sportif, et affirmer son style. Mais un nouvel arrivant fait irruption dans nos garde-robes. Pour les filles, l’accessoire tendance n’est pas la veste vintage en jean sans manche. Pour les hommes le style parfait n’est pas le retour du style gentleman, toute moustache et dandysme dehors. Non, l’accessoire tendance de la rentrée, c’est le masque. L’accessoire indispensable pour lutter contre la grippe H1N1, mais pas uniquement.

A « Rock En Seine » ce week-end les festivaliers l’arboraient déjà. Porté avec des bottes, un jean, une veste ou un petit foulard, le masque est le « must have » du moment. Un moyen sûr de se faire remarquer, encore plus efficace que le t-shirt de son groupe préféré… Le masque va-t-il vraiment devenir tendance ? Tout porte à le croire en effet.
Ce qui est intéressant avec la symbolique du masque est qu’au-delà de la protection qu’il offre, l’objet a d’autres signifiants. Il sert en effet surtout à symboliser (selon des traditions qui remontent jusqu’à la nuit des temps). Et notre civilisation digitale est sans doute en train de redécouvrir que le masque offre plus qu’une protection, il pourrait redevenir un vrai signe de reconnaissance, un signifiant, un marqueur social, que l’on porterait en toutes occasions, pour se protéger, mais aussi dire son état, son humeur, à l’image des avatars digitaux.
Mais au-delà, il est aussi annonciateur de la psychose. Car porter un masque est déjà un signe. Malade, pas malade ? Prévoyant ? Ou déjà contaminé ? Les uns s’éloignent de quelques mètres et les autres « masqués » se rapprochent.

Le monde sera bientôt scindé en deux, les « masqués » et les non masqués. Chacun avec ses codes et ses coutumes, comme l’utilisation frénétique du petit pot de produit anti bactérien. Le masque devient ainsi signe de reconnaissance. Mais la différence peut rapidement devenir synonyme de ségrégation.

En voyant la bande-annonce du film « District 9 » de Neil Blomkamp, il apparaît un parallèle saisissant avec la situation actuelle. Produit par Peter Jackson pour un tout petit budget, le film décrit l’existence d’une colonie d’extraterrestres, cloîtrée dans un véritable camp de concentration en Afrique du Sud. Une fable sur l’apartheid qui crée le buzz depuis quelques mois, distillant un vrai-faux débat sur divers sites multinationalunited.com et mnuspreadslies.com Tout l’enjeu est la ségrégation : « Keeping humans safe by keeping non-humans separate ».
Dans cette fiction, séparer les extra-terrestres des humains est un enjeu de société, pour éviter toute contamination, qui serait fatale à l’espèce. Le masque marquera-t-il le début d’un ostracisme entre les malades et les non-malades ? Il y a fort à parier que la rentrée va se vivre en pleine psychose, au fur et à mesure que les masques vont se répandre. Bonne rentrée et courage, bientôt Halloween !

Variation pop autour d’un thème…. Chaque semaine, Thomas Jamet déniche dans la culture contemporaine tout ce qui résonne avec l’époque.
Thomas Jamet est directeur général adjoint de Reload, structure de planning stratégique, d’études et d’expertise de Vivaki (Publicis). thomas.jamet@reload-vivaki.comwww.reload-vivaki.com

Alerte de Niveau 5 – District 9

La rédaction

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