18 octobre 2016

Temps de lecture : 2 min

Le chatbot : chasse gardée de Facebook et Google

Google vient d’annoncer le rachat de la dernière plateforme de développement indépendante de chatbots : API.AI. L’année dernière, Facebook faisait l’acquisition de son concurrent WIT.AI. La main mise des deux géants sur les agents conversationnels augure un tournant dans leur relation avec les internautes. L’occasion de décoder la stratégie de ces deux acteurs et le déploiement des chatbots pour les entreprises.

Google vient d’annoncer le rachat de la dernière plateforme de développement indépendante de chatbots : API.AI. L’année dernière, Facebook faisait l’acquisition de son concurrent WIT.AI. La main mise des deux géants sur les agents conversationnels augure un tournant dans leur relation avec les internautes. L’occasion de décoder la stratégie de ces deux acteurs et le déploiement des chatbots pour les entreprises.

Apprendre le langage naturel à une machine est une des plus anciennes chimères de l’informatique. Plus exactement, le fait de rendre intelligente la machine au point de nous comprendre et de nous obéir sans faillir, on appelle cela le « machine learning », et c’est ce savoir-faire qui sert de prétexte à l’importance désormais accordée aux chatbots.

Un chatbot n’est pas simplement une messagerie à choix multiples, comme celle du service client d’un opérateur téléphonique. Ce n’est pas non plus une conciergerie, car dans ce cas c’est un être humain qui interagit. Un chatbot, c’est avant tout une machine qui comprend ce qu’on lui demande. Actuellement, deux des plateformes de gestion du langage naturel, fondées en 2014, permettent d’opérer et comprendre cet apprentissage. Baptisées WIT.AI  et API.AI, elles ont été jusqu’ici plébiscitées par la communauté de développeurs. Elles doivent leur popularité à leur vision collaborative autour du « machine learning ». Tout le monde participe, et des pans entiers de découvertes collectives sont partagés.

2015 année décisive pour le chatbot

Janvier 2015, Facebook rachète WIT.AI et provoque le questionnement d’une grande partie des contributeurs. S’il se veut rassurant, il laisse planer un flou quant à la propriété du travail collectivement réalisé sur WIT.AI, d’autant plus que la plateforme est 100% gratuite. On peut encore lire aujourd’hui la phrase suivante sur la FAQ du site : “Vous avez la propriété de vos données, mais vous acceptez de nous laisser les utiliser pour améliorer WIT ”.

Quand on connait le célèbre adage, « si c’est gratuit, c’est que vous êtes le produit », on est en droit de se poser des questions quant au futur réservé à WIT par Facebook . Un an plus tard, l’annonce tombe : API.AI est désormais dans le giron de Google. Et la bipolarisation de cette technologie émergente pose des questions…

Faut-il s’en inquiéter et quelle plateforme privilégier ?

Désormais, ces deux principales plateformes collectives indépendantes passent dans le giron des GAFAM. Lorsqu’une marque décide de s’appuyer sur WIT.AI ou API.AI, elle y entrepose tout le fruit de son travail et le partage respectivement avec Facebook ou Google. Plus d’échappatoire. Dès lors, comment anticiper la future dépendance à celles-ci ? Vont-elles profiter de cet effort collectif pour mettre au point une intelligence artificielle enrichie du travail de tous ? Un chatbot Frankenstein. Quelle éthique pour l’intelligence artificielle ? La question se posera.

En attendant, le risque principal reste l’inaction : Sephora, KLM, Voyages-SNCF, Meetic… Ces marques ont démarré leur service de chatbot et enregistrent déjà ce que leurs clients veulent. Elles apprennent à vitesse grand V à leur répondre pendant que toutes celles qui n’y sont pas prennent du retard. Il faut le faire sur WIT.AI ou API.AI d’ailleurs, car c’est là qu’on peut profiter de la courbe d’apprentissage la plus vive. De nombreux modules, comme la météo, y sont déjà mutualisés en anglais, et bientôt en français. Se priver de ce type de plateforme, c’est augmenter démesurément le coût d’un projet chatbot. Impossible de s’en passer : peu importe celle qu’on choisit  .

La rédaction

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