17 février 2022

Temps de lecture : 3 min

Le Razoscan mesurera l’empreinte environnementale de votre site…

L’agence Razorfish a développé avec GreenIT.fr une plateforme capable de générer un éco-score des parcours clé, d’une page ou d’un site web. Les notes allouées, allant de A à G, ressemblent aux étiquettes des équipements ménagers. La présidente de Razorfish France, Sandrine Vissot-Kelemen, nous explique les atouts de son outil.

Beaucoup s’en doutaient mais voir la triste réalité en face reste parfois cruel. Les marques savent toutes que leurs sites web laissent une empreinte environnementale. Si l’on en croît le rapport de la mission gouvernementale d’information sur l’empreinte environnementale du numérique, le digital serait à l’horizon 2040 à l’origine de 24 millions de tonnes équivalent carbone, soit environ 7% des émissions de la France, contre 2% aujourd’hui. Au niveau mondial, si la tendance ne s’infléchit pas, cette pollution invisible sera, d’ici 15 ans, plus importante que celle générée par le secteur aérien avant l’éclatement de la crise sanitaire.

Le législateur montre ses muscles

Les entreprises commencent à prendre conscience de ce problème. Elles n’ont, de toute façon, pas d’autres choix… La loi du 15 novembre 2021 visant à réduire l’empreinte environnementale du digital dans notre pays (REEN) prévoit en effet notamment de « favoriser des usages numériques écologiquement vertueux » et de « promouvoir des datacenters et des réseaux moins énergivores ». En clair, les entreprises vont devoir changer leurs habitudes pour s’assurer que leurs activités sur la Toile ne polluent pas trop la planète. Le problème toutefois aujourd’hui, n’est pas de trouver des solutions à ce problème mais plutôt de connaître avec précision la hauteur des obstacles à franchir.

Paradoxe, quand tu nous tiens…

« Nous vivons actuellement un réel paradoxe, analyse Sandrine Vissot-Kelemen, présidente de Razorfish France. D’un côté, la prise de conscience concernant les enjeux de consommation liés au numérique ne cesse de se développer mais de l’autre, les sites proposent des contenus de plus en plus lourds avec des vidéos qui sont plus polluants. » En dehors d’Ecoindex qui est un outil de référence gratuit mais plutôt limité, il n’existe pas beaucoup d’autres solutions qui permettent de mesurer son empreinte numérique et de trouver des recettes pour la réduire. Partant de ce constat, l’agence digitale du groupe Publicis, Razorfish, a eu l’idée de faire appel aux initiateurs d’Ecoindex pour mettre au point un outil plus performant.

Une boîte à outil utile

Créé en 2004, GreenIT.fr est un collectif d’experts qui fournit des briques de techniques de références (algorithmes, référentiels, moteurs de calculs, systèmes d’évaluation, facteurs d’impacts environnementaux…) à partir desquelles les professionnels du numérique peuvent créer des solutions adaptées aux besoins de leurs clients. Ces briques sont gratuites, ouvertes, et co-construites par l’écosystème des experts du domaine. Après plusieurs mois de travail, ces chercheurs ont mis au point avec des salariés de Razorfish un moyen simple et actionnable afin d’aider les marques à évaluer l’impact de leur utilisation du digital sur la planète.

Son nom ? Le Razoscan.

Basé sur l’algorithme d’EcoIndex, le Razoscan est capable de générer un éco-score des parcours clé, d’une page ou d’un site web (une note allant de A à G par page, à l’instar de l’étiquette énergie pour les équipements ménagers) et d’identifier les principaux axes d’amélioration pour optimiser leur performance environnementale. Le score est calculé selon des paramètres objectifs et quantifiés : le nombre d’éléments d’une page (le DOM), le nombre de requêtes nécessaires à son exécution et le poids des éléments chargés à chaque affichage de la page. Le Razoscan peut ainsi analyser le volume et le poids des éléments d’une page web, la qualité du code et l’utilisation du tracking média ou de navigation. Les premiers tests effectués ne sont pas très rassurants.

Tous bonnets d’âne

« Globalement, les sites que nous avons étudiés sont très mal notés, reconnaît Sandrine Vissot-Kelemen. Mais les marques sont de plus en plus nombreuses à comprendre les responsabilités liées à leurs activités digitales. Du coup, leurs sites vont devoir évoluer comme cela a été le cas lors de l’introduction de la RGPD. » Ce phénomène est-il pour autant synonyme d’un retour en arrière et de plateformes tristes comme un jour sans pain ? Loin de là… « Nous sommes convaincus qu’il est possible de faire converger les révolutions numériques et écologiques tout en créant des expériences digitales qui soient à la fois belles, utiles, et moins gourmandes en ressources, prédit la présidente de Razorfish France. On peut faire beaucoup d’optimisations tout un gardant un design et une interface attractifs. » L’avenir le dira…

 

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